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Foire aux questions

Les conséquences de la guerre sur les femmes et les filles : guide explicatif sur le genre et les conflits

20 mai 2026
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Le 21 janvier 2026, Alawiya et sa fille Nariman, âgée de 13 ans, font la vaisselle chez elles, dans la campagne de l’État de Gedaref, au Soudan. Atteinte d’un handicap depuis son enfance, Alawiya a du mal à subvenir aux besoins de sa famille. Grâce au programme d’aide financière SANAD de l’UNICEF, financé par la Banque mondiale, elle bénéficie désormais d’un soutien financier qui lui permet d’acheter des produits de première nécessité tels que de la nourriture, du savon et de l’eau, tout en ayant accès à des soins de santé et à des services de vaccination pour ses enfants. Photo : UNICEF/UNI942014/Osman Saif.

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Les dangers de la guerre pour les femmes et les filles vont en s’intensifiant.

Dans le monde, les conflits s’éternisent, s’intensifient et se déroulent de plus en plus dans les villes et les communautés, plutôt que sur des champs de bataille lointains. Les habitations, les écoles, les hôpitaux et les refuges sont détruits, et les civils en payent le prix.

Aujourd’hui, le monde est confronté au plus grand nombre de conflits actifs depuis 1946. L’an dernier, un rapport des Nations Unies a alerté sur le fait que 676 millions de femmes vivent à moins de 50 kilomètres d’un conflit meurtrier. Cela correspond approximativement à la distance qui sépare New York de Newark dans l’État américain du New Jersey, ou au trajet quotidien de millions de personnes entre Delhi et Gurgaon en Inde. Imaginez devoir fuir votre domicile sous une pluie de bombes et de missiles, et que les services essentiels, comme l’eau ou l’électricité, s’effondrent autour de vous.

Depuis la publication de ce rapport, d’autres conflits ont éclaté.

Les bombes ne font aucune distinction entre les hommes et les femmes, contrairement aux conséquences de la guerre. Ce guide explicatif examine les raisons pour lesquelles les guerres modernes deviennent plus meurtrières pour les femmes et les filles, et la manière dont les conflits creusent les inégalités existantes.

Qu’arrive-t-il aux femmes lors d’un conflit ?

Pendant un conflit, les femmes et les filles sont davantage susceptibles de devoir quitter leur foyer, d’être exclues de leur école ou de leur travail, de perdre l’accès aux soins de santé et d’être confrontées aux violences sexuelles, aux traumatismes, à la faim et à la pauvreté.

Quand les services s’effondrent et que les familles peinent à survivre, on attend des femmes qu’elles assurent la cohésion des communautés en s’occupant des enfants, des blessés et des personnes âgées, souvent tout en faisant face elles-mêmes à des dangers et à des traumatismes.

Malgré le rôle essentiel qu’elles jouent en veillant à ce que les familles et les communautés survivent aux conflits, les femmes sont régulièrement exclues des prises de décisions politiques et des négociations de paix.

Pourquoi les guerres modernes deviennent plus meurtrières pour les femmes et les filles

Les Nations Unies ont indiqué que 37 000 civils avaient perdu la vie dans 20 conflits armés en 2025 – dont près d’un sur cinq était une femme. C’était la première fois en quatre ans que le nombre global de civils tués avait diminué, après trois années de hausse des décès, mais certains pays ont connu la tendance inverse : par exemple au Soudan et en République démocratique du Congo, où leurs meurtres ont considérablement augmenté.

Les trois premiers mois de 2026 auront été l’hiver le plus meurtrier pour les femmes et les filles en Ukraine depuis la première année de l’invasion russe à grande échelle du pays en 2022.

Entre janvier et mars 2026, 199 femmes et filles ont été tuées, soit plus qu’en 2025, en 2024 et 2023 au cours de la même période, ce qui traduit une évolution extrêmement inquiétante de la guerre moderne.

