Faits et chiffres : Le leadership et la participation des femmes à la vie politique

La participation équitable et le leadership des femmes dans la vie politique et publique sont essentiels pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030. Et pourtant, les données indiquent que les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux du pouvoir décisionnel à travers le monde, et que la parité entre les sexes est encore loin d’être atteinte dans la vie politique.

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Les femmes dans les postes à haute responsabilité de l’État

  • À partir du 19 septembre 2022, il y a 28 pays où 30 femmes sont chefs d’État et/ou de gouvernement [1]. Au rythme actuel, il faudra 130 ans pour que la parité dans les décisions politiques du plus haut niveau soit atteinte [2].
  • Seulement 13 pays ont une femme comme chef d’État, et seulement 15 pays ont une femme comme chef de gouvernement [3].
  • Seulement 21 pour cent des ministres de gouvernement étaient des femmes, et seulement 14 pays comptent 50 pour cent ou plus de femmes au sein de leurs cabinets [4]. Avec une augmentation annuelle de seulement 0,52 point de pourcentage, la parité entre les sexes dans les postes ministériels ne sera pas atteinte avant 2077 [5].
  • Les cinq portefeuilles les plus fréquemment détenus par les femmes ministres sont : Famille/enfants/jeunes/personnes âgées/en situation de handicap ; suivis par les affaires sociales ; l’environnement/les ressources naturelles/l’énergie ; l’emploi/le travail/la formation professionnelle, et la condition féminine/l’égalité des sexes [6].

Les femmes dans les parlements nationaux

  • Seulement 26 pour cent de tous les parlementaires nationaux sont des femmes, en hausse par rapport à 11 pour cent en 1995 [7].
  • Seulement cinq pays comptent 50 pour cent ou plus de femmes au parlement dans les chambres uniques ou basses : le Rwanda (61 pour cent), Cuba (53 pour cent), le Nicaragua (51 pour cent), le Mexique (50 pour cent) et les Émirats arabes unis (50 pour cent) [8].
  • Vingt-sept autres pays ont atteint ou dépassé 40 pour cent, dont quinze pays d’Europe, cinq en Amérique latine et aux Caraïbes, cinq en Afrique, un en Asie, et un dans la région du Pacifique [9].
  • Plus de deux tiers de ces pays ont appliqué des quotas en fonction du sexe — soit des quotas de candidats adoptés par voie législative, soit des sièges réservés — ouvrant la voie à la participation politique des femmes dans les parlements nationaux [10].
  • À l’échelle mondiale, on recense 24 États dans lesquels les femmes représentent moins de 10 pour cent des parlementaires dans les chambres basses ou uniques, y compris trois chambres basses/uniques sans aucune femme [11].
  • Au rythme actuel, la parité entre les sexes dans les instances législatives nationales ne sera pas atteinte avant 2063 [12].
  • En Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu’en Europe et en Amérique du Nord, les femmes occupent plus de 30 pour cent des sièges parlementaires. Les femmes représentent 26 pour cent des parlementaires en Afrique subsaharienne. En Asie de l’Est et en Asie du Sud-Est, on compte 22 pour cent de femmes parlementaires, suivies par l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest avec 21 pour cent de femmes dans les parlements nationaux. Il y a moins de 20 pour cent de femmes parlementaires en Asie centrale et en Asie du Sud et en Océanie [13].

Les femmes dans l’administration locale

  • Les données de 136 pays indiquent que les femmes constituent près de 3 millions (34 pour cent) des membres élus dans les organes de délibération locaux. Seulement deux pays ont atteint 50 pour cent, et 20 autres pays comptent plus de 40 pour cent de femmes au sein de l’administration locale [14].
  • Des variations régionales sont également notées pour la représentation des femmes dans les organes délibérants locaux, en janvier 2022 : Asie centrale et du Sud, 41 pour cent ; Europe et Amérique du Nord, 36 pour cent ; Océanie, 32 pour cent ; Asie de l’Est et du Sud-Est, 28 pour cent; Amérique latine et Caraïbes, 25 pour cent; Afrique subsaharienne, 25 pour cent ; Asie occidentale et Afrique du Nord, 18 pour cent [15].

