Remarques de la Directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet lors de la seconde Session ordinaire du conseil d’administration d’ONU Femmes

Date : 28 November 2012

Remarques de la Directrice exécutive d'ONU Femmes Michelle Bachelet lors de la seconde Session ordinaire du conseil d'administration d'ONU Femmes. New York, le 28 novembre 2012.

[La version prononcée fait foi]

Bonjour.

Vos Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Je suis ravie de me trouver ici avec vous et de m'exprimer devant le Conseil d'administration. Je suis arrivée aux Nations Unies il y a 26 mois. Vous venez de regarder la vidéo qui détaille notre travail, nos partenariats et leurs répercussions sur la vie de femmes et de familles du monde entier.

Nous avons parcouru un long chemin en peu de temps. Je souhaiterais rendre hommage à notre équipe, et exprimer notre gratitude pour l'aide qui nous a été apportée par les Nations Unies, les États membres de l'ONU et vous, en tant que membres de notre Conseil d'administration. Ensemble, nous progressons. D'Haïti jusqu'à l'Égypte, du Libéria jusqu'en Inde et dans tous les pays du monde, des mesures sont prises pour promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.

ONU Femmes existe pour une seule raison : obtenir des résultats qui permettent de faire progresser l'égalité des sexes et d'améliorer la vie des femmes. Permettez-moi donc de compléter ce que vous venez de voir dans cette vidéo et de vous informer des derniers résultats stratégiques obtenus en 2012 dans nos domaines prioritaires.

Afin d'accroître le rôle joué par les femmes dans le monde politique et leur participation, ONU Femmes aide 71 pays à améliorer leurs cadres réglementaires et leurs capacités nationales. Ainsi, en mai 2012, le nombre de femmes siégeant au Parlement en Algérie a atteint 31 pourcent, faisant de ce pays le premier et seul territoire de la région des États arabes à dépasser l'objectif de 30 pourcent, ce qui constitue une étape décisive en direction d'une réforme démocratique et de l'égalité des sexes.

En juillet, les femmes libyennes ont remporté le nombre considérable de 33 sièges, soit 16,5 pourcent de la représentation politique, lors des premières élections libres et équitables à se tenir dans le pays depuis plus de 60 ans. Au Sénégal également, après les élections de juillet, le nombre de femmes parlementaires a pratiquement doublé au sein de l'Assemblée nationale, atteignant 45 %, grce à une loi sur la parité destinée à garantir la participation des femmes et l'égalité des sexes.

Pour accroître les opportunités économiques qui s'offrent aux femmes et réduire la pauvreté, ONU Femmes apporte son soutien à 67 pays qui accordent une place prépondérante à l'autonomisation économique de celles-ci. En septembre, j'ai contacté les dirigeants des trois agences de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture basées à Rome afin de lancer un nouveau programme destiné à permettre l'autonomisation des femmes rurales, en vue de leur faire profiter de meilleures opportunités économiques et de leur permettre de gérer des entreprises prospères.

ONU Femmes a également lancé un nouveau programme commun avec la Commission européenne intitulé « Le Printemps des femmes », en vue de permettre l'autonomisation des femmes sur le plan économique et politique au lendemain du Printemps arabe. Je suis heureuse de vous annoncer que 37 nouvelles sociétés ont signé les Principes d'autonomisation des femmes depuis le dernier Conseil d'administration, ce qui porte à 466 le nombre de sociétés privées qui travaillent désormais à la mise en place de mesures permettant aux femmes de bénéficier de l'égalité des chances sur leur lieu de travail.

Pour mettre un terme à la violence à l'égard des femmes et des filles, ONU Femmes travaille dans 85 pays pour éviter tout d'abord la survenue de la violence, et ensuite pour mettre un terme à l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes et faire en sorte que les rescapées aient accès aux services essentiels. ONU Femmes a lancé le programme « Villes sûres » à New Delhi. Ce dernier est désormais également appliqué à Quito, Kigali, Port Moresby et au Caire dans le but de renforcer la sécurité des femmes dans les rues des villes, dans les btiments, les bus et le métro et d'améliorer la réponse et les services de la police.

