Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres

Différentes formes de violences faites aux femmes

  • Selon les estimations, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime ou de violences sexuelles de la part d'une autre personne à un moment donné dans leur vie. Cependant, des études menées à l'échelle nationale font apparaître que 70 % des femmes ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie [1].
  • Les femmes victimes d'abus physiques ou sexuels infligés par leur partenaire sont deux fois plus susceptibles de recourir à un avortement, presque deux fois plus souvent sujettes à une dépression et, dans certaines régions du globe, 1,5 fois plus susceptibles de contracter le VIH/Sida, en comparaison aux femmes qui n'ont pas été victimes de violences [2].
  • Malgré la rareté des données chiffrées disponibles et face à de fortes disparités entre les pays et les différentes cultures au niveau des méthodes d'évaluation des violences psychologiques, les preuves existantes révèlent des taux de prévalence élevés. Dans les 28 États membres de l'Union européenne, 43 % des femmes ont été victimes au cours de leur existence de violences psychologiques exercées sous une forme ou une autre par un partenaire intime [3].
  • Selon les estimations, sur la totalité des femmes qui ont été victimes d'homicide dans le monde en 2012, près de la moitié l'ont été par un partenaire intime ou membre de la famille, contre moins de 6 % pour les hommes tués au cours de la même année [4].
  • En 2012, une étude menée à New Delhi a révélé que 92 % des femmes avaient déjà subi des manifestations de violences d'ordre sexuel dans un lieu public, et que 88 % des femmes avaient subi certaines formes de harcèlement sexuel (notamment des commentaires déplacés de nature sexuelle, des sifflements, des regards concupiscents ou des gestes obscènes) au cours de leur vie [5].
  • Dans le monde, plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants (avant l’âge de 18 ans). Parmi celles-ci, plus d'une sur trois ‑ soit près de 250 millions de femmes ‑ s'est mariée avant son 15e Les femmes-enfants mariées ont rarement la possibilité de négocier des rapports sexuels protégés, ce qui les rend vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, dont le virus du VIH/Sida, ainsi qu'à la maternité précoce [6].
  • Environ 120 millions de filles dans le monde (soit un peu plus d'une sur dix) ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ou à s'adonner à d'autres actes de nature sexuelle à un moment donné de leur existence. Mais les principaux responsables de violences sexuelles à l'encontre des filles restent de loin leurs partenaires actuels ou passés [7].
  • Selon les estimations, dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où ces pratiques néfastes sont les plus courantes, 133 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision quelle qu'elle soit. La pratique de ces MGF implique des risques de saignements prolongés, d'infection(s) (notamment par le VIH/Sida), des complications lors des accouchements, la stérilité, et la mort [8].
  • Près de la moitié des victimes de trafic d'êtres humains dans le monde sont des femmes adultes. Les femmes et les filles représentent environ 70 % des victimes, les filles seules représentant deux sur trois des victimes du trafic d'êtres humains subi par les enfants [9].
  • Selon le rapport de l'Union européenne, une femme sur dix âgée de plus de 15 ans a déjà été victime de cyber-harcèlement (qui peut prendre la forme de l'envoi de messages indésirables, de courriers électroniques ou SMS de nature offensive et sexuellement explicite ou d'avances offensives et importunes sur les sites des réseaux sociaux). Le risque de harcèlement de ce type est le plus élevé chez les jeunes femmes âgées de 18 à 29 ans [10].
  • On estime que 246 millions de filles et de garçons subissent des violences à l'école chaque année. Une fille sur quatre déclare ne jamais se sentir en sécurité lors de l'utilisation des toilettes en milieu scolaire, selon une enquête relative à la jeunesse menée dans quatre régions. Certes, l’étendue et les formes de violences en milieu scolaire diffèrent selon qu'elles concernent les filles ou les garçons, mais les éléments de preuve suggèrent que les filles connaissent un risque plus élevé de violences, de harcèlement et d'exploitation sexuelles. Au-delà des répercussions néfastes d'ordre psychologique, sexuel et relatifà la santé reproductive, la violence basée sur le genre en milieu scolaire constitue un obstacle majeur à l'accès universel à la scolarité et à la mise en application du droit à l'éducation pour les filles [11].

