Journée internationale pour la prévention des catastrophes

Garantissant que les femmes jouent un rôle actif dans les interventions d’urgence et dans la réduction des catastrophes

Date : mardi 18 août 2015

Photo: UNICEF/Shehzad Noorani
Photo: UNICEF/Shehzad Noorani

Les crises ont un impact différent sur les femmes, les filles, les garçons et les hommes. Alors qu’elles sont souvent marginalisées, les femmes doivent être incluses dans les prises de décision concernant les formes d’assistance et de protection dont elles ont besoin en situation de crise. ONU Femmes travaille à garantir une équité entre les femmes et les hommes, à la fois en tant que partenaires et que bénéficiaires de l’action humanitaire.

Nous travaillons de manière proactive avec les actrices et acteurs humanitaires pour nous assurer que les plans d’intervention d’urgence intègrent de manière adéquate l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; que les femmes et les filles soient consultées de manière équitable pour comprendre leurs besoins et leurs vulnérabilités et pour les traiter ; et que les expertes et experts dans l’égalité des sexes soient inclus dans les équipes d’aide humanitaire qui interviennent dans les situations de crises.

Kalpana BK with Ashmita Tamang storing dignity kit provided by UNWomen in Panchkhal on July 1, 2015
Photo: UN Women/Samir Jung Thapa

Au Népal, ONU Femmes a organisé une réunion avec des groupes de femmes nationaux et la société civile quelques jours après le tremblement de terre. Les participantes et participants ont fait part des difficultés que les femmes et les filles éprouvent dans l’accès aux services humanitaires, du fait de la discrimination et de l’inégalité entre les sexes qui existent déjà. Elles ont développé une « Charte commune des revendications des femmes », qui porte sur l’intervention humanitaire et la planification stratégique du relèvement rapide. ONU Femmes et ses partenaires ont également distribué des trousses d’hygiène féminine et mis en place des centres polyvalents pour les femmes pour prévenir et intervenir face à la violence basée sur le genre, particulièrement parmi les populations déplacées.

UN Women Executive Director Phumzile Mlambo-Ngcuka visits Za'atari refugee camp for Syrian refugees during her trip to Jordan from 20 to 23 February 2014. Photo: UN Women Jordan/Abdullah Ayoub
Photo: UN Women Jordan/Abdullah Ayoub

ONU Femmes a joué un rôle actif en intervenant dans des situations de conflit sensibles, comme en Irak, en Syrie et au Soudan du Sud. L’initiative « Oasis » dans le camp de réfugiées et réfugiés de Za’atari en Jordanie, qui est soutenue par ONU Femmes, a permis d’accueillir plusieurs milliers de femmes et de filles réfugiées syriennes et de leur offrir une protection continue, des services d’intervention face à la violence basée sur le genre, un soutien psychologique, une éducation et des activités récréatives, ainsi que des programmes de formation professionnelle et de travail rémunéré.

À Juba au Soudan du Sud, ONU Femmes a mis en place des « centres d’accueil pour les femmes et les filles » qui offrent des espaces sûrs où les femmes peuvent se réunir régulièrement pour se rencontrer, partager et discuter de leurs problèmes et solliciter de l’aide. Ces centres proposent également des ateliers d’alphabétisation sur les compétences professionnelles, la prévention de la violence basée sur le genre, la consolidation de la paix et la réconciliation.

woman in Sierra Leone holding Ebola info card
Photo: UN Women/Emma Vincent

Dans les pays affectés par la crise de l’Ebola en Afrique de l’Ouest, ONU Femmes soutient les initiatives de sensibilisation et de plaidoyer afin de faire mieux comprendre les aspects de l’épidémie relatifs au genre et leur importance pour aider à enrayer la propagation de l’Ebola et en atténuer les impacts. Des experts en égalité des sexes dans l’action humanitaire ont été déployés pour soutenir l’intervention en cours et ONU Femmes a travaillé avec l’équipe de pays des Nations Unies en Sierra Leone pour lancer une stratégie d’intégration sexospécifique dans le cadre de l’épidémie d’Ebola au plus fort de la crise en octobre 2014.