Pour la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes du 25 novembre, ONU Femmes a lancé une initiative mondiale portant le nom de ENGAGEONS-NOUS, destinée à mettre en exergue les engagements de chaque pays en matière de prévention et de lutte contre la violence à l'égard des femmes et des filles. Nous organiserons une manifestation particulière ici aux Nations Unies plus tard dans la journée.

Pour accroître le rôle joué par les femmes en matière de paix, de sécurité et d'interventions humanitaires, ONU Femmes appuie l'égalité des sexes et le leadership des femmes dans 37 pays. En Colombie, où je me suis rendue au mois de septembre, le Président a déclaré que les femmes feraient partie intégrante du processus de paix qui se met en place.

Je continuerai à encourager la pleine et égale participation des femmes au processus de paix en Colombie et dans tous les pays du monde touchés par des conflits. Jusqu'à présent, ONU Femmes a formé plus de 200 femmes de haut niveau expertes en matière de paix et de sécurité dans 25 pays, afin qu'elles puissent participer aux pourparlers de paix, à la reconstruction et à la réparation. Nous savons qu'une paix durable repose sur l'intégration, la justice et l'égalité.

Pour renforcer la responsabilité institutionnelle en matière d'égalité des sexes, ONU Femmes travaille dans 65 pays à promouvoir la planification et la budgétisation tenant compte des questions de genre. Aujourd'hui, 20 pays accordent une place prioritaire à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes dans leurs programmes et budgets nationaux, et le niveau des investissements dans ces domaines est en hausse.

Pour la première fois cette année, nous avons fêté la Journée internationale des filles le 11 octobre, comme cela avait été décidé par les États membres de l'ONU. ONU Femmes s'est associé aux agences de l'ONU et à des groupes de femmes de la société civile pour lancer une action mondiale contre le mariage des enfants. Au cours de cette 67ème session de l'Assemblée générale, nous avons également promu l'état de droit en mettant l'accent sur l'accès des femmes à la justice.

De plus, le 10 octobre, j'ai organisé la première réunion du Groupe consultatif de la société civile d'ONU Femmes au niveau mondial. Ses membres comptent des dirigeants des associations locales, rurales et des organisations communautaires, les dirigeants des peuples autochtones, des intellectuelles féministes, des avocats spécialisés dans les droits fondamentaux et des hommes dirigeants qui travaillent sur les questions de genre et les droits des femmes.

Le Groupe consultatif de la société civile au niveau mondial fait partie de notre réseau international de groupes consultatifs de la société civile existant aux niveaux national, régional et mondial. La société civile est l'une des composantes les plus importantes d'ONU Femmes, et je me réjouis à l'idée d'établir de solides et durables partenariats pour promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans le monde entier.

Nous avons également progressé dans la mise en œuvre de notre mandat de coordination. Nous mettons actuellement en œuvre le Plan d'action à l'échelle du système des Nations Unies (SWAP) qui établit un cadre de responsabilité pour le travail de chaque entité de l'ONU en matière d'égalité des sexes et d'autonomisation des femmes. Je suis heureuse d'annoncer que sept agences ont totalement harmonisé leurs politiques, stratégies et dispositifs de responsabilisation sur les indicateurs de résultats du SWAP de l'ONU. Six autres entités sont sur le point de faire de même.

Le SWAP est reconnu par l'ECOSOC et d'autres instances comme un outil fondamental pour garantir la responsabilité du système de l'ONU en matière d'égalité des sexes et d'autonomisation des femmes. En fait, d'autres agences sont en train d'appliquer ce modèle à d'autres sujets tels que la jeunesse, et nous avons hte de nous engager sur le même chemin.

Monsieur le Président,

À ONU Femmes, nous savons que les résultats doivent être institutionnalisés à tous les niveaux de l'organisation. Nous savons que les résultats qui importent le plus sont ceux qui sont vécus par des femmes dans leur vie quotidienne, les résultats sur le terrain, là où vivent les hommes et les femmes. C'est la raison pour laquelle ONU Femmes a besoin d'une forte présence sur le terrain et d'une structure régionale solide pour gérer les partenariats stratégiques et la coordination du système de l'ONU, pour institutionnaliser une culture forte de gestion et d'évaluation basée sur les résultats, pour améliorer l'efficacité en termes d'organisation et de responsabilité, et pour renforcer la capacité institutionnelle à agir.

