Des jeunes militantes palestiniennes participent au rétablissement de la paix

Date : 25 October 2012

Dans les bureaux de l'Union générale des femmes palestiniennes - un bastion des femmes politiques de l'ancienne génération - deux jeunes femmes palestiniennes assistent aux discussions, un peu intimidées au milieu de ces militantes expérimentées.

Ruba, à gauche, et Amaal, à droite, sont de jeunes militantes palestiniennes qui ont souligné, au cours de la Journée portes ouvertes, que les jeunes femmes ont le devoir de passer à l'action et d'encourager les changements en tant que participantes actives au processus de paix.

Amaal, 23 ans, et Ruba, 26 ans font partie d'une nouvelle génération de militantes palestiniennes, qui disent avoir appréhendé ou même avoir été dissuadées de participer à la vie politique actuelle. Elles relatent toutefois avec une lueur d'enthousiasme dans les yeux comment, en tant que jeunes femmes actives dans la vie médiatique et politique, elles pourraient contribuer à provoquer des changements en vue de sortir de l'impasse politique actuelle.

« Il est difficile pour nous d'imaginer la paix, parce que nous ne l'avons jamais connue. Si l'alternative au conflit actuel est la paix, comment la réaliser ? » demande Ruba.
Les deux femmes conviennent que l'élite au pouvoir - hommes comme femmes - est désillusionnée et déçue après tant d'années de vaines tentatives effectuées pour instaurer la paix et la souveraineté de la nation palestinienne. Elles estiment que ce qui motive les jeunes femmes palestiniennes à devenir militantes - en politique ou dans les médias - est la conscience du fait que la situation actuelle, qui ne connaît aucun changement positif depuis des années, n'est pas soutenable.

« Les hommes pensent en termes binaires : soit la paix, soit le conflit. Ils n'expliquent pas comment cela pourrait être réalisé, ou à quoi ressemblerait la société une fois la paix rétablie » continue Ruva. « En tant que femmes, nous pensons de manière différente : c'est nous qui sommes les plus affectées ou influencées par la situation. Ainsi, en tant que femmes, nous devons chercher une solution durable et globale ».
Cela n'est toutefois pas aisé, compte tenu des contraintes auxquelles sont confrontées les jeunes femmes palestiniennes ordinaires en raison de leur sexe et de leur ge, dans une société traditionnelle déchirée par les conflits et l'occupation.

Amaal et Ruba sont considérées comme des exceptions, car elles ont la chance de bénéficier de l'appui de leurs familles dans leurs activités militantes. Ruba souligne qu'elle n'en serait pas là aujourd'hui -plus jeune membre d'un bureau politique des Territoires palestiniens occupés - si elle n'avait pas reçu l'appui inconditionnel de sa famille. Amaal est également reconnaissante envers sa famille immédiate et sa communauté, qui l'ont encouragée dans sa quête pour devenir une journaliste célèbre.

« Les femmes palestiniennes représentent l'avenir : ce sont elles qui élèvent la prochaine génération » affirme Amaal. « C'est donc le devoir de la jeune génération de passer à l'action et d'encourager les changements, les jeunes femmes et hommes travaillant main dans la main ».

Ruba se félicite du fait que les jeunes hommes de son environnement immédiat deviennent plus conscients de la nécessité de faire participer les femmes à tous les niveaux de la vie politique. Amaal constate des signes positifs et explique qu'en tant que femme journaliste, elle se sent respectée et appréciée par ses collègues.

Pour célébrer le 12ème anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ces jeunes dirigeantes ont été invitées à être les porte-drapeaux des jeunes à l'occasion d'une Journée portes ouvertes sur les femmes, la paix et la sécurité, organisée le 11 octobre à Ramallah, dans la bande de Gaza, par le mouvement des femmes palestiniennes et le Coordonnateur spécial adjoint des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, avec l'appui d'ONU Femmes.

Amaal et Ruba ont appelé à déployer des efforts pour renforcer les capacités des jeunes femmes à participer aux processus de prise de décisions qui affectent leurs vies.

En novembre, ONU Femmes soutiendra une autre initiative : l'atelier de travail BRIDGE, qui cible les jeunes femmes en tant que parties prenantes électorales, afin que les autres jeunes femmes comme Amaal et Ruba puissent participer à la consolidation de la paix et contribuer aux changements.