Votre guide pour la CSW68

Tout ce que vous devez savoir sur le plus grand rassemblement mondial consacré à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles aux Nations Unies.

La 68e session de la Commission sur la condition de la femme (CSW68) aura lieu du 11 au 22 mars 2024, sous le thème prioritaire : « Accélérer la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles en s’attaquant à la pauvreté et en renforçant les institutions et le financement dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes ».   

Se déroulant chaque année à New York, la CSW est le plus grand rassemblement mondial de représentants/tes de la société civile, de responsables gouvernementaux, de décideurs/ses politiques et d’experts/tes en vue de dresser un bilan des progrès réalisés vers l’égalité des sexes, de discuter des questions urgentes et de convenir de mesures visant à transformer la vie des femmes et des filles partout.

La session 2024 de la Commission comprendra un éventail de réunions, de discussions de groupe, de dialogues interactifs, de tables rondes ministérielles et de négociations entre gouvernements, entre autres événements. Elle constitue une plateforme unique en son genre sur laquelle les féministes du monde entier peuvent défendre leurs causes, tirer des enseignements et partager leurs expériences.

Votre guide pour la CSW68

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Au cours de la 67e session de la Commission de la condition de la femme (CSW67), les participants observent la Journée internationale de la femme 2023, sur le thème « Pour un monde digital inclusif : innovation et technologies pour l’égalité des sexes ».
Au cours de la 67e session de la Commission de la condition de la femme (CSW67), les participants observent la Journée internationale de la femme 2023, sur le thème « Pour un monde digital inclusif : innovation et technologies pour l’égalité des sexes ». L’événement réunit des technologues, des innovateurs/rices, des entrepreneurs/es et des défenseurs/ses de l’égalité des sexes afin de souligner le rôle de toutes les parties prenantes dans l’amélioration de l’accès aux outils numériques,  et sera suivi d'une table ronde de haut niveau et de performances musicales. Photo : ONU Femmes/Ryan Brown

Quel sera le programme de la CSW68 ?

La Commission ouvrira la session le matin du 11 mars 2024, puis elle élira des représentants et commencera à discuter des solutions permettant de réduire la pauvreté des femmes, de renforcer les institutions et d’accroître les investissements pour accélérer les progrès en faveur de l’égalité des sexes.

Il est urgent d’accélérer les progrès : les dernières données montrent que 10,3 % des femmes dans le monde vivent dans l’ extrême  pauvreté  et qu’elles sont plus pauvres que les hommes. Le rythme des progrès réalisés dans l’éradication de la pauvreté doit être 26 fois plus rapide pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici à 2030.fois plus rapide pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici à 2030.

Au cours des deux prochaines semaines, la Commission discutera des meilleures pratiques et des politiques visant à combler l’écart de pauvreté entre les sexes et à sortir les femmes et les hommes de la pauvreté, afin de promouvoir un développement économique juste et durable dans toutes les nations du monde. Des représentants d’organisations non gouvernementales prononceront des déclarations sur ces sujets critiques et, de leur côté, les jeunes participeront à des dialogues avec les décideurs/ses et leur présenteront leurs recommandations.

À la fin de la deuxième semaine, la Commission conviendra d’un ensemble de mesures et de recommandations qui serviront de modèle pour améliorer  la vie des femmes et des filles, par une réduction de leur pauvreté temporelle et financière et un renforcement de leur leadership.

En parallèle à la session de la Commission, les États membres, les entités des Nations Unies et les ONG organiseront plusieurs centaines d’événements   pour se mobiliser autour de questions critiques liées à l’égalité des sexes.

La liste complète des événements parallèles est disponible ici

Pour les événements clés organisés par ONU Femmes, rendez-vous sur la page https://www.unwomen.org/fr/csw

 

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La CSW67 a clôturé avec succès sa session de deux semaines, avec des conclusions adoptées par les États membres  sur lesquelles toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les jeunes, peuvent s’appuyer pour promouvoir la participation et le leadership pleins et équitables des femmes et des filles
La CSW67 a clôturé avec succès sa session de deux semaines, avec des conclusions adoptées par les États membres  sur lesquelles toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les jeunes, peuvent s’appuyer pour promouvoir la participation et le leadership pleins et équitables des femmes et des filles dans le cadre de la conception, de la transformation et de l’intégration de technologies numériques et de processus d’innovation qui permettent de réaliser les droits humains des femmes et des filles et de répondre à leurs besoins. Photo : ONU Femmes/Ryan Brown

Pourquoi la CSW est-elle pertinente aujourd'hui ?

Il reste au moins 131 ans avant que le monde ne comble les entre les hommes et les femmes. Les femmes et les filles du monde entier continuent d’assumer des charges disproportionnées et de faire face à des préjugés sexistes ainsi qu’à une discrimination systémique qui entravent leur autonomie, les privent d’opportunités égales et compromettent leurs droits humains fondamentaux. 