Les guerres se déroulent de plus en plus dans des zones peuplées

Les conflits actuels se déroulent souvent dans des zones peuplées et résidentielles plutôt que sur des champs de bataille lointains. Les habitations, les hôpitaux, les écoles et même les abris assignés sont endommagés ou détruits, ce qui expose les civils à des risques accrus de blessures et de mort.

De nombreuses femmes et filles n’ont aucun endroit sûr où aller. Certaines sont tuées alors qu’elles se réfugient chez elles, d’autres sont blessées en fuyant les attaques, en cherchant de la nourriture ou en tentant de garder leur famille en vie tandis que les services essentiels s’effondrent autour d’elles.

Les attaques de drones portent un coup terrible aux civils, notamment aux femmes et aux enfants

À Gaza en Palestine, 38 000 femmes et filles avaient perdu la vie pendant la guerre en décembre 2025. D’autres se font encore tuer, malgré un accord de cessez-le-feu.

Les nombres les plus élevés de décès parmi les femmes et les enfants ont été enregistrés lors de périodes de frappes aériennes intensives, d’attaques de drones et de tirs de missiles, parallèlement à la destruction massive d’infrastructures civiles. Les bâtiments résidentiels représentaient plus de 95 pour cent de l’ensemble des dégâts infrastructurels recensés.

Au Soudan, les Nations Unies ont signalé une forte hausse des frappes de drones cette année, avec plus de 500 civils tués entre janvier et mars.

Le droit international ne laisse aucune ambiguïté : les attaques contre les civils et les travailleurs humanitaires constituent de graves violations des droits humains. Pourtant, les civils et les infrastructures civiles continuent d’être pris pour cible dans la guerre moderne, souvent en toute impunité.

« Nous étions assis au sixième étage lorsqu’ils ont frappé le septième étage – l’appartement de mon oncle. La femme de mon oncle hurlait : « Mes enfants ! Mes enfants sont morts ! » Quand je me suis précipitée pour l’aider, ils ont tiré le deuxième obus. C’est à ce moment-là que ma mère, ma sœur et mon frère ont été tués. »

Mona, 13 ans, raconte comment elle a survécu à une double frappe aérienne à Gaza qui a tué sa mère, sa sœur et son frère, détruit la maison familiale et lui a laissé des séquelles qui ont bouleversé sa vie.

Comment les conflits augmentent-ils les risques de violences sexuelles pour les femmes et les filles ?

Les violences sexuelles à l’égard des femmes et des filles augmentent considérablement en période de conflit. Dans les guerres qui font rage à travers le monde, les viols et d’autres formes de violences basées sur le genre ont pour but de terroriser les civils, de punir les communautés, de forcer les populations à se déplacer et d’imposer un contrôle.

Au Soudan où la guerre en est désormais à sa quatrième année, le conflit a entraîné une recrudescence de violences sexuelles contre les femmes et les filles. Le nombre de femmes et de filles qui ont besoin d’aide après avoir subi des violences basées sur le genre a presque doublé ces des deux dernières années, et il a quadruplé depuis le début de la guerre, selon le dernier rapport d’ONU Femmes.

« Des femmes et des filles sont violées et tuées chez elles et lorsqu’elles tentent de fuir, de trouver de la nourriture et de l’eau et d’obtenir des soins médicaux », déclare Anna Mutavati, Directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et australe.

Le Soudan n’est pas un cas isolé. Dans tous les conflits, la violence sexuelle continue d’être utilisée comme une arme de guerre – une tactique délibérée visant à terroriser, à humilier et à fracturer les communautés.

Dans les zones touchées par des conflits, l’absence de poursuites pour ces crimes continue d’alimenter les cycles de violence et d’impunité. La peur et la stigmatisation sociale empêchent également beaucoup de femmes et de filles de signaler les violences et d’accéder à un soutien.

Les Nations Unies ont vérifié plus de 9 300 signalements de cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2025, un nombre en hausse par rapport aux 4 600 cas signalés en 2024. Compte tenu des obstacles qui empêchent les signalements, les cas vérifiés ne sont que la partie immergée de l’iceberg – le nombre réel devrait être bien plus élevé.

