Leadership et participation à la vie politique : quelques faits et chiffres

Représentation des femmes dans les parlements

  • En juin 2017, seuls 23,3 % des parlementaires nationaux étaient des femmes, témoignant d’une lente augmentation par rapport aux 11,3 % en 1995 [1].
  • En octobre 2017, 11 femmes étaient des chefs d’État et 12 étaient des chefs de gouvernement [2].
  • Le Rwanda est le pays comptant le plus grand nombre de femmes parlementaires au monde. Les femmes y occupent 61,3 % des sièges dans la chambre basse [3].
  • En juin 2017, au niveau mondial, 32 États comptaient moins de 10 % de femmes parlementaires dans des chambres monocamérales ou basses, dont 3 chambres sans la moindre représentation de femmes [4].

Représentation au niveau régional

  • Dans chaque région, il subsiste d’importantes différences entre les pourcentages moyens de femmes siégeant dans les chambres monocamérales, basses et hautes. En juin 2017, ces moyennes s’établissaient ainsi : pays nordiques, 41,7 % ; Amériques, 28,1 % ; Europe avec les pays nordiques, 26,5 % ; Europe sans les pays nordiques, 25,3 % ; Afrique subsaharienne, 23,6 % ; Asie, 19,4 % ; États arabes, 17,4 % ; et Pacifique, 17,4 % [5].

Autres sphères gouvernementales

  • En janvier 2017, seuls 18,3 % des ministres de gouvernement étaient des femmes ; les portefeuilles les plus fréquemment détenus par des femmes étaient ceux de l’environnement, des ressources naturelles et de l’énergie, suivis par ceux liés au secteur social, tels que les affaires sociales, l’éducation et la famille [6].
  • La proportion mondiale de femmes siégeant dans les instances infranationales est actuellement inconnue, ce qui constitue une lacune majeure dans les connaissances [7].

La représentation des femmes au sein de ces instances peut pourtant faire la différence. Une étude sur les panchayats (conseils locaux) en Inde a révélé que les conseils dirigés par des femmes géraient 62 % de projets portant sur l’eau potable en plus que les conseils dirigés par des hommes. En Norvège, un lien direct de cause à effet a été démontré entre la présence de femmes dans les conseils municipaux et le taux de couverture en matière de garde d’enfants [8].

Augmenter la participation

  • En juin 2017, seuls 2 pays avaient atteint le seuil de 50 % ou plus de femmes siégeant aux parlements (chambres monocamérales ou basses) : le Rwanda avec 61,3 % et la Bolivie avec 53,1 % ; mais un plus grand nombre de pays avaient atteint un seuil de 30 % ou plus. En juin 2017, 46 chambres monocamérales ou basses étaient composées d’au moins 30 % de femmes. Parmi ces pays, 19 en Europe, 13 en Afrique subsaharienne et 11 en Amérique latine appliquaient une forme de quotas (quotas de candidates à l’élection législative ou sièges réservés) pour la participation des femmes à la vie politique dans les parlements nationaux [10]. L’équilibre entre les sexes dans la participation à la vie politique et la prise de décisions est la cible convenue au niveau international, définie dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing [11].
  • Il est de plus en plus clairement établi que le leadership des femmes dans les processus de prise de décisions politiques les améliore [12]. Les femmes démontrent un leadership politique en dépassant les lignes politiques de leurs partis respectifs par le biais de conseils de femmes parlementaires - et ce, même dans les environnements politiques les plus compétitifs - et en défendant certaines causes liées à l’égalité des sexes, comme l’élimination de la violence basée sur le genre, le congé parental et la garde d’enfants, les lois relatives à l’égalité des sexes et les réformes électorales [13].

Notes

[1] Chambre monocamérale ou chambre basse. Union interparlementaire. « Women in national parliaments, as of 1 June 2017 ».

[2] Calculs d’ONU Femmes basés sur les informations fournies par les missions permanentes auprès des Nations Unies. Certaines dirigeantes sont à la fois chefs d’État et de gouvernement.

[3] Union interparlementaire. « Women in national parliaments, as at 1 June 2017 ».

[4] Ibid.

[5] Union interparlementaire. « Women in national parliaments, as at 1 June 2017 ».

[6] Union interparlementaire et ONU Femmes. « Women in Politics 2017 Map », disponible à l’adresse : http://www.unwomen.org/en/digital-library/publications/2017/4/women-in-politics-2017-map

[7] Rapport du Secrétariat général des Nations Unies sur les femmes et la participation à la vie politique (2013). « Promotion de la participation des femmes à la vie politique : intervention et bilan », A/68/184.

[8] R. Chattopadhyay et E. Duflo, 2004. « Women as Policy Makers: Evidence from a Randomized Policy Experiment in India », Econometrica 72 (5), p. 1409-1443 ; K. A. Bratton et L. P. Ray, 2002, « Descriptive Representation: Policy Outcomes and Municipal Day-Care Coverage in Norway ». American Journal of Political Science, 46(2), p. 428-437.

[9] Union interparlementaire. « Women in national parliaments, as at 1 June 2017 ».

[10] Calculs d’ONU Femmes basés sur la Global Data Base of Quotas on Women, IDEA, Stockholm University et UIP http://www.quotaproject.org/, consultée en juillet 2017, et UIP, http://www.ipu.org/wmn-e/world.htm.

[11] Déclaration et Programme d’action de Beijing, Domaine critique G « Les femmes et la prise de décisions ».

[12] ONU Femmes. « En bref : Leadership et participation politique des femmes ».

[13] Union interparlementaire, 2008« Equality in Politics: A Survey of Men and Women in Parliaments ».

[Mise à jour en juillet 2017]