Qu’est-ce que le féminisme ?
Petit guide pour en savoir plus sur un sujet souvent mal compris : le combat des femmes pour l’égalité et son implication actuelle pour les mouvements féministes.
Le féminisme n’est pas régi par des règles officielles. Il n’y a pas de hiérarchie, d’organe directeur ou de réunions formelles.
Le féminisme est un mouvement qui revêt différentes facettes sur la voie de l’égalité des sexes. Il est façonné par des personnes, comme vous, par les défenseur·se·s des droits des femmes depuis de nombreuses générations, et par les contextes dans lesquels nous vivons. En réalité, certain·e·s préfèrent parler de « féminismes ».
En constante évolution, le féminisme a toujours le même objectif : pousser les sociétés vers l’égalité pour toutes les femmes et les filles, et, ainsi, façonner un monde plus égalitaire pour tou·te·s.
Quelle est la définition du féminisme ?
Le féminisme est la conviction que tout le monde, indépendamment de son genre, devrait jouir de l’égalité des droits et des chances.
C’est aussi simple que cela. Quels que soient les différents types de théories et de pratiques féministes, et quelle que soit l’école de pensée politique, économique et sociale, le principe fondamental du féminisme reste l’égalité ; ce qui pour le féminisme intersectionnel d’aujourd’hui se traduit par l’égalité pour tou·te·s, indépendamment de l’identité de genre, de la sexualité, de la race, de la classe sociale, des capacités physiques ou de l’origine ethnique.
Qui est féministe ?
Une personne féministe croit fermement que toutes les femmes et les filles devraient bénéficier de l’égalité des droits et des chances comme les hommes, et agit en conséquence. Tout le monde peut être féministe.
On peut également avoir différentes raisons d’être ou de devenir féministe. (Il n’est jamais trop tard !) Comme pour tout qualificatif, certaines personnes se proclament fièrement féministes, tandis que d’autres peuvent adhérer aux valeurs du féminisme mais choisissent de ne pas utiliser cette étiquette. Et contrairement aux stéréotypes, détester les hommes ne fait pas de vous une personne féministe.
Il est important d’impliquer les jeunes, en particulier les garçons, pour qu’ils défendent véritablement le leadership féministe et luttent pour l’égalité des sexes et la pleine réalisation des droits humains.
Qu’entend-on par perspectives féministes ?
Opter pour une perspective ou une approche féministe revient à appréhender une problématique, quelle qu’elle soit, en tenant compte des dynamiques de genre à l’œuvre dans la vie des femmes : les interactions sociales, politiques et économiques qui ont tendance à favoriser les hommes au détriment des femmes. La question suivante se pose alors : comment aborder ces dynamiques de pouvoir afin d’apporter plus d’égalité en matière de droits et d’opportunités pour les femmes et les filles ?
Pourquoi adopter une approche féministe ? Parce qu’historiquement (et actuellement), les règles et les normes de nombreuses sociétés ont été élaborées et appliquées pour les hommes, par les hommes. C’est ce qu’on appelle le « patriarcat », il alimente les inégalités de genre.
Les perspectives, les besoins et les préférences des hommes façonnent bon nombre des systèmes, lois et règles qui régissent nos vies, tant formels qu’informels : la manière dont la recherche médicale est menée en se basant sur des moyennes masculines ; la manière dont l’IA a été entraînée à partir d’ensembles de données présentant des préjugés sexistes ; la manière dont le travail domestique et d’autres emplois dits « féminins » sont moins bien rémunérés, voire pas rémunérés du tout.
Ces dynamiques de pouvoir inégales font pencher la balance en faveur des hommes et des garçons. Une approche féministe cherche à savoir qui détient le pouvoir et qui ne le détient pas, et pourquoi.
L’importance du dialogue intergénérationnel et des échanges pour renforcer l’apprentissage, la compréhension et de la solidarité féministe... et ainsi pouvoir collectivement remettre en question le patriarcat – connaître notre histoire collective et aller de l’avant.
