Où je me tiens : Edna Valdez

Date : mercredi 14 septembre 2016

Edna Valdez. Photo: UN Women/Norman Gorecho
Photo: ONU Femmes/Norman Gorecho
Quote

Je me suis rendue à Hong-Kong en tant que travailleuse domestique en 1996. Je travaillais plus d’heures que le nombre stipulé dans mon contrat, et je ne pouvais pas prendre de congés. Quand je me suis plainte, mon employeur m’a dit que je ne pourrais bénéficier de ces avantages qu’au bout de deux ans. Au cours de ma troisième année, alors que je pouvais enfin en bénéficier, il m’a renvoyée car, apparemment, leur enfant s’attachait trop à moi.

Peu de temps après, je suis rentrée chez moi dans la province de La Union. Je me suis jointe à l’organisation Bannuar Ti La Union (« Héros de La Union ») et j’ai commencé à travailler pour défendre les droits des femmes migrantes.

Les travailleuses migrantes ne connaissent pas leurs droits, et c’est là leur principal problème. Même quand des lois et des services sont en place, elles ne savent pas comment faire valoir leurs droits ou obtenir de l’aide. C’est pourquoi nous faisons constamment pression sur le gouvernement local pour que des guichets consacrés aux migrants soient installés dans chaque bureau municipal, en conformité avec la loi nationale, de façon à permettre aux migrants et à leur famille de pouvoir s’informer et obtenir de l’aide.

Dans le cadre de l’organisation Bannuar, j’ai aidé une femme à qui l’on avait promis un poste de travailleuse domestique à Hong-Kong. Quand elle est arrivée à Hong-Kong, on l’a déshabillée avant de la jeter dans une caisse de chargement – comme un poulet dans une boîte avec des trous pour respirer – et elle a été déportée au Liban pour être exploitée sexuellement. Mais elle a réussi à s’enfuir et l’ambassade a facilité son retour. Bannuar lui a apporté un soutien psychologique et lui a permis de suivre des formations sur les moyens de subsistance. Elle a ainsi pu refaire sa vie.

Avant de partir, les femmes doivent être correctement informées de leurs droits et des risques que comporte une migration. Celles qui reviennent, surtout celles qui ont été victimes d’abus, ont besoin d’une aide à la réinsertion pour reprendre leur vie en main. Les opportunités économiques ne suffisent pas à elles seules.


ODD 8 : Travail décent et croissance économique

Edna Valdez, âgée de 58 ans, a été élue présidente de l’organisation Bannuar Ti La Union qui œuvre pour la protection des droits des migrantes dans la province de La Union aux Philippines, peu après en être devenue membre en 2000. Bannuar travaille en étroite collaboration avec le partenaire d’ONU Femmes, le Centre pour le plaidoyer des droits des migrantes et migrants (CMA - Center for Migrant Advocacy), dans le cadre d’un projet sur l’immigration mené aux Philippines, au Mexique et en Moldavie financé par l’Union européenne. Mme Valdez travaille au bureau de Bannuar à San Fernando, dans la province de La Union. Elle traite les demandes des migrantes et de leur famille qui s’y présentent, et elle les oriente vers les agences gouvernementales appropriées pour obtenir de l’aide et accéder à divers services. Elle dispense également des formations sur les droits des travailleuses et travailleurs immigrés, des risques du recrutement illégal et de la traite des personnes, ainsi que sur l’accès à divers services. Son travail contribue à la réalisation de l’Objectif de développement durable n° 8 qui promeut l’emploi productif et un travail décent pour toutes et tous, et de sa cible consacrée à la protection des droits du travail et la promotion de lieux de travail sûrs pour tous les travailleurs, notamment les travailleuses migrantes.

Lisez plus d'histoires de la série éditoriale « Où je me tiens ».