ONU Femmes - Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

Des femmes autochtones travaillent ensemble et se font entendre

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Date: 08 August 2012

A Hmong hill tribe woman at work in Sin Chai, Viet Nam.

Une femme de la Tribu de Hmong Hill en plein travail à Sin Chai, au Viet Nam. (Crédit: Photo ONU /Kibae Park)

Martha Sanchez est née dans une maison d'adobe dans l'État montagneux de Guerrero au Mexique. Elle a été élevée par sa grand-mère, une « Amuzgo » autochtone et spécialiste de la médecine traditionnelle. Imprégnée de la culture de ses ancêtres, Martha a décidé qu'une fois adulte, elle consacrerait sa vie à la préserver.

Sur son chemin, elle a rencontré d'autres femmes issues de diverses communautés, et ensemble, elles ont commencé à tisser un réseau mondial. Le Forum international des femmes indigènes (FIMI) constitue aujourd'hui un vaste réseau qui couvre les Amériques, l'Afrique et l'Asie, promouvant les droits des femmes autochtones sur la scène internationale.

Depuis 2010, le Fonds pour l'égalité des sexes d'ONU Femmes s'est attaché à amplifier la voix des membres du FIMI dans les espaces de prise de décisions internationaux, dans le cadre d'un programme visant à renforcer les réseaux de mobilisation et les systèmes de gouvernance des femmes autochtones.

Par le biais d'ateliers de travail, ONU Femmes contribue à renforcer les types de compétences qui permettront aux femmes dirigeantes d'être plus influentes lors des manifestations et des forums, dans des domaines allant de la prise de parole en public aux négociations. Ces ateliers ont été de véritables pépinières de réseaux, permettant aux femmes du monde entier d'échanger leur savoir-faire et leurs expériences, et d'établir un agenda commun.

L'efficacité de ces formations est illustrée par l'accroissement de la visibilité du FIMI dans les récentes conférences internationales, telles que la Commission de la condition de la femme, l'Examen des objectifs du Millénaire pour le développement, et, surtout, au cours de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones. Cette instance fixe les priorités communes et met en exergue les préoccupations et les demandes des peuples autochtones du monde entier. Les membres y ont exercé de fortes pressions afin que les leurs préoccupations soient prises en compte dans les débats et dans l'agenda international.

La formation, et son utilisation dans le circuit mondial d'établissement de réseaux, a également contribué à renforcer le rôle des femmes autochtones au sein de leurs communautés, comme le note Mme Sanchez. « Ces alliances ont permis aux femmes de prendre conscience de leurs capacités et d'accroître leur estime de soi, en renforçant leur leadership » explique-t-elle.

Mariana Lopez, Coordonnatrice de programme du FIMI, admet que l'influence de ce Réseau n'est pas toujours aussi importante que souhaité, « compte tenu du fait que son mandat est mondial et couvre différentes réalités, langues et régions géographiques ». Pourtant, malgré son hétérogénéité, les femmes ont été en mesure d'identifier de nombreuses préoccupations communes et de faire pression pour qu'elles soient prises en compte, dans divers domaines tels que la prévalence de la violence à l'égard des femmes au sein des communautés indigènes ou les faibles niveaux de participation politique des femmes.

Le plaidoyer en faveur d'un principe ou d'une loi sur le « consentement préalable en toute connaissance de cause » a également été un sujet de rassemblement important pour ces femmes. Une fois que tous les développements ou activités impactant les territoires autochtones seront soumis à leur approbation, les femmes seront en mesure, par exemple, de réduire la violence sexiste qui accompagne souvent l'évolution de la situation militaire, et de permettre à la communauté de reprendre le contrôle sur sa santé et ses droits fonciers.

Le Fonds pour l'égalité des sexes travaille à autonomiser les femmes et les filles autour du monde par le biais de subventions et de dons pluriannuels à fort impact, d'un montant allant jusqu'à 1 million de dollars, fournis directement aux organisations de femmes et aux agences gouvernementales engagées en faveur de l'égalité des sexes.