Le Kenya prend des mesures pour renforcer la présence des femmes au sein de sa force de police et pour améliorer leur environnement de travail

Date : 19 September 2012

An administration police officer instructs other women officers at the Kenya Commercial Bank training centre in Karen, Nairobi on 3 August 2012. Photo credit: UN Women/Mohammed Duba

Pour dynamiser et autonomiser les femmes au sein de son système sécuritaire et juridique, le Kenya établit une association de femmes agents de police pour promouvoir leur rôle au niveau de l'application de la loi et de la réforme de la sécurité. L'Association des femmes de la police sera une plateforme grce à laquelle les policières pourront renforcer leurs compétences en matière de leadership, s'appuyer mutuellement et promouvoir des politiques et pratiques sensibles au genre.

Si les données ventilées par sexe sur la composition des forces de police kenyanes ne sont pas accessibles publiquement, on estime que les femmes ne constituent à l'heure actuelle que 11 pour cent des 73.000 membres de la police kenyane. La Constitution du Kenya exige pourtant un équilibre, requérant qu'un sexe ne soit pas représenté à plus des deux-tiers dans un quelconque organe gouvernemental.

La création de l'association intervient dans le contexte de réformes de grande portée sur le plan de la sécurité au sein des forces de police ainsi que de la finalisation d'un Plan d'action national pour l'application de la Résolution du Conseil de sécurité 1325 des Nations Unies. La résolution, adoptée en l'an 2000, est la première à établir un lien entre l'expérience des femmes pendant les conflits et l'agenda de la paix et de la sécurité internationales, et appelle à la pleine participation des femmes à tous les aspects du règlement des conflits et de la consolidation de la paix.

Selon les hauts-fonctionnaires, l'association proposée est un forum professionnel visant à assurer aux femmes un environnement qui leur est favorable, et permettra aux femmes agents de police de progresser dans leur travail. « Les femmes sont sous-représentées dans la police nationale. Nous devons changer cette situation. Nous sommes en train de réformer les institutions policières, en assurant des installations additionnelles aux femmes stagiaires au sein du Lycée de formation nationale de la police de Kiganjo. Les femmes peuvent gérer des opérations policières difficiles tout comme les hommes. Il est donc contradictoire que les femmes soient les mères de la nation mais que nous leur soyons dans le même temps hostiles » indique King'ori Mwangi, Commissaire de police adjoint et Directeur adjoint des Réformes de la police.

La nouvelle association est chaleureusement accueillie par beaucoup, et il lui est instamment demandé d'assumer un rôle leader dans l'application du Plan d'action national lancé en vertu de la Résolution 1325. « La résolution nous donne une bonne opportunité de travailler à la paix et à la sécurité en faveur des femmes dans le pays. C'est l'occasion ou jamais, saisissez-là pour le plus grand bénéfice de votre pays. Nous apprécions le travail que vous réalisez pour assurer la sécurité de notre population » indique un haut-fonctionnaire de l'administration.

Une femme agent de police expérimentée fait partager les expériences tirées de son travail pendant une formation. Crédit photo : ONU Femmes /Mohammed Duba

Au cours de l'événement organisé à l'occasion de la création de l'association, la Directrice de pays d'ONU Femmes au Kenya, Zebib Kavuma, s'est montrée fière du partenariat entre ONU Femmes et la police kenyane, qui a débuté par la mise en place du Comité d'application de la réforme des forces de police en 2010. Elle a noté que le chemin, émaillé de nombreux événements qui feront date, a été enthousiasmant et fécond, ayant notamment vu la participation de la toute première délégation officielle de femmes kenyanes agents de police au cours d'une conférence internationale sur les femmes appartenant aux forces de police, aux États-Unis.