Où je me tiens : Maria Judite da Silva Ballerio

Date : lundi 13 juin 2016

Maria Judite da Silva Ballerio. Photo: UN Women/Ryan Brown
Photo: ONU Femmes/Ryan Brown
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J'ai une nièce atteinte du virus Zika. C'est une autochtone. Une grande panique règne parmi les femmes au Brésil. Les communautés autochtones vivent dans des régions reculées, isolées, parfois dépourvues de tous moyens de communications. Les femmes autochtones n'ont pas été informées du mode de transmission du virus Zika. Elles ne savent pas comment affronter les épidémies. Comment des femmes autochtones, vivant loin de toute culture capitaliste, peuvent-elles obtenir des produits pour se prémunir des piqûres de moustiques ? Comment ces femmes, qui n'ont ni la télévision ni accès aux communications de masse, peuvent-elles avoir connaissance de ce virus, de sa transmission ou de sa prévention ? Les voilà frappées par ce virus sans le savoir.

Nous avons mené une action de sensibilisation parmi les femmes autochtones, premièrement pour leur fournir des informations sur le virus, sur ses modes de transmission et sur les moyens d'éviter l'infection, et ensuite pour dire aux femmes qui en sont déjà infectées qu'il ne s'agit pas d'une malédiction, mais d'une maladie comme les autres. Travaillant auprès de femmes atteintes de ce virus, nous leur apprenons à coopérer avec les organisations de santé autochtones.

Je poursuis ce travail avec la COAPIMA, une organisation s'employant à coordonner les organisations autochtones de l'état de Maranhão. Je travaille également avec un réseau de jeunesse autochtone qui recourt aux technologies de l'information pour propager des informations par courrier électronique, Internet et SMS. Nous collaborons aussi avec un réseau élargi de femmes autochtones à travers les Amériques. »


ODD 3 : Bonne santé et bien-être

Maria Judite da Silva Ballerio, 21 ans, est une femme autochtone de la communauté de Guajajajara, dans l'état de Maranhão, au Brésil. Conseillère politique auprès de la Coordination des organisations autochtones du Maranhão (COAPIMA), elle se consacre à la sensibilisation des femmes autochtones des localités aux questions de santé et aux droits de la femme. ONU Femmes a entrepris de mobiliser différents réseaux et organisations communautaires en vue d'apporter information et soutien sur le Zika, et de prévenir et minimiser la propagation de l'infection au sein de leurs communautés. ONU Femmes diffuse également de l'information à travers les médias de masse, y compris au moyen d'émissions radiophoniques, dans la région amazonienne, ainsi qu'au moyen de produits hors ligne tels que 50 000 dépliants en cours de distribution parmi différents réseaux, dont l'APIB (Articulação de Povos Indigenas do Brasil), une organisation nationale de défense des droits autochtones affiliée à la COAPIMA. L'Objectif de développement durable n° 3 Permettre à toutes et tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être chaque personne à tout âge, vise à éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans, et à mettre fin aux épidémies, notamment les maladies tropicales et autres maladies transmissibles.

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