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Introduction
Face aux changements climatiques et à la dégradation de l’environnement, les femmes et les hommes ne sont pas exposés aux mêmes vulnérabilités. Lorsque les inondations surviennent ou les sécheresses persistent, les femmes sont les premières à éprouver les conséquences sur leurs moyens d’existence et leurs vies quotidiennes. Responsables des ressources du ménage, elles doivent souvent lutter pour assurer l’approvisionnement en eau, en carburant et en nourriture.
En tant que responsables d’exploitations agricoles à petite échelle – elles constituent la vaste majorité des agriculteurs dans certaines régions du monde – elles disposent de beaucoup moins de ressources que les hommes pour faire face aux mauvaises récoltes ou pour adopter des méthodes agricoles plus adaptées aux dérives climatiques. En tant que migrantes et réfugiées fuyant les régions en proie aux tensions climatiques, elles ont une probabilité plus grande d’être victimes de la maladie et de la violence. Lors des catastrophes naturelles, les décès de femmes sont nombreux. Si elles sont souvent ignorées dans les débats sur la gestion des changements climatiques et des ressources environnementales, elles ont pourtant beaucoup à apporter.
Dans l’agriculture et l’industrie, au sein de leurs foyers, aux postes de leadership politique et grâce à leurs connaissances scientifiques et traditionnelles, les femmes peuvent mettre à profit leurs idées et leur expérience. Elles sont bien placées pour provoquer des changements positifs. ONU Femmes se mobilise en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes en tant que parties intégrantes de la réduction et de l’adaptation aux changements climatiques, et pour la réalisation d’un développement durable et respectueux de l’environnement.
18e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) – COP-18
La Conférence des parties (COP-18) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été organisée à Doha,Qatar du 26 novembre au 7 décembre 2012.
Les gouvernements ont achevé le travail qui avait commencé à Bali en 2007 sur l’Action concertée à long terme au titre de la Convention, et ont convenu d’un calendrier ferme assurant l’adoption d’un accord universel sur les changements climatiques d’ici à 2015, devant entrer en vigueur en 2020. Une deuxième période d’engagement au Protocole de Tokyo a également été lancée lors de la COP-18, qui doit se poursuivre à partir du 1er janvier 2013, pour une période de 8 ans.
Comme dans le passé, ONU Femmes a suivi les négociations et a maintenu les États parties informés, en vue d’assurer que les décisions adoptées lors de la COP-18 intègrent des références à l’égalité des sexes, aux droits de la femme et à la contribution des femmes à l’atténuation et à l’adaptation aux changements climatiques.
Figurent au nombre des avancées réalisées lors de la COP-18 :
D’abord, une décision historique sur la « Promotion de la représentation équilibrée des sexes et amélioration de la participation des femmes aux négociations de la CCNUCC et de la représentation des Parties dans les organes établis conformément à la Convention ou au Protocole de Kyoto » a été adoptée. Saluée comme le « miracle de Doha », cette décision constitue un pas important pour promouvoir une politique climatique sensible au genre, en assurant que les voix des femmes sont prises en compte lors des négociations, et en ajoutant l’examen des questions relatives au genre à l’ordre du jour de la CdP.
ONU Femmes a été saluée pour le rôle déterminant qu’elle a joué depuis la phase initiale de la décision jusqu’à son adoption lors de la COP-18. Au cours de l’étape de rédaction, l’organisation a apporté une contribution significative en s’appuyant sur les normes établies, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), le Programme d’action de Beijing et le Document final de Rio+20, et a fourni des conseils de spécialistes/techniques aux Parties, sur demande, tout au long des négociations. En collaboration avec la présidence de la COP et ses partenaires de la société civile, la Mary Robinson Foundation for Climate Justice et le Masdar Institute, ONU Femmes a également coorganisé un petit déjeuner ministériel en vue de recueillir un appui en faveur de l’adoption de la décision. L’organisation continuera de s’engager pleinement dans ce processus et de poursuivre sa collaboration avec ses partenaires, au moment où elle débute son travail sur l’application stricte de la décision.
