Où je me tiens : « J’ai été la première femme pêcheuse de mon village »

Yayi Bayam Diouf a été la première femme à devenir pêcheuse dans son petit village côtier du Sénégal. Ouvrant la voie à d’autres femmes, elle dirige maintenant un centre de formation où les femmes peuvent acquérir des compétences en entrepreneuriat et bénéficier d’un soutien. 

Date : jeudi 23 février 2017

Yayi Bayam Diouf. Photo: UN Women Senegal
Crédits : ONU Femmes Sénégal

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Quand mon fils est mort en traversant la Méditerranée pour rejoindre l’Espagne dans l’espoir d’y trouver un travail décent et une vie meilleure, je me suis retrouvée sans aucun soutien financier. Je viens d’une communauté traditionnelle de pêcheurs à Thiaroue-sur-Mer. Ici, ce sont les hommes qui vont en mer et prennent les décisions importantes.  

Les hommes de ma communauté disaient que je ne pouvais pas pêcher car je suis une femme et que le poisson ne mordrait pas à l’hameçon d’une femme qui a ses règles. Je leur ai répondu que j’étais déjà ménopausée et qu’ils n’avaient donc pas à s’inquiéter de ça. 

À la mort de mon fils, ONU Femmes m’a permis de suivre une formation dans le secteur de la pêche. J’ai appris comment pêcher, préparer les produits de la pêche et exploiter une ferme mytilicole. Je suis devenue plus sûre de moi pour faire valoir mes droits ‑ y compris mon droit à la pêche ! Et vous savez quoi ? D’autres femmes ont suivi mon exemple et ont commencé à pêcher. 

Ensemble, nous avons créé une ferme marine pour les moules et les espèces en danger. J’ai également créé un centre de formation pour les femmes de ma communauté, en particulier pour celles qui ont survécu à la violence. Elles peuvent y acquérir de nouvelles compétences et bénéficier d’un soutien. 

Nos revenus ont augmenté et nous avons diversifié nos produits. De nouveaux emplois ont vu le jour avec l’introduction de la plongée dans nos activités. Aujourd’hui, nous préservons notre environnement grâce à une meilleure gestion des ressources, tout en réduisant la pauvreté et en améliorant la sécurité alimentaire de notre communauté. » 


SDG 8: Decent work and economic growth
SDG 14: Life below water

Yayi Bayam Diouf, 68 ans, dirige un centre de formation pour les pêcheuses dans le village de Thiaroue-sur-Mer, près de Dakar, au Sénégal. Grâce à sa participation à plusieurs formations sur l’entrepreneuriat et le leadership proposées par ONU Femmes, Mme Bayam Diouf a brisé le plafond de verre et est devenue la première femme pêcheuse de son village. Elle a ensuite aidé d’autres femmes à sécuriser un moyen de subsistance à travers la pêche durable et la pisciculture. Son parcours illustre l’Objectif de développement durable (ODD) n° 8, qui promeut une croissance économique durable et partagée, l’accès à un plein emploi productif et à un travail décent pour toutes et tous, ainsi que l’ODD n° 14 qui soutient les mesures visant à conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins de développement durable.