ONU Femmes - Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

Fonds d’affectation spéciale de l’ONU – Bénéficiaires

(Cycles de subventions précédents)

16ème cycle (2011-12)

En 2011, le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a lancé son 16ème appel à la soumission de propositions visant à appuyer l’application de lois, de politiques et de plans d’action afin de mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles. Cet appel a inclus un volet thématique destiné à lutter contre la violence à l’encontre des femmes en période de conflit, après les conflits et en période de transition. Un total de 2 210 documents de réflexion ont été reçus avec des demandes s’élevant à un total de 1,1 milliard de dollars. Suite à un processus d’examen approfondi et rigoureux, le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU a octroyé plus de 8 millions de dollars à 12 initiatives dans 18 pays.

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Asie et Pacifique (2) | Europe et Asie centrale (2) | Transrégional (2)

Remerciements :

Le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU remercie les États Membres de l’ONU et les autres donateurs de leurs contributions. Les gouvernements qui ont contribué au 16ème cycle d’octroi de subventions comprennent l’Australie, l’Autriche, le Bahreïn, la Finlande, l’Allemagne, l’Islande, le Honduras, l’Irlande, Israël, le Kazakhstan, le Koweït, le Liechtenstein, le Luxembourg, Monaco, le Maroc, les Pays-Bas, Oman, le Pakistan, l’Afrique du Sud, la Suisse et les États-Unis d’Amérique.

Le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU a également bénéficié de l’appui du secteur privé, des organisations non gouvernementales et des donateurs individuels. Les contributeurs comprennent Johnson & Johnson, M*A*C AIDS Fund, la Fondation de l’ONU, le United Nations Federal Credit Union, la Fédération pour la paix universelle, Zonta International et Zonta International Foundation, et les Comités nationaux d’ONU Femmes en Autriche, en Finlande, en Islande, au Japon et au Royaume-Uni.

Afrique

Institut du Cap-Vert pour l’avancement de l’égalité des sexes
Cap-Vert
Nom du projet :« Programme pour l’application de la loi spéciale sur la violence basée sur le genre »
Description : D’après le sondage sur la santé démographique du Cap-Vert, une femme sur cinq a subi des violences conjugales dans ce pays, neuf pour cent d’entre elles ayant subi des violences physiques. En janvier 2011, grâce aux efforts soutenus de sensibilisation des organisations de la société civile, la loi sur la violence basée sur le genre a enfin été promulguée.

L’Institut du Cap-Vert pour l’avancement de l’égalité des sexes, l’entité nationale responsable de l’intégration d’une perspective de genre dans les politiques et plans nationaux du pays, a joué un rôle crucial à l’appui de la promulgation de cette Loi. L’Institut va maintenant jouer un rôle moteur dans son application, dans le cadre du programme d’action national pour l’égalité des sexes (2012-2016). Le projet va se concentrer sur trois domaines liés à la prévention de la violence et à l’action face à la violence : (i) limiter la tolérance de la violence en utilisant l’information, l’éducation et les communications pour parvenir à faire évoluer les comportements en ciblant les écoles, les groupes d’hommes et les médias ; (ii) améliorer le système d’orientations multisectoriel existant en créant dix « centres d’appui aux victimes » dans tout le pays ; et (iii) renforcer les capacités institutionnelles du gouvernement et des organisations de la société civile aux fins de la mise en œuvre, des interventions et du suivi des plans et mesures pour lutter contre la violence contre les femmes. L’Institut travaillera en étroite collaboration avec les principaux réseaux de femmes dans le pays pour atteindre les objectifs fixés par le projet, tirant parti d’un partenariat qui s’est révélé extrêmement efficace aux fins de l’approbation de la Loi sur la violence basée sur le genre.

Concern Worldwide
Malawi
Nom du projet : « Mettre fin à la violence basée sur le genre en milieu scolaire au Malawi »
Description : La violence basée sur le genre en milieu scolaire demeure élevée au Malawi, plus de 65 pourcent des filles ayant subi une forme ou une autre de maltraitance et seulement 45 pourcent d’entre elles fréquentant l’école du primaire au collège. La violence basée sur le genre en milieu scolaire au Malawi se manifeste par des viols, des attouchements sexuels contraints ou des commentaires injurieux, des punitions corporelles, des intimidations et le harcèlement verbal. Cette violence est ancrée dans les inégalités sexuelles et des rapports de forces inégaux entre les adultes et les enfants, les hommes et les femmes. Le projet proposé luttera contre ce phénomène, en promouvant un accès égal à une éducation primaire de qualité pour les filles et pour les enfants à risque dans 25 écoles du district de Nsanje au Malawi.