Que sont les violences sexuelles liées aux conflits ?

Les violences sexuelles liées aux conflits ne sont pas des actes de violence aléatoires ou inévitables qui « surviennent » simplement lors d’une guerre. Il s’agit souvent d’une stratégie délibérée visant à briser les communautés et les liens sociaux, à terroriser et à déplacer les populations, ainsi qu’à prendre le contrôle.

Elles peuvent inclure le viol, l’esclavage sexuel, le mariage forcé, la stérilisation forcée et le trafic des personnes à des fins d’exploitation sexuelle.

Tout le monde peut subir des actes de violences sexuelles liées aux conflits, mais les femmes et les filles représentent plus de 95 pour cent des victimes des cas signalés.

Dans quelle mesure les conflits et les déplacements affectent-ils différemment les femmes et les filles ?

À la fin de l’année 2024, 123,2 millions de personnes avaient été déplacées de force en raison de conflits, de violences, de persécutions et de violations des droits humains.

Les femmes et les filles déplacées par un conflit sont confrontées aux situations suivantes :

  • Un risque accru de violence basée sur le genre, d’exploitation et d’abus.
  • Des refuges surpeuplés offrant peu d’intimité ou de sécurité.
  • Un accès perturbé aux soins de santé, aux revenus, à l’éducation et à la protection.
  • Des déplacements répétés et le risque d’être séparées de leur famille et de leurs réseaux de soutien.

Moins d’un mois après l’intensification des combats au Liban, un quart des femmes et des fillesavaient été déplacées.

Une femme fait des gestes de la main alors qu'elle est assise à l'intérieur, avec des enfants et d'autres personnes debout derrière elle.
Zeinab Fakih, déplacée de Srifa, doit subvenir aux besoins de plusieurs générations alors que le conflit déracine sa famille pour la deuxième fois en deux ans. Photo : ONU Femmes Liban / Georges Roukoz
Une femme fait des gestes de la main alors qu'elle est assise à l'intérieur, avec des enfants et d'autres personnes debout derrière elle.
Zeinab Fakih, déplacée de Srifa, doit subvenir aux besoins de plusieurs générations alors que le conflit déracine sa famille pour la deuxième fois en deux ans. Photo : ONU Femmes Liban / Georges Roukoz
Zeinab Fakih, Liban

« Ce n’est pas une vie », se lamente Zeinab Fakih, 56 ans, mère de quatre enfants originaire de Srifa au Liban. 

« Ma famille a été dispersée. Mon mari est resté dans le sud. Je suis restée au centre d’accueil avec mes enfants, mes petits-enfants et les parents de mon mari, qui sont âgés et malades. Je suis chargée de leur fournir de quoi manger, des médicaments et des soins », déclare-t-elle. « Je suis épuisée. C’est la deuxième fois que nous sommes déplacés en deux ans. »

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Une femme fait des gestes de la main alors qu'elle est assise à l'intérieur, avec des enfants et d'autres personnes debout derrière elle.
Zeinab Fakih, déplacée de Srifa, doit subvenir aux besoins de plusieurs générations alors que le conflit déracine sa famille pour la deuxième fois en deux ans. Photo : ONU Femmes Liban / Georges Roukoz
Zeinab Fakih, Liban

« Ce n’est pas une vie », se lamente Zeinab Fakih, 56 ans, mère de quatre enfants originaire de Srifa au Liban. 

« Ma famille a été dispersée. Mon mari est resté dans le sud. Je suis restée au centre d’accueil avec mes enfants, mes petits-enfants et les parents de mon mari, qui sont âgés et malades. Je suis chargée de leur fournir de quoi manger, des médicaments et des soins », déclare-t-elle. « Je suis épuisée. C’est la deuxième fois que nous sommes déplacés en deux ans. »

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Malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu le 17 avril, les familles au Liban continuent de se déplacer entre les refuges et leurs maisons, vivant sous la menace constante de la mort et dans la crainte de devoir fuir à nouveau.

