ONU Femmes - Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

La voix des participants

Chaque année, des milliers d’organisations et de militants de la société civile participent à la Commission de la condition de la femme (CSW). Ces derniers viennent du monde entier pour faire partager leurs témoignages et leurs espoirs, échanger des idées, nouer des contacts et inciter au changement. Certains de ces participants nous confient ce qu’ils attendent de la CSW57.

Chi Yvonne Leina (Cameroun)

Chi Yvonne Leina
Crédit photo: Ernest Chi

Journaliste camerounaise primée et militante des droits de la femme, Chi Yvonne Leina est la fondatrice et la coordonnatrice de Gender Danger, une organisation locale de femmes qui lutte pour mettre fin à la pratique du « repassage des seins » au Cameroun. En 2007, Mme Leina a reçu une distinction de la part de l’Association des sages-femmes du Cameroun, pour ses reportages fouillés sur la santé maternelle et infantile. Elle a également reçu le Prix du courage 2012 décerné par Women Have Wings, qui honore les dirigeantes courageuses et novatrices. Elle participera à la CSW de cette année en tant que correspondante de World Pulse mais aussi au nom de son propre centre de médias destiné aux femmes camerounaises. Elle espère sensibiliser et mettre en place des partenariats afin d’aider son ONG à développer son travail de prévention de la pratique du « repassage des seins » au Cameroun. « Je souhaiterais voir une plus grande collaboration entre les différentes parties prenantes, afin qu’il soit mis fin aux pratiques consternantes comme le repassage des seins, les mutilations génitales féminines, les rituels liés au veuvage, la violence perpétrée par un partenaire intime, etc. Cela serait formidable que les initiatives locales visant à éliminer ces pratiques soient suivies et appuyées ». Pour lire le témoignage de première main de Leina sur la pratique du « repassage des seins » dans le cadre de la série « In the words of… », cliquer ici.

May Louise Mooka (Australie)

May Louise Mooka
May Louise entourée de ses collègues. Photo reproduite avec l’aimable autorisation de May Louise Mooka.

Pour May Louise Mooka, tout a commencé par le souhait de ne pas être seulement considérée comme un chiffre. Elle désirait être autre chose qu’une simple statistique sur la violence domestique, et aider les autres à faire de même. Elle est issue des communautés d’Aborigènes et d’Insulaires du Détroit de Torres, dans le Queensland, en Australie. En tant qu’Officier de liaison communautaire, elle travaille avec 50 communautés autochtones en vue de contribuer à assurer des services durables et culturellement appropriés et à établir des relations avec les communautés d’Aborigènes et d’Insulaires du Détroit du Torres. « C’est ma manière d’apporter ma contribution à ces communautés qui m’ont tant apporté, en leur transmettant les connaissances et les informations que j’ai acquises. Si j’avais disposé de ces connaissances lorsque j’étais encore dans une relation, j’y aurais mis un terme plus rapidement et échappé à des années de violence » souligne-t-elle. Aujourd’hui, elle trouve son salut dans son travail, pour lequel elle a reçu un prix de la part de Legal Aid. Cette distinction a récompensé ses réalisations sur le plan de la lutte contre la violence domestique et la prévention du suicide. Participant pour la première fois à la CSW, elle vient recueillir des informations des quatre coins du monde pour en faire ensuite bénéficier sa communauté, et pour voir la manière dont les stratégies ayant démontré leur efficacité peuvent y être reproduites, en particulier au niveau de l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. May participe à la CSW grâce au financement généreux accordé dans le cadre de la Bourse Yvonne Hebert.

Elizabeth Gbah (Libéria)

Elizabeth Gbah est motivée par deux objectifs : mettre un coup de projecteur sur un groupe cible qui n’est généralement pas considéré comme vulnérable et soulever une question qui est rarement abordée. « Le nombre de femmes suivant des études supérieures au Libéria augmente progressivement, et les étudiantes viennent d’horizons différents, y compris des communautés pauvres et rurales. Ces étudiantes sans statut économique se voient généralement privées d’accès aux opportunités telles que les bourses… Les rapports sexuels transactionnels ou « relations sexuelles en échange de bonnes notes » se trouvent normalisées lorsqu’un instructeur harcèle sexuellement des étudiantes et que rien n’est fait contre cela » explique-t-elle. Elizabeth est membre d’ActionAid Liberia, qui travaille sur l’Initiative Safe Cities, en se focalisant sur les jeunes étudiantes et leurs sécurité et mobilité. ActionAid œuvre à briser le status quo, par le biais d’un projet relatif à l’accès à la justice et à l’appui aux rescapées de la violence contre les femmes et les filles dans le sud-est du Libéria.

