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Cambodge: les femmes séropositives prennent la parole

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Date: 05 April 2012

Bien qu'elle ne vive qu'à quelques heures de la capitale du Cambodge, Phnom Penh, Mom Ra, 30 ans, était très loin de se sentir aidée par l'Etat lorsqu'on a diagnostiqué sa séropositivité. Tout comme les autres femmes séropositives de son petit village, elle ne savait presque rien de sa maladie et avait reçu un diagnostic tardif, suite à de nombreux voyages coûteux pour rencontrer le docteur du village voisin et après que la maladie lui ait fait perdre un enfant. Comme de nombreuses femmes dans la même situation, explique-t-elle, elle a dû se battre pour trouver des informations sur les traitements et sur ses droits, et elle s'est retrouvée isolée en raison de la discrimination ouverte infligée par ses voisins.

Pourtant, en 2011, Mom Ra a trouvé s'est vu ouvrir de nouvelles possibilités et une notion de la solidarité lorsqu'elle est devenue l'une des 1.300 femmes à recevoir un don de 100 dollars américains ainsi qu'une formation pour l'aider à lancer une petite entreprise. Le projet est soutenu par le Fonds pour l'égalité des sexes d'ONU Femmes, dans le cadre de son programme visant à renforcer les opportunités de subsistance économiques des femmes à faible revenu et séropositives du pays.

Mom Ra, une femme cambodgienne vivant avec le VIH/sida, s'est vue ouvrir de nouvelles possibilités et une notion de la solidarité lorsqu'on lui a  accordé une subvention et une formation pour l'aider à lancer sa petite entreprise. (Photo: ONU Femmes /Debora Zamd.)

Mom Ra, une femme cambodgienne vivant avec le VIH/sida, s'est vue ouvrir de nouvelles possibilités et une notion de la solidarité lorsqu'on lui a accordé une subvention et une formation pour l'aider à lancer sa petite entreprise. (Photo: ONU Femmes /Debora Zamd.)

Bien que les taux de VIH/sida soient globalement en diminution au Cambodge, les taux d'infection des femmes ont augmenté au cours de la décennie passée ; plus de la moitié de tous les adultes vivant avec le VIH/sida sont des femmes. Ces dernières perdent souvent leur travail ou emploi à cause d'une santé déficiente ou de la discrimination, et pourtant, leurs dépenses de santé sont rédhibitoires. Au Cambodge, les médicaments antirétroviraux gratuits ne sont disponibles auprès des systèmes de santé publique qu'après une détérioration significative de la santé du patient. Et en raison du fait que beaucoup de femmes sont contaminées par leurs maris, celles-ci se retrouvent souvent veuves ou condamnées à prendre soin d'un époux malade tout en étant elles-mêmes en mauvaise santé. Cela oblige beaucoup de femmes à lutter, complètement abattues et incapables de participer à la vie publique et sociale.

Le programme s'étale sur deux ans dans 12 districts ruraux et est dirigé par deux organisations non gouvernementales - le « Cambodia Health Education Media Service » et le « Cambodian HIV/AIDS Education and Care » - qui travaillent avec les petites organisations communautaires telles que le « Takeo Women's Network » qui se trouve près de Mom Ra.

Aujourd'hui, Mom Ra présente avec fierté la ferme piscicole que son mari et elle ont construite derrière leur maison grce à l'argent de la subvention. Avec le profit de 40 dollars américains qu'elle a récemment obtenu, elle a acheté un poulet, diversifiant son entreprise vers la volaille. Dans le cadre du projet, ses pairs possèdent également de petites entreprises locales prospères, vendant des poulets ou gérant de petits étals alimentaires devant leurs maisons.

Pourtant, si les femmes rurales se félicitent des changements personnels qui ont pu avoir lieu grce à leurs nouvelles capacités économiques, elles ont également commencé à participer à la vie publique. Toutes ont assisté à des classes et à des forums de renforcement de leurs compétences au niveau du leadership, de la négociation et de la prise de parole avec les autorités locales, et Mom Ra s'est rendue pour la première fois l'an dernier à Phnom Penh, avec d'autres membres du réseau de femmes, en vue de participer à une réunion nationale sur le leadership des femmes.

Le voyage vers la capitale a eu un impact durable sur le groupe ; le fait d'écouter les femmes dirigeantes parler à cœur ouvert a décuplé leur courage. Comme l'explique Mom Ra, cela les a aidés à réaliser qu'elles n'ont pas seulement des droits, mais également une voix pour les exprimer, ainsi qu'une responsabilité en tant que femmes séropositives de veiller à ce qu'elle soit entendue.

Le Fonds pour l'égalité des sexes d'ONU Femmes travaille à promouvoir l'autonomisation des femmes et des filles au niveau mondial par le biais de subventions pluriannuelles à fort impact d'une valeur allant jusqu'à 1 million de dollars E.U., octroyées directement aux organisations de femmes et organisations gouvernementales qui s'engagent en faveur de l'égalité des sexes à travers la planète.