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Viet Nam: formation de femmes rurales à la préparation aux catastrophes

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Date: 16 February 2012

Le btiment de l'Union des femmes dans la province vietnamienne de Binh Dinh se retrouve baigné de musique, tandis que des chansons traditionnelles sur la province, les saisons, la pêche et l'agriculture se font entendre d'une salle à l'autre. Et pourtant, la vie célébrée par ces chansons est sérieusement menacée. On s'est réunis ici pour discuter de plans et d'actions visant à faire face aux catastrophes naturelles.

Le Viet Nam a été gravement touché par les changements climatiques, les inondations et les autres catastrophes naturelles devenant chaque année plus communes. Ces catastrophes se montrent particulièrement dévastatrices dans les parties rurales des provinces du Centre et du Sud, telles que Binh Dinh et Phu Yen; et depuis, celles-ci figurent également parmi les provinces les plus pauvres, les villageois d'ici étant particulièrement vulnérables.

Des femmes de Binh Dinh, au Viet Nam, discutent d'un plan d'action communautaire contre les catastrophes naturelles. ONU Femmes appuie la formation visant à renforcer le rôle des femmes dans la prévention des catastrophes (DDR) et la gestion de la prévention des catastrophes. (Photo: ONU Femmes /Krista Seddon.)

Des femmes de Binh Dinh, au Viet Nam, discutent d'un plan d'action communautaire contre les catastrophes naturelles. ONU Femmes appuie la formation visant à renforcer le rôle des femmes dans la prévention des catastrophes (DDR) et la gestion de la prévention des catastrophes. (Photo: ONU Femmes /Krista Seddon.)

Les projets de formation de Binh Dinh sont gérés par l'Union des femmes vietnamiennes depuis 2010, avec l'appui d'ONU Femmes, et aujourd'hui, 50 participants - femmes et hommes - mènent à bien la planification afin de préparer le mieux possible leurs villages et hameaux aux inondations. Tandis que les équipes se répartissent en groupes pour procéder à des discussions, le formateur demande à chacun d'examiner comment diverses catégories - telles que les hommes et les femmes, les jeunes et les personnes gées, ou ceux qui sont moins mobiles car malades, ou dans les dernières semaines de grossesse - peuvent être touchées de manières différentes.

Ce programme est le tout premier lancé par le pays pour examiner la question de la participation des femmes à la prévention des catastrophes, et la promouvoir. Comme le reconnaissent les participants, les femmes ont été pendant longtemps exclues de la prise de décisions dans le domaine de la vie communautaire, même si elles sont peut-être plus gravement touchées par les conditions environnementales extrêmes que les hommes. A titre d'exemple, bien que les femmes gèrent généralement les petits terrains agricoles de chaque famille en vue de dégager un revenu ou un moyen de subsistance, les titres de propriété sont généralement octroyés aux hommes. Cela signifie qu'au lendemain d'une catastrophe, de nombreuses femmes ne peuvent demander des fonds de reconstruction octroyés par l'Etat de manière indépendante. Elles ont également plus de risques de subir des dommages corporels pendant les inondations, car si on apprend à nager aux garçons à un ge précoce, c'est rarement le cas pour les filles.

Tanh, 48 ans, est agricultrice, et est responsable du groupe de l'Union des femmes de son village. Elle a quatre enfants et tente d'avoir des revenus complémentaires. Issue d'un village de 2.000 habitants, elle déclare que les catastrophes naturelles y tuent entre une et trois personnes chaque année. « Cette formation m'est très utile, dit-elle. J'ai une certaine connaissance de la préparation aux catastrophes, mais ce n'est pas systématique ».

Cette formation s'est en grande partie déroulée par le biais d'ateliers communautaires d'une journée - 40 ont été organisés l'an dernier - l'accent étant mis sur la préparation aux inondations et aux cyclones. Certaines sessions plus longues ont également eu lieu aux niveaux des districts et des provinces. Le projet a également permis d'introduire les thèmes de la gestion des catastrophes avant que les ateliers ne commencent, au moyen de techniques de sensibilisation créatives. En adaptant un modèle qui a fait ses preuves en Amérique latine, élaboré par la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, le projet a permis de sensibiliser de nombreux villageois aux questions relatives à la réduction des catastrophes dans le cadre de pièces radiophoniques spécialement réalisées à cette fin. Environ 80% des foyers possèdent des radios au Vietnam, et celles-ci sont particulièrement écoutées par les femmes.

Tanh estime qu'en donnant la parole aux femmes locales, la formation a déjà changé sa communauté pour le mieux. Grce au projet, par exemple, le Comité du peuple de la ville de Tuy Hoa City à Phu Yen a fait de l'Union des femmes un membre ordinaire du Comité central pour le contrôle des inondations et des tempêtes, le principal organe de prise de décisions concernant les catastrophes naturelles. L'envergure du projet pilote sera progressivement accrue au cours des quatre prochaines années, à Binh Dinh, Quang Binh, et Quang Tri, ainsi que dans d'autres parties de la région centrale et du Sud.

Avec le temps et grce à ces formations, les femmes comme Tanh deviennent plus confiantes dans les connaissances et les idées qu'elles peuvent apporter, aux niveaux local et politique. Et cela ne peut qu'être efficace pour assurer la sécurité de leurs communautés quand la saison des pluies arrive.