La CSW68 est un moment clé pour faire le bilan de certaines des questions les plus urgentes et des défis émergents qui freinent l’avancement de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que pour parvenir à un consensus sur les politiques et les mesures qui peuvent aider à réduire les disparités de richesses, de revenus et d’accès aux opportunités que subissent les femmes et les filles.

La pauvreté des femmes a des implications profondes pour le Programme de développement durable. Si les tendances actuelles se poursuivent, environ 342 millions de femmes dans le monde vivront dans la pauvreté extrême en 2030. La pauvreté augmente les risques de violence à l’égard des femmes et des filles, et elle limite leurs opportunités d’éducation et d’emploi, ainsi que leur accès à des soins de santé et leur inclusion financière. Ces facteurs maintiennent les femmes dans une situation pauvreté. 

Avec la multiplication des conflits,des crises climatiques et humanitaires, les femmes sont les premières à subir les chocs les plus profonds, à perdre leur revenu et à assumer des plus grandes responsabilités familiales et  domestique non rémunérées. Les femmes et les filles vivant dans des contextes fragiles sont près de 8 fois plus susceptibles de vivre dans l’extrême pauvreté.

Malgré la nécessité évidente d’investir dans l’égalité des sexes, l’investissement financier dans les femmes  reste à un niveau alarmant. Selon les données provenant de 48 économies en développement, il faut 360 milliards de dollars US de plus chaque année pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.

 Accablés par la dette, de plus en plus de pays, souvent les plus pauvres, ne peuvent pas financer les services publics vitaux dont dépendent les femmes et les filles pauvres. En parallèle,  les organisations de femmes, qui jouent un rôle essentiel dans la promotion et la protection des droits des femmes, ne reçoivent pas suffisamment d'aide financière. Moins de 1 % de l’aide publique au développement (APD) va à des organisations qui défendent les droits des femmes.

Ces écarts dans l’égalité des sexes ne sont pas inévitables.  La CSW68 sera l'occasion pour les États membres, la société civile et les experts/tes de discuter et de convenir de mesures visant à accroître les investissements dans des politiques et des programmes qui s’attaquent aux inégalités entre les sexes et qui renforcent la capacité d’action et le leadership des femmes. 

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Le 18 janvier 1950, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités des Nations Unies a entendu une déclaration de Marie-Hélène Lefaucheux (France), une représentante de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, au sujet de la discrimination à l’égard des femmes. Peu avant le début de la réunion, Mme Lefaucheux (au centre) discute d’un document avec S. Grinberg-Vinaver.
Le 18 janvier 1950, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités des Nations Unies a entendu une déclaration de Marie-Hélène Lefaucheux (France), une représentante de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, au sujet de la discrimination à l’égard des femmes. Peu avant le début de la réunion, Mme Lefaucheux (au centre) discute d’un document avec S. Grinberg-Vinaver (à gauche), cheffe de la section des Nations Unies sur la condition de la femme. À droite se trouve Rose Parsons (États-Unis), vice-présidente du Conseil international des femmes. Photo : Nations Unies/Banque mondiale

Quelle est l’histoire de la CSW ?

La première session de la Commission de la condition de la femme a eu lieu en 1947, seulement deux ans après la création des Nations Unies, lorsqu’un groupe de 15 femmes représentantes de gouvernements du monde entier se sont réunies à New York pour commencer à poser les bases juridiques internationales de l’égalité entre les hommes et les femmes. 

Ces femmes pionnières ont entrepris des projets visant à sensibiliser le monde aux problèmes des femmes et à modifier les lois discriminatoires. La Commission a contribué à la rédaction dela Déclaration universelle des droits de l’homme, s’opposant à l’utilisation du terme « homme » pour désigner l’humanité, et elle a négocié une formulation plus propice à l’égalité des sexes. Elle a préparé les premières conventions internationales sur les droits politiques des femmes, les droits des femmes dans le mariage et leur droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale, entre autres avancées. Au cours des décennies qui ont suivi, la Commission a organisé quatre Conférences mondiales sur les femmes et établi plusieurs bureaux des Nations Unies consacrés à divers aspects des droits des femmes (qui ont été fusionnés pour former ONU Femmes en 2011).Conférences mondiales sur les femmes et établi un certain nombre de bureaux des Nations Unies consacrés à divers aspects liés aux droits des femmes (qui ont été fusionnés pour former ONU Femmes en 2011).

Pour en savoir plus sur l’histoire, les progrès et le rôle de la Commission, cliquez ici.

Ressources complémentaires

La 68e session de la Commission de la condition de la femme (CSW68)