À ONU Femmes, nous tirons notre légitimité non pas de notre mission et de notre mandat mais des résultats que nous obtenons sur le terrain lorsque nous répondons à des priorités nationales. Nous avons bien entendu besoin des structures adaptées et efficaces qui nous permettent de le faire. ONU Femmes a fortement progressé en termes d'organisation mais beaucoup reste à faire. Comme le dit le proverbe : « Rome ne s'est pas faite en un jour ». La réussite implique des projets, des calendriers et de la détermination. Elle implique également une solide gestion du changement.

Depuis notre dernière rencontre, ONU Femmes a fait de grands pas dans l'édification d'une organisation unifiée et efficace. Je souhaiterais maintenant vous informer des dernières mesures qui ont été prises en matière de gestion du changement, par le biais de notre initiative pour l'efficacité et l'efficience, en vue d'obtenir des résultats de façon responsable et transparente.

ONU Femmes a adopté une stratégie de gestion du changement renforcée qui repose sur les recommandations faites lors d'ateliers régionaux, une retraite des dirigeants avec les responsables de terrain, la structure locale proposée et les recommandations issues du premier audit externe d'ONU Femmes.

Ma première mesure a consisté à engager un conseiller spécial en matière de responsabilité et de transparence afin de me soutenir dans cette démarche stratégique et d'accélérer le processus de gestion du changement.

Alors que nous décentralisons en suivant notre proposition de structure régionale, nous avons effectué la délégation d'autorité nécessaires aux directeurs et lancé de nouveaux contrôles internes, nous avons établi un nouveau programme et un nouveau manuel des opérations et nous avons formé les dirigeants à nos priorités, nos programmes et notre mode de fonctionnement. Nous avons également effectué des progrès importants dans la mise en œuvre des IPSAS, les Normes comptables internationales pour le secteur public.

Nous avons mis au point une nouvelle politique d'évaluation, instauré un nouveau comité consultatif de l'audit et une permanence téléphonique anti-fraude. En outre, nous rendrons publics les rapports d'audit internes, et ONU femmes a publié des données ouvertes sur le registre de l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide.

Monsieur le Président,

Au mois de juin, nous avons présenté au conseil d'administration les principes directeurs pour la mise en place de la structure régionale d'ONU Femmes. En tant que membres du conseil, vous nous avez encouragés à poursuivre dans ce sens pour faire avancer la structure régionale et demandé ce que cela impliquait en termes administratifs, pratiques et budgétaires. Vous avez également demandé qu'un plan de mise en œuvre soit présenté au mois de novembre, c'est-à-dire maintenant.

Suite à votre demande, nous sommes donc heureux de vous présenter notre rapport final sur la structure régionale d'ONU Femmes, ainsi que le rapport de l'ACABQ, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires et la réponse de notre direction.

Le plan de structure régionale est essentiel pour obtenir les résultats que l'on attend de nous. Pour le mettre au point, nous avons tiré énormément d'enseignements d'une consultation étendue. Vos conseils et réactions en tant que membres du Conseil d'administration, tout comme votre soutien permanent, ont été d'une aide très précieuse tout au long du processus, et je vous en remercie.

Le plan que nous vous présentons a été conçu en tenant compte de la nécessité d'être proche des pays où la demande et les besoins sont les plus élevés, et où nous pouvons intégrer des bureaux existants de l'ONU, pour une interaction maximale avec nos partenaires du système de l'ONU. En résumé, ce plan correspond à la priorité définie dans notre Plan stratégique pour renforcer les capacités d'ONU Femmes et améliorer l'aide que nous apportons aux pays où les femmes et les filles vivent et où nous pouvons avoir l'impact le plus important.

Ce n'est qu'en renforçant notre travail sur le terrain que nous pourrons soutenir de façon significative l'appropriation par les pays de l'autonomisation des femmes et de l'égalité des sexes, ce qui constitue le cœur de cette proposition.

Nous présentons une proposition de mise en place de six bureaux régionaux, dont deux sont situés en Afrique. La structure régionale est également soutenue par un ou deux bureaux multinationaux dans chaque région.