Au Soudan, il reste encore 4,3 millions de femmes et de filles parmi les populations déplacées à l’intérieur du pays, et des millions d’autres ont fui vers les pays voisins. Les déplacements représentent un véritable dilemme pour les femmes et les filles au Soudan. Si elles restent, elles s’exposent à la faim ou à la mort, mais si elles fuient, elles s’exposent à des viols, à des enlèvements et à des violences lorsqu’elles cherchent de la nourriture, de l’eau et une aide médicale.

Près d’un million de femmes et de filles ont été déplacées à Gaza, beaucoup d’entre elles ont été contraintes de fuir quatre fois en moyenne. Même après l’annonce de l’accord de cessez-le-feu en octobre 2025, les familles ont continué de vivre sans paix, sans dignité, et sans accès à la nourriture et à l’eau.

La guerre à Gaza a déchiré les familles, et beaucoup de femmes doivent tenter de préserver ce qui reste de leur vie de famille après avoir perdu leur mari et des proches.

Comment les conflits affectent-ils la santé physique et mentale des femmes ?

La faim, les blessures et l’effondrement des systèmes de soins de santé

En décembre 2025, le système de santé de Gaza s’effondrait sous le poids de la guerre. Les Nations Unies ont indiqué que le système de santé dédié aux mères et aux nourrissons avait été « décimé » suite aux attaques d’Israël, qui ont détruit 94 pour cent des hôpitaux et bloqué l’accès aux fournitures médicales.

Pour les 11 000 femmes et filles blessées qui souffrent désormais de handicaps à vie, il n’y a pas suffisamment de médecins, de médicaments ni d’établissements de santé opérationnels. Les femmes accouchaient sans soins médicaux adaptés, et les civils blessés peinaient à accéder ne serait-ce qu’à des traitements de base.

Il était même devenu impossible de répondre aux besoins les plus élémentaires. Près de 700 000 femmes et filles à Gaza rencontraient des difficultés pour pouvoir obtenir des produits d’hygiène menstruelle dans des installations bondées ou dangereuses, et les serviettes hygiéniques étaient généralement introuvables ou inabordables.

De plus, la famine se propageait rapidement. En décembre 2025, 790 000 femmes et filles étaient confrontées à la faim et à une insécurité alimentaire d’un niveau catastrophique à Gaza. Les femmes sont souvent les dernières à manger, et elles mangent moins lorsque la nourriture se fait rare, ce qui les expose à un risque accru de complications de santé à long terme.

ONU Femmes a demandé à une femme médecin de Gaza quelles étaient ses conditions de travail actuelles là-bas.

« Ici, on se bat simplement pour survivre », a déclaré le Dr Iman Ayad, une étudiante en médecine qui travaille à l’hôpital d’Al-Shifa, bombardé à de nombreuses reprises. En raison de l’effondrement du système de santé à Gaza et de l’ampleur des besoins médicaux de la population, elle a déjà pratiqué des interventions chirurgicales alors qu’elle est encore étudiante.

Au Liban, plus de 150 attaques contre les services de soins de santé ont été enregistrées entre le 2 mars et le 29 avril 2026, entraînant notamment la mort de membres du personnel et la destruction d’hôpitaux – des actes interdits en vertu du droit humanitaire international.

La crise de santé mentale à laquelle les femmes sont confrontées en temps de guerre

Une autre crise dans la crise fait rarement la une de l’actualité. En Afghanistan, à Gaza, au Liban et en Ukraine, les femmes souffrent de troubles de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression, et elles n’ont qu’un accès limité, voire aucun à des services de soutien en santé mentale.

En Ukraine, les violences faites aux femmes ont augmenté de 36 pour cent depuis 2022. Quarante-deux pour cent des femmes sont exposées à un risque de dépression et près d’une femme sur quatre a signalé qu’elle-même ou quelqu’un d’autre dans son foyer avait besoin de soutien psychologique.  

