World Environment Day

En utilisant les technologies vertes pour protéger leurs récoltes, les femmes des Caraïbes se débrouillent par elles-mêmes

Grâce à des ateliers, les agricultrices de la Barbade, de la Grenade et de la Jamaïque améliorent leurs connaissances des techniques de l’agriculture durable, garantissant ainsi leurs moyens de subsistance.

Date : 04 June 2014

Caribbean farmer uses water management system
Une agricultrice utilise de nouvelles techniques de gestion des eaux en Jamaïque. Photo utilisée avec l’aimable permission de la ONG The Competitiveness Company, en Guy’s Hill, Jamaïque.

Souvent complètement dépendantes des pluies pour l’irrigation de leurs cultures, luttant contre des périodes de sécheresse de plus en plus longues et des averses violentes quand la pluie finit par arriver, les agricultrices des Caraïbes cherchent des méthodes de culture plus durables.  

Avec le soutien d’ONU Femmes, le CPDC (Centre des Caraïbes pour la formulation de politiques) a dirigé un projet axé sur le rôle des productrices agricoles dans le développement durable des Caraïbes. Mis en œuvre à la Barbade, à la Grenade et à la Jamaïque, le projet vise à donner aux femmes davantage d’accès aux ressources.

Les femmes cultivent notamment la pomme de terre, les champignons biologiques, la fraise, ainsi que des légumes et d’autres fruits pour la fabrication de jus, de sauces piquantes et de fruits secs. Elles vendent leurs produits au marché de leur village, et aux touristes.

« Dès que j’ai commencé à cultiver le champignon, j’ai pu nourrir ma famille. Pour le moment, je vends surtout aux hôtels », dit Theresia Msacky, 52 ans, sur l’île de la Grenade. 

Pour beaucoup de femmes, l’agriculture est le seul revenu, surtout quand elles ont des enfants encore à l’école.

Grâce aux ateliers sur l’évolution de l’économie verte – une démarche qui entraînera un plus grand bien-être pour la population et qui réduira les inégalités sans exposer les générations futures ni à d’importants risques environnementaux ni à des pénuries d’ordre écologique – les femmes apprennent à utiliser des méthodes pour une agriculture plus durable qui leur assurera un moyen plus stable et plus fiable de gagner leur vie.

Theresia dit que les ateliers lui ont enseigné la valeur et l’importance de la protection de l’environnement pour ses propres moyens de subsistance. Elle a appris des choses sur la conservation de l’eau et sur la récupération de l’eau de pluie.

« On nous a appris l’importance de la rotation des cultures », explique-t-elle, « ne pas planter une zone entière toujours avec la même culture, mais faire une rotation des zones… et utiliser des produits naturels dans l’environnement pour conserver la teneur en eau et augmenter la fertilité du sol. Désormais, j’utilise aussi des barrières naturelles comme la citronnelle pour éliminer les nuisibles ».

En Jamaïque, dans la paroisse de Saint Mary au nord-est de l’île, l’Association des agriculteurs de la ville de Jeffrey, qui compte 40 membres dont la moitié sont des femmes, se sert de l’énergie renouvelable pour alimenter une station de radio. Celle-ci diffuse des informations sur les pratiques de l’agriculture durable à l’intention des 3 000 habitants vivant sur les collines.   

Romae Ormsby, l’une des responsables, a expliqué que les femmes ont pu partager leurs expériences sur la façon de lutter contre les glissements de terrain. Elle a ajouté que l’atelier du CPDC leur a aussi procuré des connaissances précieuses sur la façon d’augmenter la production de fraises en les cultivant sous serre. Actuellement, les femmes produisent et vendent aussi une friandise à base de noix de coco.

« Nous sommes en train d’essayer d’obtenir un plus grand bâtiment ; nous voulons développer notre capacité de production », dit Romae. « Nous essayons aussi de produire de la farine à partir du fruit à pain [un arbre fruitier tropical], pour que les femmes puissent nourrir leurs enfants, se développer, et cela peut être une source d’emplois ».

Dix-huit femmes ont obtenu l’accès à l’irrigation grâce à un autre projet – soutenu par ONU Femmes – venant d’une organisation non gouvernementale (The Competitiveness Company - L’entreprise pour la compétitivité), qui est active dans la commune de Guys Hill de la paroisse Sainte-Catherine, en Jamaïque. En outre, ces femmes ont été entraînées à utiliser des technologies permettant d’améliorer l’irrigation et d’autres stratégies de gestion de l’eau. Compte tenu d’un régime des précipitations qui limite les récoltes et de l’emplacement des fermes sur des versants de colline escarpés, les agricultrices sont désormais mieux équipées pour atténuer les effets des inondations, de l’érosion des sols et des glissements de terrain, et utilisent les pratiques agricoles qui sont les meilleures pour leur environnement.

« Les discussions et la mise en commun des expériences (au cours du stage du CPDC) ont démontré aux femmes la valeur de leur travail », dit Hilda Vaughn, l’une des représentantes de The Competitiveness Company auprès du collectif des 18 femmes à Guys Hill. « Les femmes ont vu ce que d’autres comme elles-mêmes arrivaient à obtenir en employant de nouvelles technologies », comme la culture sous serre, l’énergie solaire et la récupération de l’eau de pluie. Les femmes se sont aussi vues rappeler la valeur des méthodes traditionnelles de culture comme les cultures intercalaires – qui utilisent des cultures repoussant les insectes et sont mélangées avec les cultures principales, pour réduire le coût des pesticides.

« Dans les Caraïbes, les jeunes femmes réussissent mieux que les jeunes hommes dans leurs études aux niveaux secondaire et supérieur, et pourtant quand il s’agit de participation active au marché du travail et d’autonomisation économique, les femmes sont le plus souvent sans emploi, sous-employées ou pauvres », dit Christine Arab, représentante d’ONU Femmes pour la région des Caraïbes. « ONU Femmes estime que les moyens de subsistance des femmes seront assurés par le biais d’un soutien aux ONG locales dans leur action pour combler la disparité entre les genres dans les domaines de l’enseignement agricole, des investissements dans les infrastructures, et d’une meilleure compréhension de la législation et des services favorisant la sécurité de la femme chez elle et dans les lieux publics. Tous ces éléments renforceront la résilience des communautés locales face aux défis économiques auxquels sont confrontées les Caraïbes ».

Pour plus d’informations sur les Femmes et l’environnement, consultez les articles figurant dans la section Gros Plan du nouveau site Internet de la campagne Beijing+20.