Au cours de la CSW, Elizabeth se fera l’écho des préoccupations de ces jeunes femmes, et demandera instamment aux décideurs politiques de donner à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles dans les espaces publics un caractère hautement prioritaire dans l’agenda du développement urbain et le cadre pour l’après-OMD. Elle espère que la Commission fixera des normes concrètes en vue d’améliorer l’accès des femmes et des filles à la justice et aux services d’appui, quels que soient leur situation et expérience, et facilitera une plus grande collaboration entre les pays du nord et du sud sur les questions relatives à la sûreté et à la sécurité des femmes dans les espaces publics. Après tout, indique-t-elle, une ville appartient à TOUS – y compris aux femmes et aux filles les plus pauvres et exclues. ActionAid est appuyé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (UNTF), un mécanisme interinstitutions établi par l’Assemblée générale des Nations Unies et géré par ONU Femmes au nom du Système des Nations Unies.

Rosalina Tuyuc (Guatemala)

Rosalina Tuyuc œuvre depuis les années 70 à lutter pour la justice, la paix et le respect des droits fondamentaux des peuples autochtones, des femmes et des autres groupes, motivée par la perspective de voir les générations futures vivre dans la liberté et à l’abri de la violence. Rosalina est cofondatrice de l’organisation de femmes Organisation de coordination nationale pour les veuves du Guatemala (CONAVIGUA) et l’Association politique des femmes mayas (MOLOJ), et est membre active de la Commission nationale de la justice. Elle travaille actuellement avec un groupe de femmes qui ont été victimes d’abus sexuels, de viols et de violences pendant le conflit armé national. Du point de vue de la vision cosmogonique maya, et en collaboration avec d’autres organisations, elle cherche activement justice afin que les crimes de génocide et contre l’humanité ne restent pas impunis. Par le biais du Programme national de compensation, elle a promu d’importants efforts pour garantir l’égalité des droits et augmenter les compensations pour les dommages causés par le conflit armé au Guatemala.

Béatrice Some Mwimbele (Burkina Faso)

Béatrice est une rescapée des mutilations génitales féminines (MGF) qui s’efforce de mettre fin à ces pratiques grâce à sa section de l’Association mondiale des guides et des éclaireuses. Elle a notamment organisé une campagne de sensibilisation dans plusieurs régions du Burkina Faso dans le but de sensibiliser davantage le public aux réalités de cette coutume. Elle cherche à garantir aux victimes de MGF une aide médicale et, pour ce faire, elle collabore avec les réseaux hospitaliers afin de faciliter l’accès des filles à des soins médicaux abordables. « Il est très important que je continue à me battre pour celles qui souffrent et pour mettre un terme à cette pratique. Les femmes et les filles de mon pays commencent à s’exprimer et je veux les aider à se faire entendre. » Sa mission au cours de cette session de la CSW est à la fois une mission de sensibilisation et de lobbying auprès du Gouvernement du Burkina Faso en vue de l’inciter à adopter une nouvelle loi qui condamne les auteurs de MGF. « Je suis une fille, et je veux mettre fin aux MGF. Je suis guide, et je peux contribuer à y mettre fin », dit-elle. Béatrice participe à la 57e session de la CSW en tant que représentante de l’Association mondiale des guides et des éclaireuses.

Susannah Sirkin (États-Unis)

Susannah Sirkin
Susannah (la troisième personne à partir de la gauche) et une collègue visitent le programme SAFE de l’hôpital de Kenyatta à Nairobi, au Kenya, où Physicians for Human Rights mène ses activités. Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Susannah Sirkin.