En deuxième lieu, les considérations de genre ont été intégrées dans d’autres décisions adoptées lors de la CdP-18, y compris sur les pertes et dommages, les plans nationaux d’adaptation, le Centre et réseau des technologies du climat (CRTC), et le Programme de travail de Doha sur l’Article 6 de la Convention (Éducation, formation et sensibilisation), entre autres engagements. Les engagements précédemment adoptés concernant les dimensions de genre des changements climatiques ont également été réaffirmés et réitérés dans les décisions adoptées à la COP-18.
Troisièmement, la visibilité des femmes en tant qu’actrices-clés dans la lutte mondiale contre les changements climatiques a été renforcée, par le biais des contributions d’ONU Femmes et de sa participation à diverses manifestations sur les femmes et l’égalité des sexes. Figure notamment parmi celles-ci le lancement du nouveau pilier sur « les femmes pour des résultats » par l’Initiative Dynamique du changement de la CCNUCC, qui vise à mettre les femmes en exergue en tant qu’actrices majeures de la lutte contre les changements climatiques. La Sous-Secrétaire générale et Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, Mme Lakshmi Puri, a participé à la table-ronde de haut niveau, où elle a souligné qu’il était important de montrer le visage humain des changements climatiques, et en particulier, la capacité des femmes à renforcer la résilience de communautés entières.
Des messages-clés ont également été partagés lors de manifestations organisées à l’occasion de la « Journée du genre » instaurée par la CCNUCC, de manifestations parallèles co-organisées avec des partenaires du système des Nations Unies, et de contributions et d’interviews écrites publiées dans le magazine à parties prenantes multiples « Outreach » et accordées au « Studio des changements climatiques » de la CCNUCC. Dans l’interview qu’elle a accordée à Outreach, la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Mme Michelle Bachelet, a souligné qu’il était important de reconnaître le rôle des femmes en tant qu’agents actifs de la réponse aux changements climatiques et pour ce qui est de façonner une politique climatique sensible au genre.
Manifestations parallèles :
Manifestations de la Journée du genre :
- Innovations en matière de genre et de climat : des changements révolutionnaires pour l’égalité des sexes (organisée par la Global Gender Climate Alliance);
- Genre et climat : dépasser la rhétorique (organisée par la CCNUCC).
Manifestations parallèles du Système des Nations Unies :
- Gérer les risques de catastrophes et les phénomènes météorologiques extrêmes dans des conditions climatiques changeantes (co-organisée par le PAM, la SIPC, ONU Femmes et la CNULD);
- Le rôle des Nations Unies dans la mise en place d’une agriculture avisée sur le plan climatique (co-organisée par la CCNUCC, la CEA, le PNUE et ONU Femmes);
- Édifier des systèmes de santé durables : coup de projecteur sur la résistance aux chocs climatiques (co-organisée par l’OMS, la Norvège et le Qatar, en collaboration avec l’OMM, ONU Femmes, le PNUD et la FIAEM).
Liens et documents connexes
- COP 18 adopts a decision promoting gender balance in climate change negotiations
- Say yes to women’s participation in the UN Framework Convention on Climate Change – UN Women engagement at COP-18 in Doha
- « Dites Oui à la participation des femmes à la CCNUCC » – « Outreach »
- « Les femmes dans la préparation aux catastrophes au Viet Nam » – « Outreach »
- Profil : La Directrice exécutive Mme Michelle Bachelet – « Outreach »
- Profil : La Directrice exécutive adjointe Mme Lakshmi Puri – « Outreach »
- Interview en podcast : La Directrice exécutive adjointe Mme Lakshmi Puri – « Outreach »
- Interview en podcast : La Représentante nationale du Bureau de pays d’ONU Femmes au Viet Nam, Mme Suzette Mitchell – « Studio des changements climatiques »
- Interview en podcast : La Directrice exécutive adjointe, Mme Lakshmi Puri – « Studio des changements climatiques » [lien non encore disponible]
- Participation des femmes aux négociations climatiques de l’ONU 2008-2012 (Organisation des femmes pour l’environnement et le développement)
Informations de base
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), en vigueur depuis 1994, établit un agenda mondial pour faire face aux changements climatiques. Avec le Protocole de Kyoto à la Convention adoptée en 1997, les États parties se sont engagés sur des objectifs contraignants en vue de réduire d’ici à 2008-2012 les émissions de gaz à effet de serre qui provoquent les changements climatiques. À la veille de l’expiration du protocole, des initiatives sont actuellement déployées en vue d’aboutir à un accord global et juridiquement contraignant sur un cadre pour l’après-2012. ONU Femmes et ses partenaires ont souligné que tout nouvel accord climatique doit être sensible au genre. Les préoccupations des femmes doivent être entendues et leur participation assurée. Les mesures figurant dans cet accord doivent être cohérentes avec les principes de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
L’équité entre les sexes doit faire partie intégrante de la mise en œuvre ; et les données ventilées par sexe doivent être utilisées pour la conception et le suivi des politiques ainsi que l’établissement de rapports sur celles-ci. Les négociations qui ont eu lieu lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-15) en décembre 2009 ont abouti à l’Accord de Copenhague, qui a fixé comme objectif non contraignant de limiter le réchauffement mondial à un maximum de 2 degrés Celsius, et qui s’est engagé à augmenter les financements pour permettre aux pays en développement de réduire les changements climatiques et de s’y adapter. Les Parties se sont contentées de « prendre note » du rapport, sans l’ adopter.
