Autonomisation des travailleuses domestiques au Cambodge grâce à la technologie de l’information

Des recherches montrent que les travailleuses domestiques au Cambodge ont besoin d’être informées sur les services de santé physique et mentale disponibles et de pouvoir y accéder. Une nouvelle technologie soutenue par ONU Femmes les autonomise en vue de mener une vie plus saine.

Date : mercredi 14 septembre 2016

 

Samen Phalla est à présent mieux informée de ses droits et des services auxquels elle peut accéder.  Crédit photo : Lisa Taïeb

Samen Phalla est à présent mieux informée de ses droits et des services auxquels elle peut accéder. Crédit photo : Lisa Taïeb

« Si nous avons un problème de santé et nous ne savons pas de quoi il s’agit ou ce que nous devons faire, nous pouvons désormais appeler le service d’aide téléphonique, » précise Samen Phalla, travailleuse domestique de 44 ans et responsable d’équipe du Réseau cambodgien des travailleuses domestiques. Née dans la province de Svay Rieng, Phalla s’est rendue à Phnom Penh à l’âge de 16 ans en tant que travailleuse domestique. « Le travail d’une travailleuse domestique est éprouvant physiquement, » déclare Phalla. Elle nettoie trois maisons différentes presque tous les jours. « Pour obtenir un salaire décent, nous devons beaucoup travailler, mais cela ne me dérange pas, » sourit-elle.

Phalla a passé sa dernière visite médicale en 2007. « Le docteur m’avait dit de prendre certains médicaments pour mes maux de tête, mes courbatures et mes troubles du sommeil, mais je ne l’ai pas fait. Je n’avais pas l’argent et je ne savais pas comment obtenir ces médicaments, » explique-t-elle.

Les travailleuses domestiques ne sont pas protégées par le code du travail cambodgien en matière de sécurité sur le lieu de travail et de soins de santé. D’ailleurs, le travail domestique est souvent perçu comme une forme de servitude. Aujourd’hui, grâce à la technologie et au service de reconnaissance vocale interactive (RVI), mis en place avec l’appui d’ONU Femmes, les travailleuses domestiques peuvent appeler un numéro gratuit depuis leur téléphone portable ou leur Smartphone et se connecter à une base de données qui leur fournit des informations faciles à utiliser sur les services de santé disponibles. Ce service propose également des renseignements sur les lois nationales relatives à la violence domestique et sur le lieu de travail, ainsi que sur la marche à suivre pour accéder à des services d’aide et d’assistance juridique. 

Il y a quelques semaines, Phalla a vu plusieurs spécialistes qui ont soigné ses problèmes de santé et qui lui ont aussi donné des renseignements en matière de santé reproductive.  « Je suis à présent en bonne santé et je n’ai plus de maux de tête, » a déclaré Phalla, reconnaissante de pouvoir profiter au mieux des moments passés avec sa famille.

« J’étais souvent très stressée et je souffrais de maux de tête aigus. Je ne savais pas comment me soigner ni où obtenir de l’aide, » précise Chenda, travailleuse domestique de 50 ans de la province de Kampong Cham. Elle a commencé à travailler comme travailleuse domestique à Phnom Penh après son divorce et, à ce jour, elle a déjà eu six employeurs. Grâce à la RVI, Chenda a pu trouver des services de santé appropriés et elle connaît davantage ses droits. Ses maux de tête ont disparu et elle est plus heureuse. 

Les migrantes, des zones rurales aux zones urbaines, représentent une proportion significative des travailleuses domestiques du Cambodge. Un rapport publié par ONU Femmes en 2015, « Out from behind closed doors: A study on domestic workers in Cambodia », a mis en évidence leur vulnérabilité face à la violence et à l’exploitation, ainsi que la nécessité de s’efforcer à fournir les informations de santé appropriées aux travailleuses domestiques.

 « La technologie RVI vise à combler un manque de connaissances chez les travailleuses domestiques, » a déclaré M. Socheath Heng, directeur du programme à ONU Femmes. « L’accès aux services est très important mais les femmes doivent aussi être en mesure de pouvoir facilement accéder aux informations relatives à ces services. La technologie RVI permet de le faire, » a expliqué M. Heng. 

Cette technologie RVI a été développée en partenariat avec l’organisation cambodgienne, Open Institute, dans le cadre du projet d’ONU Femmes pour l’Asie et le Pacifique, « Preventing the exploitation of women migrants workers in the ASEAN region », mis en œuvre sur la période 2015-2017 et financé par le gouvernement australien. Le service de RVI est disponible en khmer et accessible localement en composant le 070-221-148.