Les Bureaux régionaux constitueront un intermédiaire essentiel entre le terrain et les sièges. Ils seront chargés, par leurs fonctions de supervision et de conseil technique, de faire en sorte que le travail d'ONU Femmes au niveau du pays encourage l'application des normes et critères issus des processus intergouvernementaux. Dans le même temps, les bureaux régionaux pourront tirer des enseignements de ces expériences dans le pays et les intégrer aux processus intergouvernementaux, ce qui permettra aux États membres de prendre connaissance de ces informations soit directement, soit par des contributions à des rapports d'une portée plus large, tels que ceux du Secrétaire général.

ONU Femmes présente une structure qui a la capacité et la portée nécessaires pour promouvoir la vision universelle de l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans chaque pays, par l'existence de programmes ou d'un bureau dans le pays et pour apporter notre compétence au plus près des femmes et des filles auxquelles nous nous adressons. Occupant une place centrale, la structure régionale nous permet également de procéder aux changements nécessaires en vue de passer des structures et procédures dont nous avons hérité à une structure qui permette de répondre au mandat universel et au Plan stratégique d'ONU Femmes.

Nous avons appliqué quatre critères pour décider de l'emplacement des six bureaux régionaux d'ONU Femmes :

Tout d'abord, du point de vue des programmes, nous avons pris en compte l'existence d'une plateforme de l'ONU et la proximité des principaux partenaires d'ONU Femmes au sein des équipes régionales du Groupe de renforcement de l'ONU.

Deuxièmement, d'un point de vue opérationnel, la possibilité de servir la région et la facilité à opérer ont été évaluées.

Troisièmement, les coûts globaux pour mettre en place et gérer les bureaux régionaux ont été calculés.

Et enfin, ONU Femmes a estimé sa capacité à pouvoir utiliser ses ressources existantes et celles de ses partenaires pour obtenir des avantages stratégiques.

Les villes choisies pour les bureaux régionaux sont les suivantes :

  • Asie Pacifique : Bangkok
  • Afrique de l'Est et du Sud : Nairobi
  • Afrique de l'Ouest et Centrale : Dakar
  • Amériques et Caraïbes : Panama
  • États arabes : Le Caire
  • Europe et Asie centrale : Istanbul

Pour cinq de ces six villes, la décision a été assez simple, dans la mesure où nos bureaux régionaux partagent des plateformes régionales existantes de l'ONU. Toutefois, pour l'Europe et l'Asie centrale, il n'existe pas de plateforme unique, et nous avons eu la chance que quatre États membres nous proposent généreusement d'accueillir notre bureau régional. Nous avons sélectionné Istanbul en nous fondant sur les critères indiqués, tel que le coût.

Nos bureaux régionaux sont conçus et seront situés de façon à ce que nous puissions obtenir une décentralisation qui nous permettra d'être plus efficaces et plus proches de nos clients. La régionalisation implique également des améliorations des processus opérationnels : une définition plus claire des responsabilités dans la prise de décision quotidienne, une rationalisation des programmes et des approbations de projets, la délégation d'autorité pour la gestion opérationnelle et la prise de décision et des processus de recrutement simplifiés.

Chacun de ces bureaux régionaux aura une équipe pivot de responsables nationaux et internationaux tels que le Directeur régional au niveau D1. Les représentants de pays d'ONU Femmes rendront compte directement à leurs Directeurs régionaux respectifs. Les bureaux régionaux influenceront et soutiendront également le travail des partenaires régionaux tant au sein des Nations Unies qu'à l'extérieur.

La mise en œuvre de la structure régionale se fera par étapes, afin d' éviter une interruption de l'action d'ONU Femmes, pour réduire les coûts et pour effectuer la transition rapidement. D'ici fin 2013, nous espérons avoir terminé la mise en place de la structure régionale.

Pour renforcer la capacité d'ONU Femmes, conformément à la nouvelle structure envisagée, nous avons organisé des formations pour les directeurs. Deux sessions de formation ont déjà eu lieu et la prochaine se tiendra en février. Au cours de ces formations, les directeurs tels que des représentants des pays acquièrent de nouvelles compétences, politiques et procédures pour gérer les équipes et les opérations de façon efficace afin d'atteindre les objectifs stratégiques d'ONU Femmes.

Cette restructuration implique une augmentation du personnel et la création de 39 postes de direction, soutien technique et opérationnel. Les coûts indicatifs pour la structure régionale se montent à 7,1 millions de dollars, et les frais de personnel représentent 93 % ou 6,6 millions de dollars.

