Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres

Une pandémie aux formes variées

  • D'après les données nationales disponibles en fonction des pays, jusqu'à 70 pour cent des femmes sont confrontées à la violence physique ou sexuelle au cours de leur existence. La plupart du temps, la violence apparaît dans le cadre de relations intimes et de nombreuses femmes désignant leur conjoint ou partenaire comme étant l'auteur des violences perpétrées [1].
  • En Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux États-Unis, entre 40 et 70 pour cent des femmes victimes de meurtres sont assassinées par leur partenaire [2].
  • Plus de 64 millions de filles et d'adolescentes de par le monde sont mariées. 46 pour cent des femmes âgées de 20 à 24 ans en Asie du Sud et 41 pour cent en Afrique de l'Ouest et centrale affirment s'être mariées avant l'âge de 18 ans. Le mariage des enfants, avec pour corollaire des grossesses indésirées à un très jeune âge, peut mettre en danger la vie des adolescentes ; à l'échelle mondiale, les complications de grossesses constituent la cause principale de décès chez les filles de 15 à 19 ans [4].
  • Environ 140 millions de filles et de femmes dans le monde ont été victimes de mutilations génitales féminines, notamment de l'excision [5].
  • Des millions de femmes et de filles, victimes de la traite des êtres humains, se retrouvent prises au piège de l'esclavage moderne. À l'échelle mondiale, les femmes et les filles représentent 55 pour cent des victimes du travail forcé, estimées à 20,9 millions dans le monde, et 98 pour cent des victimes d'exploitation sexuelle, estimées à 4,5 millions [6].
  • Le viol est une tactique endémique des guerres modernes. Selon des estimations prudentes, entre 20 000 et 50 000 femmes ont été violées au cours de la guerre de 1992 à 1995 en Bosnie-Herzégovine [7], et environ 250 000 à 500 000 femmes et filles ont été victimes de viols au cours du génocide rwandais de 1994 [8].
  • Dans les pays de l'Union européenne, entre 40 et 50 pour cent des femmes subissent des avances sexuelles ou des contacts physiques indésirés ou d'autres formes de harcèlement sexuel au travail [9].
  • Aux États-Unis, dans les écoles publiques, 83 pour cent des filles de 12 à 16 ans ont été victimes d'une forme ou une autre de harcèlement sexuel [10].

D'autres formes de vulnérabilité

  • Les femmes vivant dans des zones urbaines sont deux fois plus susceptibles que les hommes de subir des violences, surtout dans les pays en voie de développement [11].
  • À New Delhi, selon une étude réalisée en 2010, 66 pour cent des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel entre deux et cinq fois au cours de l'année écoulée [12].
  • Les femmes sont déjà deux à quatre fois plus susceptibles que les hommes de contracter le VIH/sida au cours de relations sexuelles. Les relations sexuelles forcées et le viol augmentent encore ce risque du fait de l'utilisation improbable du préservatif dans ces circonstances et des blessures physiques qui en résultent [13].
  • Aux États-Unis, chez les femmes de plus de 20 ans, 11,8 pour cent des nouvelles infections par le VIH décelées au cours de l'année écoulée étaient attribuées à des violences exercées par un partenaire intime [14].

Le coût élevé de la violence

  • Les coûts annuels attribués à la violence conjugale ont été calculés et estimés à 5,8 milliards de dollars aux États-Unis en 2003 [15] et à 22,9 milliards de livres sterling en Angleterre et au Pays de Galles en 2004 [16].
  • Une étude réalisée en Australie en 2009 a estimé le coût de la violence envers les femmes et les enfants à 13,6 milliards de dollars australiens par an [17].

 

Notes

[1] Ces chiffres se basent sur des données relatives à 52 pays obtenues notamment dans le cadre des trois plus grandes enquêtes internationales relatives à la prévalence de la violence envers les femmes, La prévalence moyenne est de 40 pour cent. La proportion des femmes qui ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles au cours de leur existence est comprise entre 20 et 60 pour cent dans la plupart des zones étudiées. Données tirées de l'Étude multipays sur la santé des femmes et la violence domestique publiée par l'OMS en 2005, p. 46 de la version anglaise intégrale, Genève ; de H. Johnson, N. Ollus et S. Nevala, 2008, Violence Against Women: An International Perspective (La violence envers les femmes : une perspective internationale), p. 39, New York, Springer Science + Business Media ; de Demographic and Health Surveys (Enquêtes démographiques et de santé), ORC Macro, Calverton, Maryland ; et des centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention), « International Reproductive Health Surveys: Reports, Publications, and Datasets » (Enquêtes internationales sur la santé de la procréation : rapports, publications et ensembles de données). Voir la compilation des données complètes dans le rapport d'ONU Femmes, 2012 : Données sur la prévalence de la violence contre les femmes : études par pays.

[2] E. G. Krug, et al., éd., 2002, Rapport mondial sur la violence et la santé, Genève, Organisation mondiale de la santé. Cité par le Fonds des Nations Unies pour la population, 2005, L'État de la population mondiale 2005, p. 66, New York.

[3] Fonds des Nations Unies pour la population, 2003, « UNFPA et les jeunes : Imaginer », p. 3, New York.

[4] Basé sur le document World’s Women 1990 (Les femmes du monde 1990), Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, New York, cité par Black, M. 2001. « Early Marriage: Child Spouses » (« Mariage précoce : les enfants mariées »). Digest Innocenti, vol. 7, Florence : 11 et Pinheiro, P. S. et J. Ward. 2008. From Invisible to Indivisible: Promoting and Protecting the Right of the Girl Child to be Free from Violence (De l'invisible à l'indivisible : promouvoir et protéger les droits des filles à vivre à l'abri de la violence) : 29. Nations Unies, New York.