Susannah Sirkin est conseillère principale chez Physicians for Human Rights, qui travaille avec des partenaires dans les zones de conflits en vue de constituer un réseau de premiers intervenants – y compris des policiers, des avocats, des docteurs, des infirmiers et des juges – formés à l’appui aux rescapées de la violence sexuelle. « Il est motivant de constater que, lorsque ces premiers intervenants se mettent à comprendre le mal que la violence sexuelle fait aux femmes et aux hommes, aux familles et à leurs communautés, ces professionnels deviennent profondément impliqués dans les initiatives visant non seulement à traiter les rescapées mais aussi à recueillir des informations sur les dommages qu’elles ont subis et à faire en sorte que les auteurs soient tenus pour responsables » indique-t-elle. Le principal message qu’elle veut faire passer à la CSW est le besoin d’un mouvement solide, cohérent et coordonné impliquant une large collaboration entre les professionnels, les fournisseurs de services et le niveau local, en vue de traiter du problème de la violence à l’égard des femmes sous toutes ses formes.

Elle estime que c’est seulement lorsque les conditions sociales, économiques, juridiques et politiques qui facilitent la violence sexuelle sont traitées de manière sérieuse et systématique que l’on commencera à voir diminuer cette violence. « Il convient de mettre un point final à ce fléau, non seulement pour assurer que des centaines de milliers de rescapées auront accès aux traitements et à la justice comme elles le méritent, mais aussi pour garantir un avenir plus radieux à la prochaine génération – un avenir dans lequel le corps des femmes ne sera plus un champ de bataille ». L’organisation de Susannah est appuyée par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Tim Shand (Afrique du Sud)

Tim Shand
Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Tim Shand

La vie de Tim Shand a changé il y a dix ans, lorsqu’il a commencé à travailler comme volontaire au centre d’aide aux victimes de viols. Aujourd’hui, en tant que Directeur des programmes internationaux du Sonke Gender Justice Network d’Afrique du Sud – un projet appuyé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies -, il continue d’être motivé par le même défi : promouvoir les droits des femmes en oeuvrant aux côtés des nombreux défenseurs de la justice pour les femmes et des dirigeants du continent africain. Sa mission consiste notamment à travailler avec les individus, les ONG, les gouvernements et les agences des Nations Unies de toute la région, en vue de renforcer la recherche, les programmes et les politiques visant à faire participer les hommes à la lutte contre les inégalités entre les sexes, et à prévenir le VIH et la violence sexiste. « De nombreux hommes comme moi-même recherchons des moyens de lutter contre cette violence qui brise les vies des femmes dont nous nous préoccupons tant, et fait passer tous les hommes pour des auteurs en puissance.

Pour prévenir la violence à l’égard des femmes, il est donc essentiel de travailler avec les hommes et avec les femmes, pour remettre en cause les normes sociales susceptibles de perpétuer la violence sexiste, de prendre position contre cette violence et contre la culture de l’impunité, et de fournir des modèles alternatifs et non-violents pour les jeunes hommes et les garçons ». Il espère que la CSW s’achèvera sur des conclusions adoptées massivement, qui mentionneront le besoin de mettre l’accent sur la prévention et sur des réponses punitives fermes, et incluront des engagements sur la participation des hommes en tant que militants pour le changement. « Il faut également que des mécanismes soient adoptés pour tenir les gouvernements responsables des engagements qu’ils prennent sur le plan de l’élimination de la violence à l’égard des femmes ».

Leentje Kilipi Be’Soer (Papouasie-Nouvelle Guinée)

Leentje Kilipi Be’Soer travaille pour Voice for Change, une organisation non gouvernementale pour la promotion des droits de la femme, qui apporte son aide aux rescapées de la violence domestique et de la violence liée à la sorcellerie, ainsi qu’aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays suite aux conflits tribaux. Elle est elle-même une rescapée des luttes tribales et de la violence domestique, et a été le témoin direct d’abus flagrants perpétrés contre des femmes. Elle estime que, si le mouvement des femmes s’accélère et qu’un important travail de plaidoyer est mené à bien par les organisations, « nous sommes toutefois encore loin de pouvoir toucher toutes les femmes ». Voice for Change est appuyé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un mécanisme d’octroi de subventions établi par l’Assemblée générale des Nations Unies et géré par ONU Femmes au nom du système des Nations Unies.