En partenariat avec les ONG locales et les agences de gouvernement, y compris le Ministère de l’éducation, du bien-être social, et la police, Concern Worldwide (« Préoccupations dans le Monde ») autonomisera les enfants, les jeunes et les enseignants pour mettre fin à la violence scolaire à l’égard des filles tout en renforçant les capacités des structures chargées de faire respecter les lois aux niveaux de la communauté, du district et du pays pour remédier à ces maltraitances. Le projet vise à créer un environnement d’apprentissage sûr pour les filles fréquentant les écoles primaires du district de Nsanje en veillant à ce que des mécanismes de sensibilisation, de prévention et d’intervention efficaces soient mis en place tout en améliorant les capacités nationales pour réduire considérablement la violence basée sur le genre en milieu scolaire. Puisant dans l’apprentissage dispensé par les programmes éducatifs mondiaux de Concern Worldwide, cette initiative propose d’introduire de nouvelles approches en vue d’institutionnaliser les bonnes pratiques en matière de protection de l’enfance et de discipline positive, en mettant l’accent sur les changements comportementaux des élèves, des enseignants et des communautés au sens large pour que les effets soient durables.

Amériques et Caraïbes

Le Département des femmes du Belize
Belize
Nom du projet : « Application du plan d’action national de lutte contre la violence basée sur le genre »
Description : Le plan d’action national de lutte contre la violence basée sur le genre du Belize (2010-2013) a été le premier plan des Caraïbes à être approuvé au niveau politique le plus élevé et adopté par le Cabinet dans le cadre de la politique gouvernementale nationale. Malgré cet engagement politique sans précédent, des ressources supplémentaires font cruellement défaut pour accélérer l’application de ce plan et veiller à ce que ses objectifs sur une durée de quatre ans soient atteints.

En mettant l’accent sur l’élaboration des politiques, le développement de capacités et une collaboration étroite entre les agences gouvernementales, le Département des femmes du Belize dirigera les efforts visant à l’application du Plan d’action national de lutte contre la violence basée sur le genre. Ce projet accordera la priorité à la prévention à l’école primaire en s’attaquant aux causes profondes de la violence à l’encontre des femmes grâce à l’élaboration d’un curriculum scolaire spécialisé et la participation des enseignants considérés comme des alliés. Le projet aborde aussi la nécessité impérieuse de fournir des informations sur les occurrences, la fréquence et la gravité de la violence basée sur le genre en coopération avec l’Institut national des statistiques, en apportant un appui crucial aux systèmes de collecte de renseignements existants au sein du Département de la police et du Ministère de la santé. Le Département des femmes est le mécanisme national de défense des femmes et le coordonnateur des interventions au Belize en matière de violence à l’égard des femmes. Guidé par son approche multisectorielle, le Département travaillera en étroite collaboration avec les points focaux pour les questions d’égalité des sexes des Ministères responsables de l’application du suivi du plan d’action. Il coordonnera aussi les actions avec le Comité national contre la violence basée sur le genre, un organe consultatif chargé de l’application du plan national, qui regroupe des représentants des départements et des ministères du secteur public concerné, des organes statutaires, des groupes de la société civile et des bureaux de pays de l’ONU.

Limyè Lavi
Haïti
Nom du projet : « Repenser le pouvoir : prévention et interventions au niveau communautaire pour lutter contre la violence à l’égard des femmes en Haïti »
Description : La violence contre les femmes et les filles est courante en Haïti. Même avant le séisme dévastateur survenu en janvier 2010, les recherches indiquaient qu’une Haïtienne sur trois avait été victime d’une certaine forme de violence basée sur le genre. De nombreuses femmes ne sont pas en mesure de négocier des relations sexuelles sans danger avec leur partenaire, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles (MST), y compris le VIH/sida. Aujourd’hui, le taux de VIH/sida en Haïti est le plus élevé des Caraïbes, avec près de 120 000 personnes ayant eu un résultat positif au test de dépistage du VIH. Les Haïtiennes âgées de 15 à 24 ans risquent deux fois plus d’être infectées que leurs homologues masculins.