Élargir la participation

  • La participation équilibrée à la vie politique et le partage du pouvoir entre les femmes et les hommes dans les prises de décision sont l’objet d’un consensus international fixé dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing [16]. La plupart des pays du monde n’ont pas atteint l’équilibre entre les sexes et peu d’entre eux ont fixé ou atteint des objectifs ambitieux en matière de parité des sexes (50–50).
  • Il est de plus en plus clair et établi que le leadership des femmes dans les processus décisionnaires politiques les améliore [17]. Par exemple, des recherches sur les panchayats (conseils municipaux) en Inde ont révélé que le nombre de projets d’eau potable dans les régions où les conseils municipaux étaient dirigés par des femmes était supérieur de 62 pour cent à celui des régions où les conseils municipaux étaient dirigés par des hommes. En Norvège, une relation causale directe a été déterminée entre la présence de femmes au sein des conseils municipaux et la couverture de garderies [18].
  • Les femmes font preuve de leadership politique en faisant abstraction des allégeances politiques par le biais de caucus de femmes parlementaires — même dans les environnements les plus combatifs sur le plan politique — et en défendant les questions d’égalité des sexes, telles que l’élimination de la violence basée sur le genre, le congé parental et les services de garde d’enfants, les pensions, les lois sur l’égalité des sexes, et la réforme électorale [19].

Notes

[1] Calcul d’ONU Femmes basé sur des informations fournies par des Missions permanentes auprès des Nations Unies. Seuls les chefs d’État élus ont été pris en compte.

[2] Calculs d’ONU Femmes.

[3] Calcul d’ONU Femmes basé sur des informations fournies par des Missions permanentes auprès des Nations Unies. Certains leaders occupent à la fois des positions de chef de gouvernement et de chef d’État. Seuls les chefs d’État élus ont été pris en compte.

[4] Union interparlementaire et ONU Femmes (2021). Femmes en politique : 2021.

[5] Calculs d’ONU Femmes.

[6] Union interparlementaire et ONU Femmes (2021). Femmes en politique : 2021.

[7] Union interparlementaire. Les femmes dans les parlements nationaux au 1er janvier 2022.

[8] Ibid.

[9] Ibid. Analyse d’ONU Femmes.

[10] Calcul d’ONU Femmes.

[11] Union interparlementaire. Les femmes dans les parlements nationaux au 1er janvier 2022.

[12] Calculs d’ONU Femmes.

[13] Union interparlementaire. Les femmes dans les parlements nationaux au 1er janvier 2022.

[14] ONU Femmes, Les femmes dans le gouvernement local. Date au 1er janvier 2022, récupérée le 19 septembre 2022.

[15] Ibid.

[16] Nations Unies (1995). Déclaration et Programme d’action de Beijing, Domaine critique G, « Les femmes et la prise de décisions ».

[17] ONU Femmes (2013). En bref : Leadership et participation des femmes à la vie politique.

[18] R. Chattopadhyay et E. Duflo (2004). « Women as policy makers: Evidence from a randomized policy experiment in India », Econometrica 72(5), pp. 1409–1443; K. A. Bratton and L. P. Ray. 2002. « Descriptive representation: Policy outcomes and municipal day-care coverage in Norway », American Journal of Political Science, 46(2), pp. 428–437.

[19] Union interparlementaire (2008). Égalité en politique : enquête auprès de femmes et d’hommes parlementaires.

Page mise à jour le 19 septembre 2022.

Across Latin America, women fight back against violence in politics
Elisa Zepeda Lagunas

Currently, Latin America is leading globally in local and parliamentary positions held by women. But the journey to political participation is fraught with rising violence and intimidation against women in politics. In the age of #MeToo, we bring you the voices of Latin American women who are raising their voices and running for office, against all odds. Read more »