Agnes Leina (Kenya)

Agnes travaille à changer les vies des communautés pastorales, notamment des femmes de ces communautés qui vivent au Kenya et dans d’autres pays d’Afrique de l’Est. Grâce à son travail avec Il’laramatak Community Concerns, et en tant que représentante pour l’égalité des sexes de l’IPACC – le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique -, elle s’est attachée à changer la situation des femmes des communautés pastorales, à commencer par les jeunes filles, et à les aider à se développer par l’éducation en tant que dirigeantes et sauveteuses de demain. La violence à l’égard des femmes et des filles, dont les mutilations génitales féminines, sape les progrès réalisés par ces dernières. Agnes fait partie du groupe de travail national qui a fait pression en faveur de l’adoption de loi rendant les mutilations génitales féminines illégales au Kenya.

La lutte contre ces pratiques traditionnelles dangereuses est loin d’être terminée. Agnes explique que « les femmes des communautés pastorales sont toujours victimes des mutilations génitales féminines et d’autres autres formes de violence contre leurs corps et leurs âme. Nous devons demander instamment aux femmes de se joindre à la lutte contre la violence sexiste et sexuelle. Il n’y a plus de temps à perdre : de plus en plus de femmes des communautés pastorales du Kenya doivent être représentées dans les processus des Nations Unies ». Elle espère que ces questions pourront être soulevées lors de la CSW, et que divers gouvernements s’engageront à changer positivement la condition des femmes autour du monde. Agnes participe à la CSW grâce au financement généreux octroyé dans le cadre de la Bourse Yvonne Hebert.

Dalí Ángel Pérez (Mexique)

 

Dalí Ángel Pérez
Dalí Angel Pérez participe dans un atelier de formation pour les jeunes autochtones. Crédit photo: Jorge Angel Pérez

Dalí Ángel Pérez est coordinatrice de la Commission pour les enfants et les jeunes autochtones de l’Organisation Ciarena pour les femmes autochtones. Elle coordonne les processus organisationnels du Réseau des jeunes autochtones, dans le cadre de l’Alliance of Indigenous Women of Central America and Mexico. En tant que militante autochtone, Dalí travaille avec les femmes, les jeunes et les filles, en fournissant une formation, des conseils ainsi qu’un soutien psychologique ou juridique aux rescapées de la violence. Elle travaille à assurer que les normes communautaires des peuples autochtones reconnaissent les droits des femmes à participer aux réunions et à influencer les décisions. Elle s’attache à provoquer des changements, et est impatiente de transformer la réalité de nombreuses femmes autochtones. À l’extérieur des communautés autochtones, elle cherche à créer des mécanismes efficaces pour protéger les défenseurs des droits fondamentaux des peuples autochtones et des jeunes, en leur permettant de conserver leur culture et leur identité. Dalí participe à la CSW en tant que boursière Yvonne Hebert, un programme de bourse facilité par ONU Femmes.

Annie Banda (Malawi)

 

Annie Banda
Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Annie Banda

« Je suis comme elles : vivant positivement, je comprends leurs besoins mieux et plus vite que quelqu’un qui n’est pas séropositif. Je suis passionnée par les personnes séropositives, notamment les femmes et les filles. Je me sens bien lorsque je constate des améliorations dans leurs vies, et je veux toucher de plus en plus d’entre elles » indique Annie, Coordonnatrice nationale de la Coalition of women living with HIV and AIDS in Malawi. La Coalition bénéficie de l’aide du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, dans le cadre du projet « Optimiser les stratégies d’action positive en vue de réduire la violence à l’égard des femmes vivant avec le VIH. Annie participe à la CSW pour faire entendre la voix des femmes avec qui et pour lesquelles elle travaille, et pour sensibiliser aux types de violence auxquels sont confrontées les femmes vivant avec le VIH. Au cours de la Commission, elle partagera les résultats de l’étude « La violence de la part des partenaires intimes » réalisée par sa Coalition, avec l’appui de l’UNTF. Elle espère que la Commission exigera instamment une plus grande implication des hommes et des dirigeants hommes pour éliminer la violence à l’égard des femmes, et assurer la fin de l’impunité pour les auteurs de violences à l’égard des femmes.