Pour couvrir ces frais, ONU Femmes ne cherche pas de financement supplémentaire, dans la mesure où ces augmentations de personnel peuvent être couvertes par le budget 2012/2013 existant. Cela est rendu possible par notre approche prudente, qui a consisté à faire en sorte qu'un certain nombre de recrutements soient différés dans l'attente de vos décisions concernant la structure régionale. Cela a permis de rendre disponible des fonds qui peuvent maintenant être utilisés pour couvrir ces frais supplémentaires, sans demande de financement supplémentaire au cours de cet exercice biennal. Cette augmentation des coûts liée à la structure régionale se reflètera toutefois dans le budget intégré pour 2014-2015, qui vous sera présenté en temps utile pour examen et approbation.

Je souhaite une fois de plus vous remercier pour votre soutien et vos conseils lors de la création de notre structure régionale, et nous espérons fortement que nos discussions aboutiront à une conclusion favorable.

Monsieur le Président,

Une organisation efficace et efficiente repose sur la responsabilisation et la transparence. Je souhaiterais vous communiquer les dernières informations sur les progrès réalisés dans ce domaine essentiel en commençant par notre nouvelle politique d'évaluation.

La politique d'évaluation d'ONU Femmes participe à la qualité de nos programmes, à la crédibilité de notre organisation, et elle est d'une importance primordiale dans l'obligation de rendre des comptes, l'apprentissage et la prise de décision. Cette politique a été mise en place suit à l'étude des politiques d'évaluation existantes au sein du système des Nations Unies, des consultations élargies et des examens par les pairs de la fonction d'évaluation et de la culture d'évaluation en vigueur à ONU Femmes. Cette politique est conforme aux normes internationales pour l'évaluation, et est adaptée aux caractéristiques et au mandat d'ONU Femmes.

Elle fournit le cadre d'une fonction d'évaluation indépendante, fiable, et utile, qui permet de mesurer les performances d'ONU Femmes et les résultats obtenus dans le domaine de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes.

Cette politique définit l'évaluation de l'égalité des sexes, et les principes et normes qui guident la pratique de l'évaluation, tels que la prise en main des programmes par le pays, la transparence, l'indépendance et la crédibilité. Elle permet de mesurer le rôle de coordination d'ONU Femmes pour l'égalité des genres dans le système des Nations Unies dans son ensemble, ainsi que le rôle social et décentralisé du soutien opérationnel et normatif et du travail de coordination effectué par ONU Femmes.

Je sais également que cette politique, pour réussir, exige des capacités adéquates et un plan de mise en œuvre détaillé. C'est la raison pour laquelle le Bureau d'évaluation travaille sous mon contrôle pour mettre ces éléments en place, en commençant par un Mécanisme de contrôle mondial, le système GATE.

Cela permettra à la direction de réagir de façon pertinente et dans les délais impartis aux évaluations, la remise de rapports périodiques sur l'état et la conformité au Directeur exécutif, la création d'une plate-forme Internet publique qui permet de suivre les actions engagées et d'un Comité d'évaluation d'ONU Femmes pour conseiller ONU Femmes lors des évaluations.

Cette politique d'évaluation sera une étape importante vers la mise en place d'une fonction évaluation solide au sein d'ONU Femmes et nous comptons sur votre soutien constant.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les délégués,

Depuis notre dernière rencontre au mois de juin, le Conseil d'administration a présenté son rapport sur les États financiers d'ONU Femmes pour l'année 2011. En réaction à l'opinion modifiée émise à l'issue de l'audit, nous avons engagé des actions déterminantes. ONU Femmes a mis au point son dispositif de contrôle interne et procédé à de nouvelles délégations d'autorité pour assurer une responsabilité claire des rôles et devoirs au sein de l'organisation.

Le Conseil d'administration a émis 28 recommandations à la suite de l'audit, dont 25 ont été mises en œuvre. Les trois dernières sont actuellement traitées et seront appliquées dans les délais impartis. La mise en œuvre des IPSAS a permis à ONU Femmes d'introduire de nouvelles procédures pour encourager une gestion financière solide des actifs et des ressources.