Une femme vêtue d'un tablier et de gants se tient debout dans une cuisine communautaire
Ghofran Abou Khalil, 35 ans, travaille à la cuisine communautaire du centre de formation de Sibline. Elle a été déplacée à quatre reprises : d'abord à l'intérieur de la Syrie, puis à Tripoli, ensuite au camp de Borj al-Chemali au Liban, et enfin à Sibline. Photo : ONU Femmes/Georges Roukoz
Une femme vêtue d'un tablier et de gants se tient debout dans une cuisine communautaire
Ghofran Abou Khalil, 35 ans, travaille à la cuisine communautaire du centre de formation de Sibline. Elle a été déplacée à quatre reprises : d'abord à l'intérieur de la Syrie, puis à Tripoli, ensuite au camp de Borj al-Chemali au Liban, et enfin à Sibline. Photo : ONU Femmes/Georges Roukoz
Ghofran Abou Khalil, Liban

« Mon quartier était menacé par des bombardements. J’ai dû partir en pleine nuit, avec mes filles. J’ai oublié mes médicaments, mais j’ai emporté le jouet préféré de ma fille, un panda », raconte Ghofran Abou Khalil, une femme de 35 ans. Elle a été déplacée quatre fois : d’abord en Syrie, puis à Tripoli, ensuite au camp de Borj al-Chemali au Liban, et aujourd’hui à nouveau au Liban. Elle travaille à la cuisine communautaire du Centre de formation de Sibline.

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Une femme vêtue d'un tablier et de gants se tient debout dans une cuisine communautaire
Ghofran Abou Khalil, 35 ans, travaille à la cuisine communautaire du centre de formation de Sibline. Elle a été déplacée à quatre reprises : d'abord à l'intérieur de la Syrie, puis à Tripoli, ensuite au camp de Borj al-Chemali au Liban, et enfin à Sibline. Photo : ONU Femmes/Georges Roukoz
Ghofran Abou Khalil, Liban

« Mon quartier était menacé par des bombardements. J’ai dû partir en pleine nuit, avec mes filles. J’ai oublié mes médicaments, mais j’ai emporté le jouet préféré de ma fille, un panda », raconte Ghofran Abou Khalil, une femme de 35 ans. Elle a été déplacée quatre fois : d’abord en Syrie, puis à Tripoli, ensuite au camp de Borj al-Chemali au Liban, et aujourd’hui à nouveau au Liban. Elle travaille à la cuisine communautaire du Centre de formation de Sibline.

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Quelles sont les conséquences de la guerre sur l’emploi, les revenus et les soins non rémunérés des femmes ?

La guerre met à mal les économies, les moyens de subsistance et les systèmes dont les familles dépendent pour survivre. Les femmes sont souvent les premières à perdre un emploi rémunéré et les dernières à s’en remettre, car elles sont plus susceptibles d’occuper des emplois précaires ou peu rémunérés et d’assumer davantage de responsabilités en termes de travail de soins non rémunéré en période de conflit.

À mesure que les écoles ferment, que les transports deviennent dangereux, que les marchés s’effondrent et que les services publics disparaissent, de nombreuses femmes perdent leurs revenus, mais aussi l’accès aux structures qui les aident à trouver un emploi rémunéré, à suivre une formation et à prendre soin de leur famille.

Les femmes sont les premières à perdre leurs revenus et les dernières à s’en remettre

La guerre totale menée contre l’Ukraine depuis 2022 a fait reculer toute une génération de femmes ukrainiennes. En 2023, les femmes représentaient 72,5 pour cent des sans-emplois et gagnaient 41,4 pour cent de moins que les hommes. En 2024, seulement 48 pour cent des femmes déplacées occupaient un emploi, contre 71 pour cent des hommes.

