La position d’ONU Femmes à propos du programme de développement de l’après-2015

Dans son document de 2013 énonçant sa position, ONU Femmes prônait l’intégration d’un objectif autonome dans le programme de développement de l’après-2015 visant à réaliser l’égalité des sexes, les droits et l’autonomisation des femmes — un objectif fondé sur les droits fondamentaux qui s’attaque aux inégalités des relations de pouvoir. Outre cet objectif autonome, ONU Femmes a demandé l’intégration des questions d’égalité des sexes dans les autres domaines et objectifs prioritaires du programme de développement de l’après-2015, avec des cibles et des indicateurs clairement définis.

Bien que la reconnaissance des droits des femmes ait beaucoup progressé au cours des décennies, de nombreuses lacunes demeurent. Pour que les droits des femmes deviennent une réalité universelle, il est critique, selon ONU Femmes, de s’attaquer aux causes structurelles de l’inégalité des sexes, telles que la violence faite aux femmes, la non rémunération des travaux domestiques fournis par les femmes, leur contrôle limité sur les biens et la propriété, et leur participation inégale dans les prises de décisions privées comme publiques. C’est pourquoi nous avons prôné la nécessité de pouvoir disposer d’un objectif autonome établissant des normes de base et faisant avancer les changements dans trois domaines critiques qui défavorisent les femmes.

  • Éradiquer la violence faite aux femmes. Une femme sur trois est susceptible d’être victime de violence physique et sexuelle à un moment donné de sa vie. La violence à l’égard des femmes et des filles, qui est l’abus des droits fondamentaux le plus largement répandu dans le monde d’aujourd’hui, constitue un exemple de discrimination basée sur le genre et un phénomène universel qui entraîne des coûts considérables pour les sociétés.
  • Développer les choix et les capacités des femmes. Les femmes et les hommes doivent jouir de chances, de ressources et de responsabilités égales. Il est impératif de s’attaquer à la question de l’égalité de l’accès à la terre, au crédit, aux ressources naturelles, à l’éducation, aux services de santé (y compris de santé sexuelle et reproductive), à un emploi décent et à une rémunération égale. Les politiques telles que la garde d’enfants et les congés de maternité ainsi que l’amélioration de l’accès aux infrastructures (comme l’eau et l’énergie) sont essentielles pour réduire le travail non rémunéré des femmes et garantir l’égalité de toutes et tous, au travail comme à la maison.
  • Donner une voix aux femmes au sein de leur foyer ainsi que dans les sphères de prise de décision publiques et privées. Pour qu’une démocratie cohérente et inclusive existe, la voix des femmes devrait être entendue dans les processus de décision et dans toutes les sphères de la société, comme dans les institutions publiques et privées, les parlements nationaux et locaux, les médias, la société civile, ainsi que dans le cadre de la gestion des entreprises, des familles et des communautés.

Ces éléments font déjà partie intégrante de certains accords internationaux comme la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Programme d’action de Beijing, ainsi que les textes issus de conférences majeures et les résolutions de diverses entités telles que l’Assemblée Générale et la Commission de la condition de la femme. 

ONU Femmes se réjouit de l’intégration de l’égalité des sexes dans le programme 2030 et de son approbation par tous les États Membres de l’ONU en août 2015. Le Programme 2030 offre une véritable opportunité de réaliser des changements durables en matière de droits et d’égalité des femmes et d’apporter des changements transformationnels dans la vie des femmes et des hommes.  

En mars 2015, la Commission statistique des Nations Unies a créé le Groupe d’experts inter-agences pour les indicateurs ODD (IAEG-SDG) dont le rôle consiste à développer un cadre d’indicateurs pour les objectifs et les cibles du Programme de développement durable d’ici 2030. Il se compose de 28 États membres et d’agences régionales et internationales agissant en qualité d’observatrices et observateurs. En tant qu’observatrice du Groupe d’experts, ONU Femmes a soumis un rapport sur les indicateurs, Monitoring gender equality and the empowerment of women and girls in the 2030 Agenda for Sustainable Development: opportunities and challenges, fruit d’un vaste processus de consultation. Le Groupe d’expertes et experts a organisé sa première réunion en juin 2015 et soumettra sa proposition d’indicateurs à l’approbation de la Commission statistique lors de la 47e session de la Commission, en mars 2016.

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