Shimreichon Luithau-Erni (Inde)

 

Shimreichon Luithau-Erni
Shimreichon travaille en Chiang Mai, Thaïlande. Photo crédit: Pirawan Wongnithisathaporn

C’est dans le contact avec les gens, ceux qu’elle rencontre et avec qui elle travaille quotidiennement, que Shimreichon puise sa motivation. Elle est inspirée par les femmes autochtones qui travaillent aux niveaux locaux, et qui, en dépit des nombreuses épreuves qu’elles subissent, ne baissent pas les bras – une force inébranlable qui bénéficie aux familles et à l’environnement, et maintient la paix et la cohésion au sein de la communauté. Originaire du nord-est de l’Inde, elle est membre de l’organisation tribale locale de femmes Tangkhul Shanao Long, et membre fondatrice de l’Asia Indigenous Women’s Network et de la Naga Women’s Union de Manipur, en Inde. Elle est actuellement coordonnatrice de programme de l’Indigenous Women Programme of Asia Indigenous Peoples Pact en Thaïlande. Cette femme aux multiples casquettes s’attache entre autres à superviser un projet visant à renforcer la participation des femmes au sein des institutions de gouvernance coutumières, en vue de faire face à la question de la violence à l’égard des femmes et des filles, grâce au financement de l’UNTF.

Elle explique : « L’esprit de résistance dont font preuve les femmes autochtone m’encourage, et dans le même temps, leur vulnérabilité m’incite à travailler davantage en vue de défendre leurs droits à la terre, l’environnement et les ressources de subsistance ». Elle participe à la CSW dans l’espoir que les gouvernements reconnaîtront les multiples formes de discrimination auxquelles les femmes autochtones sont confrontées, et qu’ils mettront en place des moyens systématiques de consulter les femmes et les hommes autochtones et d’assurer leur participation à la prise de décisions. Elle espère également que la Commission reconnaîtra le rôle crucial joué par les femmes autochtones dans la préservation des connaissances traditionnelles et dans la gestion des ressources durables. Shimreichon participe à la CSW grâce au généreux financement octroyé dans le cadre de la Bourse Yvonne Hebert.

Itumeleng Komanyane (Afrique du Sud)

 

Itumeleng Komanyane
Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Itumeleng Komanyane

Itumeleng Komanyane travaille depuis l’âge de 13 ans à mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Elle a débuté comme éducatrice pour les pairs et conseillère travaillant avec les jeunes et sur les questions du VIH et du sida en Afrique du Sud. « Au fil du temps, ma passion pour la justice sociale n’a fait que croître, et mon champ de travail s’est également élargi pour inclure le travail sur le développement des jeunes, la santé sexuelle et reproductive pour les adolescents (SSRA) en Afrique, le soin et l’appui aux enfants orphelins et vulnérables ainsi que le développement des femmes et des filles. J’ai rapidement réalisé qu’il existait un dénominateur commun entre les intérêts apparemment différents que j’avais successivement nourris : l’influence de l’inégalité entre les sexes, et la manière dont celle-ci avait eu un impact significatif sur tout le reste. » Sa propre expérience en tant que femme africaine, mère et épouse, continue d’alimenter sa passion pour le travail qui est le sien. Elle est aujourd’hui Coordonnatrice de projet contre la violence basée sur le genre pour le Sonke Gender Justice Network. Elle gère le projet appuyé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies, qui vise à encourager les hommes et les garçons à prendre activement position en faveur de l’élimination de la violence à l’égard des femmes au Kenya, au Rwanda et au Sierra Leone.

Le réseau Sonke fait partie de la Men Engage Alliance, un groupe d’ONG dans le cadre duquel les hommes et les garçons s’engagent de manière efficace à réduire les inégalités entre les sexes et à promouvoir la santé et le bien-être des femmes, des garçons et des enfants. Elle estime que cette session de la CSW doit aller au-delà de simples accords. « Faisons en sorte que les gouvernements y prennent l’engagement, face à la communauté internationale, de mettre en œuvre des les conclusions adoptées, d’entamer le processus de protection des femmes et des enfants et de travailler avec les hommes à sortir la société des griffes du patriarcat sous toutes ses formes. »

Sostena Romano (Ukraine)

Sostena Romano a passé près de 30 ans à assurer que les femmes et les enfants séropositifs ou touchés par le VIH/sida bénéficient d’un accès égal aux services, dans le respect. En tant que Directrice exécutive de HealthRight International, elle a observé que les plus vulnérables d’entre elles sont généralement celles qui font le plus l’objet de discriminations. Elle travaille en partenariat avec des organisations communautaires et des institutions gouvernementales locales, les aidant à influencer leur communauté et faire entendre leur voix pour le changement. Avec l’appui du Fonds d’affection spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et en partenariat avec la Fondation ukrainienne pour la santé publique, elle travaille à assurer l’accès aux soins pour les femmes et les filles qui ont été victimes de violences et sont également touchées par le VIH et l’itinérance.