En raison des conflits, il est également plus difficile et plus dangereux pour les femmes de se déplacer, de travailler et d’accéder aux marchés. À Gaza, une famille sur sept dépend désormais des femmes pour sa survie, et les femmes continuent de se voir imposer des restrictions sévères en matière d’accès aux moyens de subsistance – d’où l’importance vitale d’une aide en espèces, d’une aide alimentaire et d’un soutien économique.

Les préjudices économiques en temps de guerre ne se limitent pas à la perte de revenus. Les femmes perdent souvent leurs biens, leurs terres, leurs documents, leurs économies, leurs réseaux sociaux et leur accès à un crédit. Les déplacements peuvent également les contraindre à accepter des emplois dangereux, à s’endetter et à se faire exploiter.

Les femmes assument la plus grande part du travail de soins non rémunéré

Dans les zones de conflit, on attend souvent des femmes qu’elles comblent les lacunes causées par l’effondrement des systèmes : elles doivent s’occuper des enfants, des malades et des personnes âgées tout en s’efforçant de subvenir aux besoins de leur famille dans des conditions impossibles.

En 2024, les femmes ukrainiennes ont indiqué qu’elles passaient 56 heures par semaine à s’occuper de leurs enfants, une hausse par rapport aux 49 heures qu’elles y consacraient avant la guerre. Compte tenu de la fermeture des services de garde d’enfants, les femmes ont plus de mal à trouver un emploi rémunéré.

Les femmes reconstruisent les communautés – souvent sans aucun soutien

Malgré les impacts inégaux et dévastateurs des guerres sur les femmes, celles-ci continuent d’assurer la survie et le relèvement dans les zones frappées par un conflit. De l’Ukraine à Gaza en passant par le Soudan, les femmes et les organisations dirigées par des femmes nourrissent les familles, apportent un soutien médical et psychosocial et assument un rôle de premier plan dans la reprise économique au sein de leurs communautés. En 2025, une entreprise sur deux en Ukraine avait été fondée par une femme.

Pourtant, l’appui aux organisations de femmes diminue alors que les besoins augmentent. Selon un rapport mondial de 2025 publié par ONU Femmes, la moitié des organisations dirigées par des femmes et de défense des droits des femmes dans les zones de crise humanitaire pourraient disparaître au cours des six prochains mois en raison de réductions des financements.

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Des femmes apprennent à lire et à écrire grâce à un programme d'alphabétisation soutenu par ONU Femmes dans la province de Nuristan, dans l'est de l'Afghanistan
Dans la province de Nuristan, à l'est de l'Afghanistan, des femmes apprennent à lire et à écrire dans le cadre d'un programme d'alphabétisation soutenu par ONU Femmes. Dans le cadre de cette initiative, 130 comités villageois d'alphabétisation ont également été créés. En améliorant leur niveau d'alphabétisation, ces femmes peuvent également renforcer leurs moyens de subsistance, améliorer leur accès aux soins de santé et renforcer leur résilience, dans l'une des provinces les plus isolées et les plus défavorisées d'Afghanistan. Photo : ONU Femmes/Sayed Habib Bidell
Dans la province de Nuristan, à l'est de l'Afghanistan, des femmes apprennent à lire et à écrire dans le cadre d'un programme d'alphabétisation soutenu par ONU Femmes. Dans le cadre de cette initiative, 130 comités villageois d'alphabétisation ont également été créés. En améliorant leur niveau d'alphabétisation, ces femmes peuvent également renforcer leurs moyens de subsistance, améliorer leur accès aux soins de santé et renforcer leur résilience, dans l'une des provinces les plus isolées et les plus défavorisées d'Afghanistan. Photo : ONU Femmes/Sayed Habib Bidell

Comment les conflits perturbent-ils l’éducation des filles ?

À l’échelle mondiale, 119 millions de filles ne sont pas scolarisées. Dans les pays touchés par un conflit, les filles risquent deux fois plus de ne pas être scolarisées que celles qui vivent dans des pays non touchés par un conflit.