Des années de plaidoyer de la part du mouvement des femmes haïtiennes ont permis l’adoption d’un certain nombre de lois, de politiques et de plans luttant contre la violence à l’égard des femmes et des filles. Toutefois, la prévalence des normes sociales qui acceptent ou encouragent la violence entrave l’application efficace de ces lois. Une étude sur un projet politique réalisée en 2004 a conclu que 80 pourcent des hommes haïtiens considèrent que la violence à l’égard des femmes est justifiée dans les cas de « manque de respect, de déshonneur, de désobéissance ou de dépenses excessives. » Bien que ces comportements soient en train d’évoluer, ils restent courants parmi la population générale et certains responsables chargés d’aider les survivants.

S’inspirant de l’expérience du bénéficiaire du Fonds d’affectation spéciale de l’ONU, le projet, Raising Voices (Se Faire Entendre), adaptera la méthode fructueuse « SASA! » axée sur la mobilisation communautaire provenant de l’Ouganda à la commune de Jacmel en Haïti. En impliquant efficacement un grand nombre de membres de la communauté aux discussions cruciales sur le pouvoir, la violence et le VIH/sida, Limyè Lavi et son partenaire de mise en œuvre, Beyond Borders (Au-delà des Frontières), s’emploiera à faire évoluer les comportements négatifs en matière de violence contre les femmes et de VIH/sida. Le projet mobilisera les communautés en encadrant et en formant des activistes, des chefs religieux au niveau de la communauté, des responsables du gouvernement local, des journalistes, des hommes et des femmes et des jeunes au sein des communautés ciblées. L’organisation propose également de renforcer les capacités de trois autres ONG pour reproduire cette intervention dans leurs zones de projet dans le cadre d’un effort visant à prévenir la violence contre les femmes et les filles et à appuyer les survivantes dans tout le pays.

DEMUS- Recherche aux fins de la défense des droits des femmes
Pérou
Nom du projet : « Contribuer à édifier un système judiciaire qui poursuit, sanctionne les violences sexuelles et prévoit des recours »
Description : Les survivantes de violences sexuelles au Pérou se heurtent à un système judiciaire qui a intégré de manière précaire des questions de genre, de droits de l’homme et de race dans ses politiques institutionnelles et ses procédures judiciaires. Les mesures adoptées pour lutter contre la discrimination sexuelle, prévenir une double victimisation et offrir des services spécialisés aux survivantes de violences sexuelles ont été rares et insuffisamment mises en œuvre.

Le programme proposé s’emploie à mettre fin à l’impunité en cas de crimes sexuels graves en donnant aux femmes accès à la justice grâce à une mise en œuvre améliorée du nouveau Code de procédure pénale péruvien. DEMUS influencera et renforcera la capacités des acteurs judiciaires responsables de l’émission des ordonnances de protection et des recours pour les victimes pour empêcher que des stéréotypes de genre ne soient appliqués aux stades de l’instruction et du procès des affaires. En coordination avec l’École judiciaire nationale, des critères de genres seront appliqués dans le cadre de la procédure d’évaluation des juges recherchant une ratification, assurant ainsi l’institutionnalisation du savoir. DEMUS assurera une plus grande justice pour les femmes en créant des mécanismes de dialogue entre les autorités judiciaires et les organisations locales de femmes dans six districts du pays. Cela comprendra les campagnes et les propositions publiques présentées par les organisations au système judiciaire pour surmonter les obstacles auxquels se heurtent les survivantes des violences sexuelles lorsqu’elles demandent justice.

États arabes

International Medical Corps (IMC)
Libye
Nom du projet : « Lutter contre la violence à l’encontre des femmes dans la Libye post conflit et en transition »
Description: Alors que la Libye sort d’un conflit et qu’un nouveau gouvernement est créé, des questions persistent quant à la portée de l’intégration des droits des femmes dans les nouvelles lois et politiques. Avec les nombreuses questions et priorités qu’il conviendra d’examiner pendant cette période de transition, il sera important de veiller à ce que les questions qui affectent les femmes et les filles, y compris la violence basée sur le genre, soient traitées efficacement et que les autorités locales et nationales leur accordent un rang prioritaire.