À quoi ressemble le féminisme dans la pratique ?
Pour mettre le féminisme en pratique, il faut d’abord inclure les femmes et les filles dans la prise de décision, leur donner les moyens de prendre les rênes dans les domaines qui les concernent. En fait, de nombreux mouvements de femmes sont nés du déni de l’indépendance des femmes, notamment le mouvement des suffragettes.
Prenons l’exemple du travail de soins. Les personnes qui prennent soin des autres, des enfants et des personnes âgées, dans les foyers et les communautés, maintiennent la cohésion de nos sociétés et de nos économies, au bénéfice de tou·te·s. Considérer le travail de soins sous l’angle du féminisme consiste à voir dans quelle mesure la plupart de ces responsabilités sont confiées aux femmes et aux filles, souvent sans rémunération et parfois au détriment d’autres perspectives personnelles et professionnelles.
La mise en pratique du féminisme consiste à prendre conscience de la valeur du travail de soins (40 % du PIB dans certains pays) et à veiller à ce que ces femmes soient en mesure d’influer sur les politiques gouvernementales et patronales en la matière. En d’autres termes : la démarche féministe garantit que les politiques prennent en compte les besoins de tous les genres de manière égale.
Les femmes marchent pour l'égalité des droits
Pendant des siècles, les femmes se sont battues pour revendiquer l’égalité des droits, des chances et la liberté. Des suffragettes aux activistes numériques, chaque génération a repoussé les limites, surmonté des obstacles et refusé de céder.
Consultez notre chronologie des droits des femmes de 1848 à 2025 :
Le féminisme à travers l’histoire et les cultures
Tout au long de l’histoire, les mouvements féministes ont lutté pour les droits des femmes, la justice et l’égalité dans toutes les régions et toutes les cultures.
Les premiers mouvements féministes sont issus des mouvements de décolonisation et d’indépendance. Le féminisme ne visait alors pas uniquement à défendre les droits des femmes ; il critiquait l’exploitation et l’occupation coloniales et apportait une dimension féministe aux luttes antiracistes.
Les exemples inspirants ne manquent pas : des réformes féministes et sociales menées en Inde avant l’indépendance, qui ont abouti à l’adoption de lois protégeant les droits des veuves et l’éducation des filles dans les années 1800, à l’Afrique du Sud d’après l’indépendance, où la Ligue des femmes bantoues est devenue, en 1918, la première organisation à défendre les droits des femmes noires, en passant par la révolte des femmes d’Aba, au Nigeria, qui a permis de réformer une fiscalité injuste en 1929.
Au cours du 19e siècle, les femmes un peu partout dans le monde, à commencer par la Nouvelle-Zélande en 1893, ont lutté et obtenu le droit de vote aux élections nationales. Aux États-Unis, la « première vague du féminisme » était associée au mouvement des suffragettes.
Les mouvements de libération des femmes des années 1960 et 1970 ont considérablement élargi les choix des femmes en matière d’éducation, de travail et de vie publique. Dans les années 1990, le féminisme intersectionnel a mis en évidence la manière dont les effets du sexisme sont étroitement liés au racisme, au classisme, au validisme, à l’homophobie et à d’autres formes de discrimination, et aggravés par ceux-ci.
Aujourd’hui, le féminisme continue de s’appuyer sur l’intersectionnalité pour faire face à des problèmes persistants et nouveaux : les agressions sexuelles et les critiques sur le physique, l’homophobie et la transphobie, ainsi que les abus numériques, qui ont donné lieu à de nouvelles formes de violence.
Les femmes noires [ont] un rôle politique fort, à même de transformer la société et de redéfinir les normes. C’est ce que nous avons toutes fait, toute notre vie – trouver des moyens de résister.
Pourquoi avons-nous encore besoin du féminisme ?
Le féminisme est plus pertinent que jamais, car aucun pays au monde n’est réellement parvenu à l’égalité des sexes.