La guerre vole l’avenir des filles

Quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine, Olesia Bozhko, ancienne diplomate et fondatrice de Space of Knowledge, une organisation de la société civile basée à Kiev qui œuvre pour l’innovation pédagogique, a pris conscience du fait que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine était une guerre contre l’éducation.

Les attaques des forces russes ont détruit plusieurs milliers d’établissements d’enseignement, y compris des écoles et des jardins d’enfants. En juin 2024, la scolarité d’environ quatre millions d’enfants en Ukraine avait été perturbée, et approximativement 600 000 d’entre eux·elles ne pouvaient pas du tout être scolarisé·e·s à domicile.

Les filles ont plus de mal que les garçons à accéder à l'éducation ou à poursuivre leurs études lorsque le conflit perturbe les infrastructures, compromet la sécurité et réduit les revenus familiaux.

En Afghanistan, les filles n’ont pas le droit de fréquenter un établissement d’enseignement secondaire

Un mois après leur arrivée au pouvoir en Afghanistan en août 2021, les talibans ont interdit aux filles d’être scolarisées dans le secondaire.

Toutefois, la crise démarre encore plus tôt : près de 30 pour cent des filles afghanes ne sont jamais scolarisées en primaire en raison de la pauvreté, de normes de genre restrictives et de problèmes de sécurité. Les familles retirent tant les filles que les garçons de l’école afin de contribuer aux revenus des ménages ou pour les préparer au mariage. Le fait de priver les filles d’une éducation peut avoir des conséquences à vie et enfermer des communautés entières dans des cycles de pauvreté.

En 2025, 78 pour cent des jeunes femmes afghanes n’étaient ni scolarisées, ni employées, ni en formation, soit près de quatre fois plus que chez les jeunes hommes. Les grossesses précoces devraient augmenter de 45 pour cent cette année et la mortalité maternelle pourrait augmenter de plus de 50 pour cent.

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Une femme d'un certain âge utilise son téléphone portable, assise à l'intérieur d'un abri.
Scènes de la vie quotidienne en Ukraine sous le coup des coupures d'électricité pendant la grave crise hivernale, janvier 2026. Photo : ONU Femmes/Olha Ivashchenko.
Scènes de la vie quotidienne en Ukraine sous le coup des coupures d'électricité pendant la grave crise hivernale, janvier 2026. Photo : ONU Femmes/Olha Ivashchenko.

Où sont les femmes lors des négociations de paix ?

Lorsque les femmes sont présentes à la table des négociations, la paix est plus probable, plus inclusive et plus durable. Des études l’ont démontré à maintes reprises. Au Mali et dans les régions frontalières du Niger, quand la participation des femmes locales à la prévention des conflits est passée de 5 à 25 pour cent entre 2020 et 2022, cela a permis de résoudre plus de 100 conflits liés aux ressources naturelles locales.

Le processus de paix en Colombie a montré au monde entier ce qui se passe quand les femmes sont présentes à la table des négociations de paix au lieu d’être reléguées au second plan. Après 52 ans de conflit armé, alors que la paix semblait impossible, des associations de femmes colombiennes ont refusé de baisser les bras. Dans les années 2010, alors qu’un processus de paix commençait à prendre forme, les femmes de tout le pays se sont mobilisées, avec le soutien d’ONU Femmes : elles voulaient une place à la table des pourparlers de paix où les conditions de paix et de la reprise allaient être négociées. En 2016, lors de la signature de l’accord de paix officiel, les femmes représentaient 20 pour cent des membres de l’équipe de négociation du gouvernement national et 43 pour cent des délégués des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), soit la proportion la plus élevée de l’histoire moderne. 

Cela a abouti au tout premier accord de paix au monde à intégrer pleinement une perspective de genre, avec plus de 100 engagements en faveur des droits des femmes. Quand la paix a été signée sur le papier, les femmes ont exigé – et obtenu – des dispositions visant à protéger et à promouvoir les droits des femmes, et à garantir que ce qui leur était arrivé ne se reproduirait plus jamais.