En augmentant les capacités des services et de coordination des institutions gouvernementales fragiles, ce projet renforcera la réponse institutionnelle à la violence liée au conflit et à la violence habituelle contre les femmes et les filles. Ce projet travaillera directement avec les communautés locales pour promouvoir le statut juridique des femmes et réduire les stigmates à l’encontre des survivantes de violences basées sur le genre. Une formation sur ce type de violence sera dispensée aux agents de police et aux katibas locales (milices), tout en renforçant les capacités des cliniques dans les cinq zones ciblées. L’IMC propose également de diriger un programme de formation qui équipera les groupes communautaires afin qu’ils puissant recenser les survivantes et les personnes à risques, et leur apporter un soutien psychosocial. Ce programme vise à créer cinq espaces sûrs pour les femmes qui serviront de centres de soutien psychosocial et d’orientation. Le programme proposé fonctionnera pendant une période cruciale marquée par la formation de l’État libyen, et permettra donc de donner des orientations positives aux femmes et filles dans le pays.

Asie et Pacifique

Voices for Change
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Nom du projet : « Programme de sensibilisation pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes »
Description: En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les communautés tribales ont tendance à se fier aux normes et croyances traditionnelles pour faire respecter les lois coutumières et prendre des décisions qui ont un impact sur la communauté. Nombre de ces lois et coutumes traditionnelles ont un caractère discriminatoire et ne protègent pas les droits des femmes. Ce programme vise à élaborer des règles qui s’appliqueront à la nouvelle province de Jiwaka afin de prévenir la violence liée à la polygamie, aux dots excessives, aux tortures et meurtres des femmes considérées comme des « sorcières » dans le cadre d’un effort visant à lutter contre les formes de violences à l’encontre des femmes qui demeurent assez généralisées dans la province.

Voices for Change (Voix pour le changement), une organisation locale de défense des droits des femmes, a été contactée par le gouvernement local du Waghi du sud pour faciliter l’élaboration de ces nouvelles règles et l’organisation a l’intention d’impliquer la communauté, les dirigeants tribaux et des jeunes, les tribunaux des villages et de districts, et la police pour veiller à ce qu’elles soient adoptées et appliquées. Ce projet appliquera également des stratégies visant à améliorer la réponse institutionnelle à la violence à l’encontre des femmes et la qualité des services apportés aux survivants. En impliquant les hommes et les femmes, en élaborant des interventions scolaires et en travaillant avec les médias, le projet vise à prévenir la violence à l’encontre des femmes et des filles en s’attaquant à ses causes profondes. Le projet met l’accent sur la mobilisation et l’appropriation communautaire, travaillant directement avec les quatre tribus, les 37 sous-clans et les 62 inter-sous-clans dans la province de Jiwaka afin de s’attaquer à la violence contre les femmes au niveau local.

International Rescue Committee (IRC)
Thaïlande
Nom du projet : « Renforcer une réponse multisectorielle communautaire face à la violence sexiste dans les camps de réfugiés Ban Mae Nai Soi et Ban Mae Surin Karenni. »
Description : Le caractère prolongé du déplacement de la communauté Karenni en Thaïlande, conjugué aux croyances et comportements culturels néfastes en matière de genre, a contribué à la création d’un environnement où les femmes et les filles subissent des formes de violences sexistes structurelles et systémiques. Selon une évaluation récente sur la santé reproductive au sein de 9 camps de réfugiés le long de la frontière thaïlando-birmane, plus de 20 % des réfugiées ont subi une forme ou une autre de violence au cours de leur vie. La majorité 75 % des violences traitées par le International Rescue Committee (IRC) au sein des camps de réfugiés de Ban Mae Nai Soi et de Ban Mae Surin sont commises par un compagnon conjugal, la moitié d’entre eux menaçant de tuer ou d’utiliser une arme.

Le programme proposé vise à renforcer une approche qui a déjà fait ses preuves en ce qui concerne la fourniture de services dans les cas de violences sexistes dans les situations humanitaires : une approche multisectorielle axée sur les survivantes visant à répondre aux besoins des survivants. Cette approche sera renforcée en faisant de l’Organisation de défense des femmes nationales Karenni, la Karenni National Women’s Organization (KNWO), qui est une organisation communautaire respectée et fiable à l’intention de la population Karenni, le chef de file de cette approche. En faisant de la KNOW l’agence chef de file pour répondre à la violence sexiste et un centre de ressources techniques, l’IRC s’emploie à accroître les capacités techniques de ces services à l’intention des personnes déplacées depuis longtemps au sein de la communauté karenni déplacée et à renforcer la prise en main de ces services. C’est une évolution extrêmement importante pour une population de réfugiés qui a été contrainte de dépendre de la fourniture directe d’aide par des ONG pendant plus de quinze ans. En renforçant les compétences techniques et organisationnelles de KNOW en matière de services de lutte contre la violence sexiste, le programme proposé à ce jour a la possibilité d’encourager un plus grand engagement communautaire à long terme en faveur de la fourniture de services de qualité sensibles au genre à l’intention des survivantes au sein de ces communautés.