[5] Organisation mondiale de la santé, 2012, «  Mutilations génitales féminines, Aide-mémoire N° 241 », Genève.

[6] Chiffre dérivé des données couvrant la période de référence de 2002 à 2011. Organisation internationale du travail, 2012, « Estimation du travail forcé dans le monde : résultats, contexte et méthodologie », p. 14, Genève.

[7] Basé sur des rapports du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine et de la Commission européenne. J. Ward au nom du Reproductive Health Response in Conflict Consortium (Consortium sur la santé de la reproduction des réfugiés en situation de conflit), 2002, « Bosnia and Herzegovina » (« Bosnie-Herzégovine »), If Not Now, When?: Addressing Gender-based Violence in Refugee, Internally Displaced, and Post-Conflict Settings (Si pas maintenant, quand ? La lutte contre la violence fondée sur le genre chez les réfugiés, chez les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et au lendemain des conflits), p. 81. Cité par UNIFEM, Facts and Figures on Peace and Security (Faits et chiffres relatifs à la paix et à la sécurité).

[8] Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Rwanda, 1996, Rapport sur la situation des droits de l'homme au Rwanda, E/CN.4/1996/68, Nations Unies, New York.

[9] Direction Générale Emploi, Relations Industrielles et Affaires Sociales, 1998, « Harcèlement sexuel au travail dans l'Union européenne », p. iii, Bruxelles, Commission européenne. Cité par l'Assemblée générale des Nations Unies, 2006, « Étude approfondie de toutes les formes de violence à l'égard des femmes : rapport du Secrétaire général », A/61/122/Add.1, p. 42, New York.

[10] Basé sur une étude représentative au niveau national réalisée auprès d'élèves, filles et garçons, de la 8e à la 11e année. American Association of University Women (Association américaine des femmes universitaires), 2001, « Hostile Hallways: Bullying, Teasing, and Sexual Harassment in School » (« Des couloirs hostiles : l'intimidation, les moqueries et le harcèlement sexuel à l'école »), p. 4, Washington. Cité par l'Assemblée générale des Nations Unies, 2006, « Étude approfondie de toutes les formes de violence à l'égard des femmes : rapport du Secrétaire général », A/61/122/Add.1, p. 42, New York.

[11] F. Vanderschueren, 2000, « The Prevention of Urban Crime » (« La prévention de la délinquance urbaine »). Document présenté au Sommet Africités 2000, Windhoek, Namibie. Cité par l'ONU-HABITAT, 2006, State of the World’s Cities 2006/2007 (L'état des villes dans le monde 2006/2007), p. 144, Nairobi.

[12] JAGORI et ONU Femmes (2010).  Rapport sur l'étude de référence. Disponible en anglais à l'adresse : http://jagori.org/wp-content/uploads/2011/03/Baseline-Survey_layout_for-Print_12_03_2011.pdf.

[13] ONUSIDA, 1999, « AIDS: 5 years since ICPD: Emerging issues and challenges for Women, Young People & Infants » (« SIDA, 5 ans après la CIPD : nouveaux enjeux et défis pour les femmes, les jeunes et les petits enfants »), p. 11, Genève. Cité par D. L. Ferdinand, 2009, « A Manual for Integrating the Programmes and Services of HIV and Violence Against Women » (« Manuel pour l'intégration des programmes et services relatifs au VIH et à la violence envers les femmes »), p. 14, New York, Development Connections et UNIFEM.

[14] Basé sur une étude représentative au niveau national. J. Sareen, J. Pagura et B. Grant, 2009, « Is Intimate Partner Violence Associated with HIV Infection among Women in the United States? » (« Existe-t-il un lien entre la violence exercée par un partenaire intime et l'infection des femmes par le VIH aux États-Unis ? ») General Hospital Psychiatry (Psychiatrie clinique générale), 31(3), p. 277, Manitoba.

[15] Ce chiffre comprend les coûts directs des soins de santé et les pertes indirectes de productivité liés à la violence exercée par un partenaire intime, sur la base des estimations annuelles de 1995. National Center for Injury Prevention and Control (Centre national de prévention et de contrôle des blessures), 2003, Costs of Intimate Partner Violence Against Women in the United States (Les coûts de la violence conjugale envers les femmes aux États-Unis), p. 2, Atlanta, Centers for Disease Control and Prevention (Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies). Cité par l'Assemblée générale des Nations Unies, 2006, « Étude approfondie de toutes les formes de violence à l'égard des femmes : rapport du Secrétaire général », A/61/122/Add.1, p. 137, New York.

[16] Ce chiffre inclut les dépenses directes et indirectes exposées par les personnes, les employeurs et l'État en raison de violences. S. Walby, 2004, The Costs of Domestic Violence (Les coûts de la violence domestique), p. 12, Leeds, Service de la condition féminine et de l'égalité et Université de Leeds.

[17] Données calculées pour les violences exercées ou non par un partenaire intime, basées sur les taux de prévalence estimés pour 2007-2008, y compris, entre autres, les coûts personnels et publics directs et indirects liés à la souffrance, à la santé ainsi qu'aux dépenses juridiques et liées à l'emploi. The National Council to Reduce Violence against Women and their Children (Conseil national chargé de la réduction de la violence à l'égard des femmes et de leurs enfants), 2009, p. 4, Canberra, Commonwealth d'Australie.