Où je me tiens : Yoeurn Reaksa

Date : mardi 5 juillet 2016

Yoeurn Reaksa has been employed at a garment factory for over a year. Photo: UN Women Cambodia/Lisa Taieb
Photo: ONU Femmes Cambodge/Lisa Taieb

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Les hommes qui travaillent à l’atelier me dévisageaient et me disaient que j’étais suffisamment grande pour être ‘consommée’. J’étais la nouvelle venue. Marcher les quelques pas entre mon poste de travail et les toilettes me rendait très mal à l’aise. Les nouvelles recrues à l’atelier doivent souvent faire face au harcèlement. Je me sentais tellement en colère. Je ressentais le besoin de leur dire que leur attitude n’était pas convenable. Mais si je l’avais fait, des choses graves auraient pu se produire.

Le projet sur le harcèlement sexuel m’a donné le courage nécessaire pour prendre position contre cette violence. Mes collègues de travail et moi-même avons écrit une chanson sur ce que cela veut vraiment dire de se sentir en sécurité face à la violence. La chanson a été filmée et diffusée sous forme de vidéo musicale. Nous l’avons interprétée pendant les 16 jours de la campagne d’activisme de CARE et lors des rencontres que cette association a organisées pour sensibiliser les personnes vivant dans nos communautés.

Aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé. Nous avons une campagne contre le harcèlement sexuel à l’atelier, ainsi qu’une politique s’appliquant à nos lieux de travail qui fait savoir à tous que le harcèlement sexuel est inacceptable et que si quelqu’un rapporte un tel comportement, la chose recevra toute l’attention voulue. Je peux dorénavant prendre une pause sans me sentir nerveuse. Je me sens en sécurité et heureuse. »


ODD 5 : Égalité entre les sexes
ODD 8 : Travail décent et croissance économique

Yoeurn Reaksa, âgée de 20 ans, vient d’un district rural du Cambodge. Il y a un an, elle s’est installée à Phnom Penh, la capitale du pays, pour travailler dans un atelier de fabrication de vêtements. CARE Cambodge lutte contre le harcèlement sexuel et la violence basée sur le genre avec le soutien du Fonds d’affectation spéciale de l’ONU pour mettre fin à la violence contre les femmes,  géré par ONU Femmes pour le compte du system de l’ONU. Les responsables du projet travaillent en lien direct avec les usines pour définir des politiques relatives au harcèlement sexuel sur les lieux de travail et pour organiser des activités avec la participation des employées et employés. Ces initiatives contribuent à la réalisation de l’objectif de développement durable n° 8 relatif à la promotion d’un travail décent pour toutes et tous, et notamment à celles de ses cibles concernant la protection des droits du travail et la promotion d’un environnement de travail sûr et sécurisé pour tous les employés ; elles favorisent de même l’atteinte de l’objectif de développement durable n° 5 relatif à la promotion de l’égalité des sexes, y compris celles de ses cibles visant à prévenir et à mettre fin à toutes les formes de la violence à l’encontre des femmes et des filles.

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