Europe et Asie centrale

Centre de ressources des femmes
Arménie
Nom du projet : Renforcer une réponse multisectorielle pour lutter contre la violence sexiste dans les zones rurales de l’Arménie
Description : Depuis son indépendance en 1991, l’Arménie a traversé de nombreuses difficultés socio-économiques, ce qui a entraîné une dégradation radicale de la condition économique et politique des femmes et des taux alarmants de violences basées sur le genre. Selon une étude nationale sur la violence conjugale, 61 % de femmes ont souffert des comportements abusifs de leurs compagnons, 25 pourcent d’entre elles ayant subi des violences et des maltraitances psychologiques. L’absence d’une législation globale sur la violence conjugale, le manque de refuges et de ressources à l’intention des survivantes, la formation limitée des agents de police et des professionnels de la santé et la perception que les violences sexistes relèvent de la sphère privée, ont aggravé le problème de la violence à l’égard des femmes dans le pays.

Le Centre de ressources de femmes, la première organisation qui lutte contre les violences sexuelles à l’encontre des femmes en Arménie, promouvra la responsabilité du gouvernement de mettre en œuvre le Plan d’action stratégique visant à lutter contre la violence sexiste 2011-2015 en élaborant des mécanismes de suivi et en fournissant des recommandations aux agences gouvernementales concernées sur les changements juridiques et politiques nécessaires pour apporter un soutien aux survivantes. Cette initiative lancera pour la première fois un système d’orientations à l’intention des survivantes sur la base d’une coopération soutenue entre les organisations gouvernementales et non gouvernementales. Ce projet renforcera les capacités des Divisions sous-nationales sur les questions relatives à la famille, aux enfants et aux femmes au sein des trois régions rurales de Shirak, de Lori et de Syunik, où la violence est la plus généralisée. Ce projet a également pour objectif de faire évoluer les perceptions culturelles et sociales en ce qui concerne la violence basée sur le genre grâce à des campagnes de sensibilisation et de mobilisation des communautés quant au caractère inacceptable de la violence à l’égard des femmes.

Les équipes de pays de l’ONU (PNUD, UNICEF et ONU Femmes)
République de Serbie
Nom du projet : Une réponse intégrée à la violence à l’encontre des femmes en Serbie

Description : Bien que la Serbie ait ratifié un ensemble de lois et de politiques visant à réduire et éliminer les violences sexistes, leur mise en œuvre reste un défi. La crise financière et économique grave a grevé le budget national serbe, entraînant la diminution des allocations budgétaires versées aux Mécanismes en faveur de l’égalité des sexes qui jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre des plans stratégiques et de l’application des lois sur les droits des femmes, y compris la violence basée sur le genre.

Conformément à la Stratégie nationale 2011 pour la prévention et l’élimination de la violence à l’encontre des femmes dans la famille et dans les relations conjugales, et s’inspirant des leçons tirées des interventions précédentes, l’Equipe de pays de l’ONU contribuera à la mise en place d’une réponse institutionnelle coordonnée pour lutter contre la violence à l’encontre des femmes grâce à un ensemble de mesures de prévention et de protection. Dans le domaine de la protection, le programme renforcera la réponse institutionnelle en s’alignant sur les exigences formulées par la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique 2011 (Convention d’Istanbul) et promouvra une coordination multisectorielle des acteurs clefs tant aux niveaux national que provincial. Dans le domaine de la prévention, le programme sensibilisera les enfants et les jeunes grâce à des interventions scolaires et communautaires, y compris des mesures éducatives et des campagnes de mobilisation sociale. Le Programme conjoint travaillera pour la première fois avec des hommes maltraitants dans quatre Centres du bien-être social, et évaluera la possibilité de normaliser cette intervention dans le cadre des services de protection sociale du pays. L’équipe de pays de l’ONU contribuera également à sensibiliser le public aux services à l’intention des survivantes de la violence sexiste, en faisant mieux connaître la ligne d’appels d’urgence existante et le centre intégré et en élargissant la portée de leurs actions.