Réduction des risques de catastrophe

À mesure que des catastrophes de plus en plus nombreuses frappent notre planète, nous promouvons des actions de réduction des risques de catastrophe plus sensibles aux questions de genre qui permettent d’analyser ces risques et de réduire leurs causes tout en prenant en compte les rôles et les normes liés au genre spécifiques à des cultures et des sociétés données. ONU Femmes promeut la formulation de politiques et la conduite de suivis et d’évaluations ayant trait aux questions de genre, ainsi que leur intégration dans les évaluations de la vulnérabilité, des risques et des capacités. Dans un certain nombre de pays, nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements et la société civile pour renforcer le rôle des femmes lorsque surviennent des catastrophes.

Photo: UN Women

Au Viet Nam par exemple, suite à des formations à la gestion des catastrophes pour les femmes menées parallèlement à une campagne de pression nationale, un décret gouvernemental a été publié en septembre 2013, prévoyant une participation officielle des représentantes de son « Union des femmes » aux décisions des différents conseils du Comité pour le contrôle des inondations et des tempêtes. Grâce aux formations dispensées par ONU Femmes, avant le début des inondations dans la commune d’An Dung, des plans étaient déjà prêts pour l’évacuation des populations vivant dans les zones de plaines, et aucune vie n’a été perdue.

Après les inondations survenues aux îles Fidji en 2012, avec l’appui et l’assistance technique d’ONU Femmes, leur Ministère de la Femme a développé des procédures opérationnelles standards destinées à contrer la violence basée sur le genre en tenant spécifiquement compte des crises humanitaires, ainsi que des lignes directrices pour les centres d’évacuation susceptibles de garantir la protection des femmes et des filles.

Cyclone destruction in Tonga
Photo: Ministry of Internal Affairs/’Ofa Masila

Après le cyclone qui s’est abattu sur les Tonga en 2014, les initiatives des autorités nationales, soutenues par ONU Femmes, ont permis de ventiler les données sur les populations affectées par sexe et par âge et d’aider à garantir que le Plan d’action humanitaire et l’évaluation de la protection étaient sensibles aux questions de genre. Du fait que les risques de violences à l’égard des femmes et des filles sont exacerbés au lendemain d’une catastrophe, ONU Femmes soutient également des formations destinées aux groupes d’intervention immédiate et aux responsables de la planification de la réduction des risques de catastrophe aux îles Fidji en vue de prévenir, de reconnaître et de lutter contre les violences dans les situations d’urgence à travers la région du Pacifique.

Financement de l’action humanitaire sensible aux questions de genre

Les investissements destinés au développement d’une programmation soucieuse de l’égalité entre les sexes dans l’action humanitaire sont faibles et sont en baisse. La part de financement de l’aide humanitaire affectée à des programmes qui mettent principalement l’accent sur l’égalité des sexes, ou qui y contribuent sensiblement, a baissé de 22 pour cent en 2013 à 12 pour cent en 2014.[1]

Toutefois, il est prévu que cette tendance change, car les États membres se sont récemment engagés à augmenter leurs contributions financières en faveur de l’égalité entre les sexes dans un certain nombre de domaines, y compris l’action humanitaire.

Coordination des Nations Unies

ONU Femmes remplit sa fonction humanitaire en fournissant au système humanitaire mondial une coordination et un leadership, une expertise technique, un renforcement des capacités et des mesures d’intervention et de plaidoyer basées sur les faits.

ONU Femmes s’engage également dans la préparation du Sommet humanitaire mondial qui se déroulera à Istanbul en mai 2016. L’objectif du sommet consiste à trouver des moyens pour renforcer les initiatives mondiales visant à sauver des vies et à réduire les difficultés dans les situations de crise. Ceci passe par une focalisation renforcée sur l’égalité entre les sexes et sur les droits des femmes afin de s’assurer que les nouvelles solutions humanitaires sont bénéfiques, autant pour les femmes que pour les hommes.

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