Les Femmes se préparent pour le Débat du Conseil de sécurité sur la Prévention des Conflits et la Médiation

Date : 24 October 2011

Une série de Journées Portes ouvertes sur les femmes et la paix et la sécurité sont en train d'être organisées avant le débat ouvert du Conseil de sécurité des Nations Unies du 28 octobre. Le Nigéria, qui préside actuellement le Conseil de sécurité, a choisi comme thème du débat : « Participation et rôle des femmes dans la prévention des conflits et la médiation».

Les Journées Portes ouvertes rassemblent des femmes de la société civile, et des dirigeants gouvernementaux et des Nations Unies de haut niveau d'un pays ou une région donnés, en vue d'échanger leurs opinions sur le règlement des conflits et la consolidation de la paix.

Secretary-General Addresses Open Day on Women, Peace and Security

Le secrétaire général de l ONU Ban Ki-moon (en tête de table, deuxieme à gauche) participa à la Journée Mondiale Porte Ouverte sur les Femmes, la Paix et la Sécurité le 21 octobre 2010 qui s est tenue à l occasion du 10ème anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité. Cette année une série de Journées Portes ouvertes sur les femmes, la paix et la sécurité se sont tenues à travers le monde en preparation pour le Débat du conseil de sécurité de l ONU sur le sujet (Photo: ONU/Mark Garten).

Au cours des Journées Portes ouvertes de 2010, plus de 1.500 dirigeantes locales se sont réunies dans 29 lieux différents pour faire connaître leur point de vue sur la manière d'accélérer l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes et la paix et la sécurité. ONU Femmes, en partenariat avec le Département des affaires politiques, le Département des opérations de maintien de la paix et le Programme des Nations Unies pour le développement, a apporté son appui à ces manifestations.

Les Journées Portes ouvertes de 2011 ont eu lieu en Bosnie-Herzégovine, en République démocratique du Congo, au Burundi, au Ghana, en Inde/Asie du Sud, au Kenya, au Liberia, au Népal, aux Philippines, en Serbie, au Sierra Leone, au Timor-Leste, au Kazakhstan/Asie centrale, et au Maroc/Sahara occidentale. Le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest (UNOWA) a également organisé des Journées Portes ouvertes à Dakar, au Sénégal. Des manifestations complémentaires sont planifiées en Iraq, au Soudan, en Jamaïque, à Trinité-et-Tobago, et au Pakistan.

Lors de la réunion des Journées Portes ouvertes organisée au Népal avec les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Défense, les femmes ont renouvelé leur appel en faveur d'un secteur de la sécurité tenant compte du genre et de la participation active des femmes à tous les niveaux. Elles ont mis en exergue l'augmentation de la participation, l'amélioration de l'accès à la justice, la réforme des lois et politiques existantes dans le secteur de la sécurité, et exigé qu'il n'y ait aucune amnistie pour les actes de violences sexuelles et physiques perpétrés contre les femmes.

Le Secrétaire du ministère de la Défense a reconnu les contributions faites par ONU Femmes pour ce qui est d'aider à renforcer les capacités de l'armée népalaise à appliquer la résolution 1325, et a indiqué que « la collaboration entre le gouvernement et la société civile rend le processus de démocratisation plus inclusif ». Le Népal est le seul pays d'Asie du Sud à avoir adopté un Plan national d'action en vue d'améliorer la participation des femmes à la reconstruction postconflictuelle.

Lors d'une réunion régionale pour l'Asie du Sud, organisée à New Delhi, les femmes ont présenté une résolution commune mettant en exergue les mesures visant à améliorer la participation des femmes au renforcement de la paix et en tant qu'architectes de la paix. Cette résolution s'est appuyée sur les expériences des militantes dans les zones de conflit en Afghanistan, au Bangladesh, en Inde, aux Maldives, au Népal, au Pakistan et au Sri Lanka. Les participants ont souligné qu'il était important d'utiliser les processus de paix pour transformer les relations hommes-femmes et reconstruire une société basée sur les valeurs de l'égalité des sexes et de la non-discrimination.

Evoquant l'expérience du Pakistan, Mussarat Qadeem, Responsable du Paiman Trust, a remarqué : « Nous avons convaincu les mères des combattants que la violence n'est pas sanctifiée dans notre religion et que le jihad est contre l'humanité. Une fois convaincues, elles convainquent leurs fils d'abandonner la lutte et de suivi des séances de conseil et de formation professionnelle. La stratégie a connu beaucoup de succès. »

Huria Samira Hamidi, Directrice de pays au sein du Réseau des femmes afghanes, fait part de son optimisme, en dépit des défis rencontrés. « Je vois des changements se profiler en Afghanistan. La manière de penser des gens est en train de changer. Je constate un grand enthousiasme chez les jeunes, qui sont motivés pour changer les comportements existants. Plus de femmes prennent les devants pour participer à l'avenir de leur pays ».

Aux Philippines, les représentants des organisations d'autochtones et de femmes musulmanes des régions de Mindanao et de Cordilleras touchées par le conflit, ont demandé instamment que des mesures plus énergiques soient prises pour permettre aux femmes de participer davantage aux négociations actuelles sur la paix. Elles ont fait part de leur préoccupation quant aux problèmes auxquels sont confrontées les personnes déplacées dans leur propre pays, et appelé à l'application vigoureuse du Plan national d'action des Philippines sur la résolution 1325.

En République démocratique du Congo, le ministre de l'Intérieur, avec le Vice-gouverneur et le Vice-Président de l'Assemblée provinciale du Sud-Kivu, ont promis de faciliter l'accès des femmes à la prise de décisions et à renforcer l'application de la résolution 1325. Les participants ont appelé à apporter un appui plus important aux candidates aux élections, à renforcer les initiatives visant à intégrer davantage de femmes sur les listes électorales, à mobiliser les femmes rurales pour qu'elles aillent voter et à assurer la sécurité de toutes les femmes.

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