Transrégional

Les initiatives des femmes pour une justice fondée sur le genre
République démocratique du Congo, Soudan, Ouganda, Libye
Nom du projet : « Faire avancer l’égalité des sexes dans les pays qui font l’objet d’une enquête par la CPI »
Description : Il est urgent de contraindre les auteurs de crimes sexistes commis dans le contexte d’un conflit armé ou après un conflit à rendre des comptes dans les cas où la Cour pénale internationale est en train de mener des enquêtes. Bien que des violences sexistes aient été signalées dans toutes les situations de conflit, l’obligation de répondre de ses actes est quasiment inexistante et l’assistance et l’appui médicaux sont limités pour les survivantes. Les femmes ont également été largement exclues des processus de paix et les mécanismes de justice transitionnels n’ont à ce jour pas inclus des dispositions concernant le genre dans leur mandat, leur juridiction et la mise en œuvre

Pour faire face à cette situation, l’Initiative des femmes pour une justice fondée sur le genre, la seule organisation internationale de femmes qui ait obtenu le statut d’amicus curiae (« ami de la cour » ou intervenant désintéressé) par le CPI, œuvrera à créer des politiques et des cadres aux fins du relèvement après un conflit et des mécanismes de justice transitionnels. Ce projet renforcera les capacités locales afin de leur permettre de lancer des programmes de documentation pour établir des informations et des connaissances crédibles sur les crimes sexistes commis pendant les conflits armés afin que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice tant au plan national qu’international. Ce projet apportera également une aide aux survivantes qui ont besoin d’un appui médical et psychosocial grâce à un nouveau modèle d’hébergement temporaire pour les femmes touchées par la guerre dans les zones éloignées. Ce projet vise également à renforcer le statut juridique des femmes pendant les conflits et après les conflits notamment en réformant les lois sur les viols.

L’Initiative des femmes pour une justice fondée sur le genre œuvrera avec son vaste réseau d’organisations de femmes dans les quatre pays ciblés, contextualisant les interventions afin de répondre aux besoins spécifiques des survivantes dans toutes les situations.

Centre international pour une justice transitionnelle (CIJT)
Kenya, Ouganda, Côte d’Ivoire, Colombie, Tunisie, Népal
Nom du projet : “Justice transitionnelle : Lutter contre la violence sexiste et assurer la participation des femmes”
Description : Pendant les périodes de conflit ou de répression, la violence à l’égard des femmes augmente souvent de manière draconienne et les capacités dont disposent ces dernières pour trouver des moyens de défendre leurs droits sont souvent extrêmement limitées. Les interventions en matière de justice transitionnelle face à la violence sexiste pendant les conflits et sous les régimes autoritaires ne sont pas seulement importantes pour veiller à ce que la justice soit pleinement rendue en cas de violations des droits de l’homme, mais elles peuvent aussi aider à lutter contre la marginalisation des femmes et créer des mécanismes de protection des droits de l’homme plus solides dans les situations post conflit. Malgré une attention accrue portée à l’impact des conflits sur les femmes et une prise de conscience de leurs conséquences, les femmes continuent d’être marginalisées dans le cadre des efforts d’instauration de la paix et en faveur de la justice.

Ce projet vise à garantir que les mécanismes de justice transitionnelle en Tunisie, au Népal, en Colombie, en Côte d’Ivoire, au Kenya et en Ouganda soient élaborés de manière à mieux répondre aux besoins spécifiques en matière de justice des victimes des violences sexistes. En apportant une assistance technique approfondie et en assurant la formation des décideurs nationaux participant à l’élaboration des mesures de justice transitionnelle, aux organisations des femmes et aux praticiens, le projet garantira que l’on s’attaque aux violences sexistes, surtout dans le domaine de la recherche de la vérité et des recours possibles. Le projet s’emploie aussi à mener des consultations avec des survivantes et des groupes de défense des droits des femmes pour évaluer leurs priorités et besoins en matière de justice et pour échanger les stratégies élaborées par des acteurs dans les six pays afin d’intégrer efficacement les questions de genre dans les initiatives actuelles et futures en matière de justice transitionnelle.