À travers le monde, de nombreuses femmes et filles sont encore privées de leurs droits humains fondamentaux. Les chiffres sont consternants :
- Une femme sur trois subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie
- Une fille sur cinq est mariée avant l’âge de 18 ans
- Six féminicides sur dix sont commis par un membre de la famille ou un partenaire intime de la femme ou de la fille
- Les femmes jouissent de moins des deux tiers des droits légaux conférés aux hommes
- Dans près d’un pays sur deux, le consentement n’est toujours pas la norme juridique contre le viol
Certaines des questions les plus urgentes de notre époque, à savoir la paix et la sécurité, les migrations, la violence extrême, exercent un impact différent, parfois plus direct, sur les filles et les femmes que sur les garçons et les hommes. Le sous-investissement chronique dans les données sur le genre rend ces inégalités plus difficiles à résoudre.
Assiste-t-on à une réaction hostile contre les femmes ?
À l’heure actuelle, le mouvement féministe est confronté à une vague massive de réactions hostiles aux notions de genre. Certains pays qui ont fait des progrès, notamment en matière de parité entre les sexes dans le leadership politique et de droits reproductifs, sont actuellement confrontés à une résistance antiféministe qui menace de réduire à néant les progrès réalisés en matière de droits des femmes. Les études récentes menées par ONU Femmes montrent comment cette réaction d’hostilité va de pair avec la montée des mouvements antidémocratiques qui sapent les droits humains et l’État de droit à l’échelle mondiale.
Parallèlement, le financement des organisations de femmes a été considérablement réduit ces dernières années, alors même que les militant·e·s, les journalistes et les personnes survivantes signalent une augmentation des menaces pesant sur leur sécurité et celle de leurs familles.
Je considérais la narration féministe comme une forme de résistance. Le choix de raconter ou de passer sous silence certains témoignages a toujours été éminemment politique.
Êtes-vous féministe ?
Les mouvements de défense des droits des femmes ont besoin d’alliés. En ferez-vous partie ? Voici comment vous y prendre :
- Initiez-vous : approfondissez votre compréhension de l’égalité des sexes. Explorez les nombreuses ressources d’ONU Femmes, notamment nos articles explicatifs faciles à lire ou nos rapports détaillés, comme le Gros plan annuel sur l’égalité des sexes.
- Adoptez une approche féministe pour aborder les sujets qui vous tiennent à cœur : quel est le lien entre le genre et le changement climatique ? Comment sont traitées les femmes ou les filles sur Internet ? Les femmes ont-elles pleinement le contrôle de leur avenir, voire de leur corps ? Pourquoi les femmes gagnent-elles moins d’argent que les hommes ? Pourquoi y a-t-il moins de femmes dans les domaines scientifiques, médiatiques et politiques ? Réfléchissez aux obstacles rencontrés par les femmes et les filles là où vous vivez.
- Trouvez (ou créez) votre communauté : l’histoire du féminisme prouve à quel point nous sommes fort·e·s lorsque nous travaillons ensemble. Renseignez-vous sur les organisations locales ou en ligne qui traitent des questions qui vous tiennent à cœur. Qu’il s’agisse de la sécurité dans les espaces publics ou les lieux privés, de l’égalité des sexes dans le sport ou la programmation informatique, du droit de vote ou du droit de se présenter aux élections, une perspective féministe nous aide à envisager des solutions plus globales à des problèmes complexes. Et les organisations dirigées par des femmes font souvent avancer la société, même lorsque les institutions politiques échouent.
- Plaidez la cause : incitez les décideurs au sein des gouvernements, des institutions et des entreprises à investir dans des opportunités pour les femmes, à protéger les droits des femmes et à intensifier leurs actions en faveur de l’égalité des sexes.
Dès sa création, les féministes étaient à l’origine d’avancées décisives aux Nations Unies, notamment la reconnaissance du fait que les droits des femmes sont des droits humains et la création d’ONU Femmes il y a 15 ans. ONU Femmes soutient les mouvements de femmes dans le monde entier et promeut les droits et l’émancipation de TOUTES les femmes et de TOUTES les filles.