J'ai également le plaisir d'annoncer qu'ONU Femmes a mis en place un comité de conseil indépendant en matière d'audit, qui s'est réuni pour la première fois le 25 octobre. Le comité est composé de cinq experts issus du monde universitaire, de l'ONU et de la société civile, et j'apprécie leurs conseils qui m'aident à assurer mes fonctions de contrôle.

ONU Femmes va encore renforcer ses dispositifs de responsabilisation et de transparence , en rendant prochainement publics les rapports d'audit internes, tout comme le PNUD, le FNUAP, l'UNICEF et l'UNOPS. Nous engageons également les membres du personnel à signaler toute activité frauduleuse, et nous avons mis en place une permanence téléphonique pour protéger les dénonciateurs.

Enfin, je suis heureuse d'annoncer qu'ONU Femmes est la 100ème organisation à publier des données à l'aide de l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide. Le public peut obtenir des informations sur les programmes que nous menons à bien dans les pays dans lesquels nous travaillons et sur la portée de notre action. Nous sommes fiers de faire partie de cette initiative pour la transparence de l'aide, destinée à encourager une prise de décisions avisée sur le travail de développement à l'international.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais maintenant présenter, à la demande du Conseil, les principes, critères et procédures qui guideront l'utilisation du revenu provenant du recouvrement des coûts, en prenant en compte les méthodologies et politiques adoptées par les autres agences, plus particulièrement l'UNICEF, le FNUAP et le PNUD.

ONU Femmes est désormais membre du groupe de travail interinstitutions, et nous sommes alignés sur l'approche de budget harmonisé. Les discussions et les ateliers interinstitutions sont bien avancés, et nous comptons présenter, avec les autres, une proposition sur le recouvrement des coûts lors de la première session du conseil d'administration en 2013. Nous présentons en outre une méthodologie pour calculer et conserver une réserve opérationnelle pour ONU Femmes, comme l'exige déjà le Règlement financier 19.2.

Cette réserve opérationnelle est nécessaire pour garantir la viabilité et l'intégrité financières d'ONU Femmes, et elle sera totalement financée et disponible en actifs liquides. Toute décision d'abaissement de cette réserve serait prise par moi-même en tant que Directrice exécutive, et un rapport complet au Conseil d'administration serait alors requis. Lors de cette session, nous pourrons exposer les détails techniques de notre approche, et je peux vous assurer que nous avons adopté une approche prudente pour faire en sorte de maintenir un niveau de liquidités suffisant.

Je suis également particulièrement heureuse de remarquer que cette session du Conseil d'administration sera la toute première à se tenir en utilisant l'écopublication PaperSmart. ONU Femmes a décidé de s'associer à l'initiative du Secrétaire général de l'ONU pour exploiter au mieux les ressources de l'organisation, réduire les coûts et notre empreinte environnementale et orienter le plus de ressources financières possibles vers des programmes sur l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes.

Je souhaiterais remercier la Plate-forme d'écopublication PaperSmart, une division du secrétariat de l'ONU qui a travaillé en étroite collaboration avec ONU Femmes et a été si efficace pour rendre possible un conseil d'administration ONU Femmes économe en papier.

Nous veillons également à faire des économies de papier avec nos cartes de vœux, que nous enverrons cette année par voie électronique.

Monsieur le Président,

Permettez-moi maintenant de commenter brièvement notre situation financière générale. Comme vous le savez, la mobilisation de ressources est une partie essentielle de la pérennité de notre organisation, et notre stratégie consiste à élargir et approfondir notre base de donateurs.

Malgré le climat défavorable lié à la crise économique et financière, nous faisons de notre mieux pour maintenir le niveau de l'année dernière par notre recherche de soutiens extérieurs, l'aide accrue de certains donateurs pour combler les écarts et la mobilisation du secteur privé et de bénévoles, notamment les fondations.

En 2011, nous sommes parvenus à réunir 227 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 80 % des ressources de base et de 60 % des autres ressources par rapport aux années précédentes. Cette année, nos prévisions nous amènent à un total de 233 millions de dollars, ce qui signifie que nous pouvons dépasser le montant de l'année dernière, même si nous n'atteignons toujours pas notre objectif de financement de 300 millions de dollars par an. Nous avons fait des progrès significatifs en matière de contributions non gouvernementales. Nous avons ainsi déjà largement dépassé notre objectif annuel de 3 millions de dollars en provenance du secteur privé et bénévole, et nous cherchons à établir de nouveaux partenariats avec ce secteur.

