Un bénéficiaire du Fonds d’affectation spéciale de l’ONU honoré pour ses activités théâtrales en faveur du changement social

Date : 22 May 2012

La troupe d'art dramatique du Collectif de thétre Sistren après une représentation, lors de la Célébration de la Journée des femmes sud-africaines. Avec l'aimable autorisation de Sistren

Le Collectif de thétre Sistren, bénéficiaire du Fonds d'affectation des Nations Unies pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes, a été internationalement honoré par le Prix Otto Rene Castillo du thétre politique, décerné aux organisations qui « développent l'imagination sociale de l'humanité » dans le monde.

Fêtant ses 35 ans, l'organisation des femmes jamaïcaines a été reconnue pour le travail acharné qu'elle mène en faveur des changements sociaux et politiques par le biais de l'expression artistique. La cérémonie de remise des prix a été organisée à New York le 20 mai 2012, à la veille de la Journée internationale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement.

En Jamaïque, les femmes et les filles sont régulièrement victimes de violences dans les sphères tant publiques que privées. Sistren a depuis longtemps utilisé le thétre pour remettre en cause les rôles sexospécifiques et faire voler en éclats les stéréotypes assignés aux femmes et aux hommes, dans le but de mettre fin à la violence à l'égard des femmes dans le pays.

Le Collectif a travaillé parmi beaucoup des communautés les plus instables de Kingston, la capitale de la Jamaïque, où la violence au sein des communautés et entre partenaires intimes est généralisée. Avec l'appui du Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies, il a touché plus de 5 300 personnes, grce à des techniques de formation participatives. En combinant la mobilisation de la communauté, le renforcement des compétences et les arts de la scène, tels que le thétre de rue, Sistren a donné aux communautés les moyens de prendre des mesures contre la violence sexiste.

Les médias populaires, les normes socioculturelles et le folklore perpétuent la notion de l'homme physiquement et sexuellement agressif en Jamaïque. Grce à ses initiatives, Sistren travaille avec les hommes et les adolescents en vue de remettre en question et de redéfinir ces notions négatives. Il créé des espaces sûrs et de soutien par le biais du thétre, dans lesquels les participants sont encouragés à explorer des expressions alternatives de la virilité et de la féminité. Cela se fait par l'intermédiaire d'activités scolaires, mais également de « sessions de raisonnement au coin de la rue », qui font participer les hommes « à risques » à des discussions, dans des lieux de rendez-vous très fréquentés.

Ce Prix n'est pas la première récompense que Sistren reçoit pour son travail novateur. En 2010, l'organisation s'est vue décerner un Prix de la mobilité créative Puma pour son projet de thétre des rues « Tek it to dem & rise up wi community », également appuyé par le Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies. Le Prix a reconnu l'engagement de Sistren auprès des résidents de six communautés du quartier défavorisé de Kingston sur les questions de la violence sexiste. Il a fourni un financement permettant au responsable du projet de partager son travail avec d'autres dirigeants caribéens du milieu universitaire, du militantisme et des arts, lors de la conférence annuelle de 2010 de la Caribbean Studies Association (CSA).