Des mesures pour faire face à la violence

  • Dans la majorité des pays où des données ont été recueillies, moins de 40 % des femmes victimes de violences cherchent activement une aide. Parmi les femmes qui se mettent en quête d'une aide effective, la plupart se tournent vers leur famille ou amis et très peu ont recours à des institutions ou dispositifs organisés, tels les services de santé ou les forces de police. Ainsi, moins de 10 % des femmes victimes de violence qui ont recours à de l'aide font appel à la police [12].
  • Au moins 119 pays ont promulgué des lois sur la violence familiale, 125 disposent de lois relatives au harcèlement sexuel et 52 sur le viol conjugal. Cependant, même là où des lois existent, celles-ci ne sont pas toujours en conformité avec les normes et les directives internationales ou mises en application [13].
  • L'existence de données chiffrées sur la violence contre les femmes s'est considérablement améliorée ces dernières années. Depuis 1995, plus de 100 pays ont réalisé au moins une enquête sur cette question. Quarante-quatre pays ont effectué une enquête entre 1995 et 2004 et 89 pays entre 2005 et 2014, traduisant ainsi un intérêt grandissant pour ce sujet. Plus de 40 pays ont mené au moins deux enquêtes sur la période de 1995 à 2014, ce qui signifie que l'évolution au fil des années pourra faire l'objet d'une analyse, à condition que les enquêtes soient comparables [14].

La violence au sein des groupes vulnérables

  • Les données existantes indiquent que certaines caractéristiques des femmes, telles leurs préférences sexuelles, la présence d'un handicap ou leur origine ethnique, ainsi que certains facteurs contextuels, par exemple les crises humanitaires, dont les situations de conflit et postérieures à un conflit, peuvent accroître la vulnérabilité des femmes face à la violence [15].
  • En 2014, 23 % des femmes non hétérosexuelles (se déclarant lesbiennes, bisexuelles ou autre) interrogées au sein de l'Union européenne ont indiqué avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles perpétrées tant par des hommes que par des femmes autres que leur partenaire, à comparer avec 5 % dans le cas des femmes hétérosexuelles [16].
  • En outre, 34% des femmes souffrant d'un problème de santé ou d'un handicap ont rapporté avoir subi une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire au cours de leur existence, contre 19 % pour les femmes ne déplorant aucun problème de santé ou handicap, toujours selon les données recueillies au sein de l'Union européenne [17].

Notes

[1] Organisation Mondiale de la Santé, Département Santé et recherche génésiques, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Conseil sud-africain de la Recherche médicale (2013). Estimations mondiales et régionales de la violence à l'encontre des femmes : prévalence et conséquences sur la santé de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire, p.2. Pour obtenir des informations spécifiques par pays, voir Les femmes dans le monde 2015, Tendances et statistiques, Chapitre 6, La violence contre les femmes, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, 2015.

[2] Ibid.

[3] Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, p. 71.

[4] Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (2014). Étude mondiale sur l'homicide 2013, p. 14.

[5] ONU Femmes (2013). Initiative mondiale « Des villes sûres » des Nations Unies.

[6] UNICEF (2014). Mettre fin au mariage d'enfants : Avancées et perspectives, p. 2, 4.

[7] UNICEF (2014). Cachée sous nos yeux : Une analyse statistique de la violence envers les enfants, p. 167.   

[8] UNICEF (2014). Mutilation génitale féminine/excision : accélérer le changement, p. 2-3.

[9] UNODC (2014). Rapport mondial sur la Traite des Personnes, p. 5, 11.

[10] Voir Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, p. 104.

[11] Données extraites du (i) Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous (Rapport mondial EPT), UNESCO, Initiative des Nations Unies en faveur de l'éducation des filles (2015)Les violences de genre en milieu scolaire font obstacle à la réalisation d’une éducation de qualité pour tous, Document de politique 17, et (ii) UNGEI (2014). Infographie Mettre fin aux violences de genre en milieu scolaire

[12] Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (2015). Les femmes dans le monde 2015, Tendances et statistiques, p. 159.

[13] Ibid, p. 160.

[14] Ibid, p. 140.

[15] Voir Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, Annex 3, p. 184-188.

[16] Ibid.

[17] Ibid.

[Dernière mise à jour de cette page en octobre 2015.