Toutefois, pour atteindre nos objectifs, il est nécessaire que vous, les États membres, honoriez vos engagements de façon urgente, et fassiez en sorte que nous puissions recevoir les fonds avant le 15 décembre, afin qu'ils puissent être comptabilisés en 2012. Il est également nécessaire que nous recevions de nouveaux engagements et que les États membres placent ce sujet en tête de leurs priorités et accélèrent leurs contributions en cette période décisive.

Le moment est venu d'investir dans les femmes.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais maintenant brièvement insister sur trois discussions en cours qui sont, selon moi, d'une importance cruciale pour permettre au système des Nations Unies d'obtenir des résultats en faveur des femmes et de l'égalité des sexes, et pour lesquelles nous comptons sur votre soutien appuyé pour avancer.

Ces trois discussions sont celles qui portent sur l'Examen quadriennal complet, le QCPR, pour la 57ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW) de mars 2013, et pour le suivi de Rio+20 concernant les objectifs de développement durable et le Programme de développement pour l'après-2015.

Comme vous le savez, les débats du QCPR sont déjà bien engagés. Nous comptons sur l'Assemblée générale pour souligner la valeur intrinsèque de l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes de façon élargie en matière de développement, et plus particulièrement dans les activités opérationnelles pour le développement du système des Nations Unies. Le rapport du Secrétaire général reconnaît le rôle et le mandat d'ONU Femmes dans le nouveau paysage du développement.

Nous espérons que l'Assemblée générale, par le biais du QCPR, exigera que l'utilisation d'instruments de programmation et de responsabilisation soit encouragée afin de permettre d'accroître l'efficacité et la cohérence du travail du système de l'ONU portant sur les questions de genre et de son obligation de rendre des comptes à ce sujet.

En ce qui concerne la prochaine CSW 57, le sujet prioritaire est la prévention et l'élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles. Nous nous préparons de façon très active en travaillant étroitement avec un groupe central de neuf entités de l'ONU, de gouvernements et de la société civile.

Nous organiserons prochainement une réunion des parties intéressées pour préparer la CSW 57, les 13 et 14 décembre 2012, avec la participation de plusieurs ministres, pour sensibiliser aux normes et engagements existants pour mettre un terme à la violence contre les femmes, identifier les domaines et sujets où le consensus doit être renforcé et pour conclure des alliances et rallier des soutiens. Je vous invite tous à assister à cette réunion. Nous comptons sur votre soutien pour faire en sorte que les conclusions de la CSW 57 encouragent fortement les mesures destinées à empêcher la violence envers les femmes et les filles et et à y réagir.

Enfin, ONU Femmes est toujours étroitement engagée auprès des États membres, du système de l'ONU et de la société civile dans le suivi de l'après Rio, en vue de la mise en place des objectifs en matière de développement durable et du Programme de développement pour l'après-2015. Nous travaillons étroitement avec les équipes de pays de l'ONU pour faire entendre la voix des femmes lors des consultations des pays. Nous contribuons activement aux équipes spéciales de l'ONU, en gérant avec l'UNICEF la consultation sur le thème des inégalités.

Nous nous engageons de façon active auprès de la société civile et nous soutenons et encourageons sa participation. Demain, nous conclurons la réunion d'un groupe d'experts ici à New York pour mettre en place le cadre conceptuel et les priorités pour l'égalité des sexes dans le calendrier de l'après 2015.

Nous vous demandons à tous, en tant que nos partenaires et amis parmi les États membres, de ne pas vous contenter de soutenir ONU Femmes, mais de vous ériger en défenseurs de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes. Travaillons ensemble pour faire en sorte que le système de l'ONU dans son ensemble obtienne des résultats pour les femmes et les filles, que les droits des femmes, notamment le droit à vivre sans violence, soient protégés, respectés et encouragés, et que l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes se trouvent au cœur du Programme de développement pour l'après-2015.

Je vous remercie à nouveau pour votre soutien actif à ONU Femmes et pour l'aide que vous apportez en vue de faire progresser l'égalité pour tous. Nous attendons avec impatience le jour où chaque personne pourra profiter des mêmes chances, de la même dignité et de la même liberté.

Merci de votre attention.