Biographie : Michelle Bachelet

Directrice exécutive de l'ONU Femmes Michelle BacheletMichelle Bachelet, la Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive d’ONU Femmes, est née le 29 septembre 1951 à Santiago du Chili. Elle a trois enfants : Sebastián, Francisca et Sofía.

Elle est docteur en médecine et a fait un graduat en sciences militaires. Elle parle couramment l’espagnol et l’anglais et a une bonne connaissance de l’allemand, du français et du portugais.

Sa mère, Ángela Jeria, est archéologue. Son père, Alberto Bachelet, était général dans l’armée de l’air chilienne.

En 1970, Michelle Bachelet accompagna un ami au Posta Central, le grand hôpital public de Santiago. Elle avait envisagé jusque-là d’étudier la sociologie ou les sciences économiques, mais après cette visite, elle décida de s’inscrire en médecine à l’Université du Chili, car c’était pour elle un moyen concret de soulager la douleur des gens et d’améliorer les soins de santé dans son pays.

En tant que membre des Jeunesse socialistes, elle a été active dans les mouvements politiques estudiantins sous le gouvernement Unidad Popular (Unité populaire) de Salvador Allende.

En 1972, le président Allende avait demandé au général Bachelet, connu pour ses talents exceptionnels d’organisateur au sein de la Force aérienne, de prendre la direction des Comités de ravitaillement et de contrôle des prix (Juntas de Abastecimiento y Precios), à la tête desquels il demeura jusqu’au coup d’État du général Pinochet contre le gouvernement Allende le 11 septembre 1973.

Le général Bachelet fut arrêté le jour-même, accusé de « trahison contre la patrie » et emprisonné d’abord à l’Académie de guerre de l’armée de l’air puis dans une autre prison. C’est là qu’il mourut d’une crise cardiaque, le 12 mars 1974, son corps n’ayant pas résisté aux tortures qui lui avaient été infligées.

En dépit des événements traumatiques qu’avaient endurés sa famille et son pays, Michelle Bachelet poursuivit ses études, tout en restant membre du Parti socialiste chilien. Le 10 janvier 1975, deux agents de la DINA (Dirección Nacional de Inteligencia, la police secrète de Pinochet) se rendirent à l’appartement où elle vivait avec sa mère. Ils bandèrent les yeux aux deux femmes et les emmenèrent à la Villa Grimaldi, principal centre de détention et de torture de la DINA.

Plus tard, mère et fille furent emmenées au centre de détention de Cuatro Àlamos, où on les garda jusqu’à la fin du mois de janvier.

Ángela Jeria et sa fille s’exilèrent alors en Australie. De là, elles se rendirent en Allemagne de l’Est, à Leipzig, où Michelle Bachelet apprit l’allemand avant de s’inscrire à l’école de médecine de l’Université Humboldt à Berlin.

C’est en Allemagne que Michelle Bachelet épousa un autre exilé chilien, l’architecte Jorge Dávalos, dont elle eut deux enfants : Sebastián, né en 1978 à Leipzig et Francisca, née en 1984 après le retour de la famille au Chili.

Michelle Bachelet revint au Chili en 1979 et y poursuivit ses études de médecine. Elle obtint son diplôme de chirurgienne en 1982.

Les quatre années qui suivirent, elle se spécialisa en pédiatrie et en santé publique à l’hôpital Roberto del Río.

Elle devint membre de plusieurs organisations politiques qui oeuvraient au retour de la démocratie au Chili, puis fut engagée dans la section médicale du PIDEE, une ONG qui offrait différents types de traitement aux enfants traumatisés par la dictature.