Pourtant, si l’on considère la moyenne mondiale, les femmes ne représentent que 7 pour cent des négociateurs et 14 pour cent des médiateurs dans les processus de paix officiels.

Trop souvent, ceux qui déclenchent les guerres sont invités à la table des négociations de paix, et ceux qui s’investissent véritablement pour la paix, comme les groupes de femmes, sont systématiquement et constamment mis à l’écart. Cela dit, les femmes n’abandonnent pas et ne restent pas les bras croisés. Elles continuent à assumer des rôles majeurs dans la consolidation de la paix à l’échelle locale. Par exemple, les femmes artisanes de la paix en Éthiopie, au Liberia et au Kenya ont influencé les processus et les accords de paix aux niveaux local, régional et national. Des femmes au Yémen ont négocié l’accès des civils à l’eau. En 2024, les signataires des seuls accords de paix à avoir été conclus au Soudan du Sud comprenaient des représentantes de groupes de femmes.

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Les membres de l'équipe d'ONU Femmes écoutent les femmes au site d'accueil d'Alazhri, à Port-Soudan, lors d'une journée de distribution d'aide d'urgence. Photo : ONU Femmes/Ekram Hamad Fadlalla.
Les membres de l'équipe d'ONU Femmes écoutent les femmes au site d'accueil d'Alazhri, à Port-Soudan, lors d'une journée de distribution d'aide d'urgence. Photo : ONU Femmes/Ekram Hamad Fadlalla.
Les membres de l'équipe d'ONU Femmes écoutent les femmes au site d'accueil d'Alazhri, à Port-Soudan, lors d'une journée de distribution d'aide d'urgence. Photo : ONU Femmes/Ekram Hamad Fadlalla.

Comment ONU Femmes soutient-elle les femmes et les filles dans les zones de conflit ?

ONU Femmes est présente sur le terrain dans les zones de conflit à travers le monde. Nous travaillons avec les femmes et les filles, pour les femmes et les filles.

Le soutien que nous apportons est à la fois vital et durable. Nous collaborons avec des organisations dirigées par des femmes et de défense des droits des femmes afin de fournir des services de protection, des soins psychosociaux, une assistance financière et des opportunités génératrices de revenus pour les femmes.

Notre travail repose sur le principe selon lequel les femmes doivent avoir leur mot à dire dans les décisions qui affectent leur vie et leurs communautés. Nous veillons à ce que les expériences et les besoins des femmes et des filles orientent les interventions humanitaires et les efforts de relèvement, tout en intégrant l’égalité des sexes dans les systèmes de planification, de coordination et de financement d’urgence.

En tant qu’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et les droits des femmes, ONU Femmes a pour mission de promouvoir le programme pour les femmes, la paix et la sécurité , en veillant à ce que la participation, la protection et le leadership des femmes soient au cœur des efforts de paix et de sécurité.

Ce que vous pouvez faire pour aider

Depuis bien trop longtemps, l’histoire, les médias et les décideurs ont donné l’impression que l’expérience de la guerre était la même pour tout le monde. Toutefois, quand des inégalités façonnent déjà la vie des femmes en temps de paix, les conflits ne font que les exacerber.

  • Découvrez ce récit et partagez-le, lancez des conversations et posez des questions : où sont les femmes et les filles ? Comment vivent-elles les conflits ? Pourquoi ne sont-elles pas présentes dans les instances décisionnelles ?
  • Soutenez les organisations locales de femmes dans les zones de conflit.
  • Faites un don à ONU Femmes pour nous permettre de poursuivre notre travail auprès des femmes et de protéger leurs droits partout dans le monde.

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Les membres de l'équipe d'ONU Femmes écoutent les femmes au site d'accueil d'Alazhri, à Port-Soudan, lors d'une journée de distribution d'aide d'urgence. Photo : ONU Femmes/Ekram Hamad Fadlalla.
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