Déclaration d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin)

Date : vendredi 17 juin 2016

 Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, notre attention se porte sur le nombre sans précédent de personnes arrachées à leur foyer, soit quelque 60 millions de personnes déplacées dans le monde. Il est fondamental que, dans notre réponse à cette crise, nous tenions compte des besoins spécifiques des femmes et des filles réfugiées, et que nous leur donnions des moyens durables d’assurer leur autonomisation.

Souvent, dans un tel contexte d’urgence, les structures de protection traditionnelles disparaissent, mettant particulièrement en danger les droits fondamentaux des femmes et des filles. Elles sont fréquemment les cibles explicites de violences et d’asservissement par des groupes extrémistes. Selon les estimations, dans les contextes humanitaires difficiles, une femme déplacée sur cinq a été victime de violences sexuelles. Ce nombre est probablement sous-estimé, compte tenu des obstacles structurels et culturels à la dénonciation de ces incidents rencontrés dans de nombreuses parties du monde.

Les femmes et les filles se voient souvent refuser un accès équitable aux services de santé essentiels et aux possibilités d’éducation. Dans les pays touchés par des conflits, la probabilité qu’une fille n’aille pas à l’école est 2,5 fois plus élevée, et des études montrent qu’en situation de déplacement, les possibilités d’éducation auxquelles les filles ont accès sont moins nombreuses que pour les garçons. Étant donné que les services de santé sont souvent absents ou débordés, le droit des femmes et des filles à recevoir des soins de santé sexuelle et reproductive de base est souvent bafoué ; 60 pour cent des décès maternels évitables ont lieu dans des situations de conflit, de déplacement ou de catastrophe naturelle.

Les opportunités économiques permettant aux femmes réfugiées de développer leurs moyens de subsistance sont peu développées et généralement limitées à des emplois informels non qualifiés et peu payés, auxquels s’ajoute le fardeau des tâches ménagères non rémunérées. Les femmes réfugiées se trouvent davantage exposées à des situations où la seule option est d’avoir recours à des rapports sexuels transactionnels.

L’action humanitaire doit de toute urgence veiller à ce que les femmes et les filles réfugiées aient accès à des corridors migratoires sécurisés, à des espaces protégés et à une aide lorsqu’elles arrivent dans un pays hôte, de même qu’à des ressources et des services pour les aider à reconstruire leur vie après-conflit dans un environnement exempt de violence et de pauvreté. Les femmes et les filles réfugiées ont une capacité de résilience incroyable et le potentiel de devenir d’importantes agentes du changement. Elles jouent un rôle essentiel dans la préparation et la réponse aux crises, et leur leadership dans les processus de prise de décision est crucial pour instaurer une paix et une stabilité durables.

ONU Femmes reste engagée dans la promotion des droits fondamentaux des femmes et des filles déplacées, et veille à ce que leurs témoignages soient pris en compte au plus haut niveau. Le 19 septembre 2016, l’ONU organisera une session plénière de haut niveau de l’Assemblée générale à New York pour discuter des mouvements migratoires de grande ampleur. ONU Femmes œuvre aux côtés des autres entités de l’ONU pour aider les États membres à faire en sorte que les résultats de cette rencontre posent les jalons d’une meilleure protection des droits fondamentaux des femmes et des filles dans les camps de réfugiées et réfugiés et dans les communautés hôtes, et leur permettent d’assurer leur autonomisation grâce à leurs capacités de résilience et de leadership. 

Les sources des statistiques citées sont disponibles ici.

Les femmes et l'action humanitaire

Le 19 août de cette année, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, l’Organisation des Nations Unies et ses partenaires plaident en faveur de la protection des civils, des travailleuses et travailleurs humanitaires et tous ceux qui sont touchés par un conflit. Et aussi

Où je me tiens
Zaad Al-khair. Photo: UN Women/Christopher Herwig

Zaad Al-khair

« Le jour où j’ai fui vers la Jordanie, il y avait des bombardements intensifs dans mon quartier. Des bombes tombaient près de notre maison. C’était très dangereux. Nous n’avions pas d’autre choix que de prendre la fuite...»

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