Après le retour de la démocratie en 1990, le pays avait grandement besoin de professionnels qualifiés pour aider à remettre sur pied le système de santé publique, que la dictature avait sévèrement mis à mal. Engagée comme épidémiologiste au service de santé métropolitaine à l’ouest de Santiago, elle fut ensuite envoyée à la CONASIDA, la Commission nationale pour le sida. Au cours de cette période, elle servit également en tant que consultante auprès de l’Organisation panaméricaine de la santé, de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Agence allemande de coopération technique (GTZ). C’est à cette époque-là que naquit sa plus jeune fille, Sofía Henríquez.

En 1994, elle entra au ministère de la Santé comme consultante pour les questions de soins de santé primaires et de gestion des services de santé.

Son expérience en tant que descendante d’une famille de militaires et militante dans des organisations civiles lui avait fait comprendre que la pensée dominante n’accordait pas suffisamment d’importance aux politiques de défense et à leurs implications institutionnelles, politiques et culturelles. Ces idées en la matière la poussèrent à suivre un cours de stratégie militaire à l’Académie nationale des études politiques et stratégiques (ANEPE), dont elle sortit première de promotion. Cela lui valut une bourse du président de la République qui lui permit de s’inscrire en 1997 à un cours sur la défense continentale au Collège de défense interaméricaine à Washington. Elle avait pour collègues 35 autres civils et militaires venus de tout le continent américain. À son retour, elle fut engagée immédiatement au ministère de la Défense.

En 1996, le Comité central du Parti socialiste choisit Michelle Bachelet pour le représenter aux élections municipales du district de Las Condes, à Santiago. En 1998, il l’invita à faire partie de son Comité politique, dont elle resta membre jusqu’au 11 mars 2000.

Elle travailla également comme directrice de campagne de Ricardo Lagos.

En 2000, Michelle Bachelet fut nommée ministre de la Santé du gouvernement Ricardo Lagos. Elle se retrouva à la tête d’une organisation comptant plus de 70 000 employés et d’un réseau national de services de santé publique. Le ministère supervise aussi, directement ou indirectement, les services de santé municipaux autonomes et le système de santé privé.

Le président Lagos lui confia deux grandes tâches en tant que ministre. Elle devait d’abord améliorer les soins de santé primaire, améliorer la qualité et la couverture des soins dans les centres de santé publique du pays et éliminer les longues attentes pour être soigné. La deuxième était de commencer à préparer un important programme de réforme de la santé.

Le 7 janvier 2002, le président Lagos remania son cabinet et plaça Michelle Bachelet à la tête du ministère de la Défense. Elle était la première femme à détenir une telle position, tant au Chili qu’en Amérique latine.

Sous sa férule en tant que ministre de la Défense, le Chili procéda à d’importantes modifications de la législation sur le service militaire obligatoire, renforça le rôle du ministère et du gouvernement pour tout ce qui touche aux questions militaires et mit en place des politiques d’égalité des chances pour les femmes à l’armée, chez les carabiniers et au sein de la police judiciaire.

Le 1er octobre 2004, Michelle Bachelet présenta sa démission en tant que ministre de la Défense pour pouvoir se consacrer pleinement à sa campagne présidentielle, laquelle prenait de l’ampleur car elle bénéficiait d’un énorme soutien populaire. Elle avait commencé par accompagner un peu partout dans le pays des candidats de la coalition Concertación au pouvoir qui se présentaient à des postes de maire ou de membre du conseil municipal.

Après les élections municipales, le PPD (Parti pour la démocratie) et le parti socialiste firent d’elle leur candidate à la présidence.

Michelle Bachelet remporta 53,49 % des voix lors du second tour du scrutin présidentiel du 15 février 2006, devenant ainsi la première femme élue présidente de toute l’histoire de la République du Chili. Elle occupa ce poste pendant les quatre années de son mandat, qui prit fin le 11 mars 2010 avec le plus haut taux d’approbation populaire jamais enregistré.

En avril 2010, l’ex-présidente Bachelet créa la Fondation Dialoga, dont elle prit la tête, afin de susciter une rénovation des idées, des actions et du leadership au Chili et d’y contribuer.