Lors des négociations COP-16 de Cancun en décembre 2010, les gouvernements ont adopté les Accords de Cancun, qui comportent des mesures-clés pour réduire les émissions et aider les nations en développement à se protéger contre les impacts climatiques. Figurent au nombre de celles-ci la mise en place d’un nouveau Fonds vert climatique, d’un nouveau Mécanisme sur les technologies, du Cadre d’adaptation de Cancun, d’un financement à mise en œuvre rapide et de Niveaux de référence de la gestion forestière.
Les Accords soulignent que l’adaptation aux changements climatiques doit « suivre une approche pilotée par le pays, sensible au genre, participative et pleinement transparente » et que les « réponses aux changements climatiques doivent… pleinement prendre en compte les conséquences pour les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants ».
La Conférence des Nations Unies sur le développement durable: RIO+20
La Conférence des Nations Unies sur le développement durable, ou Rio+20, a réuni des Chefs d’État et de gouvernement au Brésil du 20 au 22 juin 2012. Rio+20 a permis d’évaluer les progrès et les lacunes au niveau de l’application des accords conclus lors de la Conférence historique sur l’environnement et le développement de Rio en 1992, et ultérieurement. Figurent au nombre de ces accords « Action 21 », le Programme relatif à la poursuite de la mise en œuvre d’Action 21 et le Plan de mise en œuvre de Johannesburg. Un document politique de haut niveau ainsi qu’un engagement renouvelé en faveur du développement durable sont attendus de la conférence de 2012. Celle-ci a deux thèmes prioritaires : une économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté, et un cadre institutionnel pour le développement durable. Une série de réunions mondiales, régionales et nationales sont organisées pour préparer la conférence et enrichir les négociations.
ONU Femmes a déjà souligné le caractère central de la contribution, de la voix, de la participation et du leadership des femmes pour la réalisation des trois piliers du développement durable – un concept approuvé en 1992 qui intègre les questions sociales, économiques et environnementales. Le système général des agences de développement des Nations Unies a souligné que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes figurent parmi les priorités les plus urgentes, qui méritent une attention particulière. ONU Femmes s’est mobilisée à Rio+20 en vue de :
- Évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des conventions et plans d’action internationaux sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le contexte du développement durable, et mettre en exergue les enseignements tirés, les lacunes, les défis et les bonnes pratiques,
- Appeler à l’application effective des accords antérieurs, y compris des Stratégies prospectives de Nairobi pour la promotion de la femme, du Chapitre 24 d’Action 21, de la Section K du Programme d’action de Beijing, et des conventions sur la biodiversité et les changements climatiques adoptées à Rio en 1992,
- Proposer des mesures et des actions permettant aux gouvernements et aux autres parties prenantes d’intégrer l’égalité des sexes dans le développement durable à tous les niveaux.
- Renforcer l’engagement politique en faveur du développement durable, et promouvoir des partenariats stratégiques en faveur de l’égalité des sexes, englobant l’appui de la part des institutions pertinentes, un financement suffisant et la participation des femmes à tous les niveaux de la prise de décisions.