La participation des femmes et des filles est en train d’être assurée par le biais d’une formation sur l’autonomisation et des consultations individuelles, qui vise à lutter contre la violence à laquelle elles sont confrontées dans leur vie quotidienne et à les aider à fixer leurs objectifs et à les atteindre. Les hommes auteurs de ces violences, ainsi que les garçons qui sont les partenaires et les amis des femmes rescapées, sont incités à participer à des formations aux changements comportementaux et à l’établissement de relations, afin de pouvoir eux aussi participer à la solution et être confrontés à leur propre expérience de la violence. Sostena estime important non seulement d’autonomiser les femmes et de leur fournir des services, mais également de les aider à assurer des opportunités pour leur propre développement. Elle s’est donnée pour objectif de vie de travailler quotidiennement à ce que les plus marginalisées se voient accorder l’attention nécessaire et puissent accéder à des vies saines et prometteuses.

Marthe Muhawenimana (Rwanda)

Marthe Muhawenimana travaille en faveur des droits des femmes autochtones du Rwanda. Elle supervise les initiatives relatives au genre et à l’éducation pour la Communauté des Potiers du Rwanda (COPORWA). Elle travaille pour le renforcement de la participation des femmes autochtones à la gestion des biens publics et aux processus de paix. Mme Muhawenimana a également participé aux initiatives de suivi de l’éducation pour les filles Batwa du Rwanda, en vue d’élaborer des stratégies de plaidoyer et de lobbying.

Olga Segovia (Chili)

Chercheuse à la SUR Corporación de Estudios Sociales y Educación (Corporation des Études sociales et de l’Éducation) du Chili, et Coordonnatrice de Red Mujer y Hábitat de América Latina (Réseau pour les femmes et l’habitat d’Amérique latine), Olga Segovia est une experte en matière d’espace publics, de sécurité publique, de genre, de participation, de développement urbain et de logement social. Au cours de sa carrière, elle a travaillé avec des institutions chiliennes tels que le Fonds national de recherche et de technologie (FONDECYT), le ministère des Travaux publics, le ministère du Logement et de la Planification, ainsi que pour l’Union européenne, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ONU-Habitat, UNIFEM et la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Elle est actuellement Coordonnatrice du projet « Colombie, Chili, El Salvador : une nouvelle étape de l’application des politiques contre la violence, en coordination avec les institutions d’application de la loi. Plus de sûreté pour les femmes », avec l’appui du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui est un mécanisme interinstitutions d’octroi de subventions créé par l’Assemblée générale des Nations Unies et géré par ONU Femmes au nom du Système des Nations Unies. Olga espère que la Commission réalisera des progrès, notamment en adoptant des directives politiques publiques qui reconnaissent les formes distinctes des violences perpétrées contre les droits des femmes, à savoir, les violences directe, structurelle et culturelle, considérées dans les contextes social, politique et économique. Elle espère également que la Commission débattra de propositions et d’initiatives contribuant à une meilleure coexistence des genres et des citoyens.

María de la Luz Estrada (Mexique)

María de la Luz a été témoin de la douleur profonde ressentie par les parents des victimes de fémicides, qui se retrouvent souvent privés du droit à la vérité et à la justice pour l’être cher qu’ils ont perdu. Profondément engagée en faveur de la défense des droits de la femme, elle travaille avec l’organisation Catholics for the Right to Decide à promouvoir et à défendre une vie exempte de violence, et à contrôler l’administration du processus judiciaire dans les cas de fémicide. Son travail a eu d’importantes répercussions au niveau de la création de groupes de participation civique basés sur les droits fondamentaux dans une perspective de genre, qui visent à contribuer à favoriser l’accès à la justice des femmes victimes de violences, de fémicides et de discriminations. Son travail a dépassé les frontières du Mexique, celle-ci participant aux efforts et initiatives combinées de la région, telles que la « Campaña Regional por el Acceso a la Justicia para las Mujeres » (Campagne régionale pour l’accès des femmes à la justice), constituée d’organisations venant du Guatemala, d’El Salvador, du Nicaragua et du Honduras.