Communiqué de presse : ONU Femmes annonce la nomination de la première Ambassadrice de bonne volonté régionale pour l’Afrique

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Jaha Dukureh participates in a panel discussion following the US premiere of Jaha’s Promise, hosted by UN Women and the Wallace Global Fund, held at United Nations in New York on 6 June, 2017.   Photo: UN Women/Ryan Brown
Jaha Dukureh. Photo: ONU Femmes/Ryan Brown

New York - Lors de la Journée internationale de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines (MGF), le 6 février, ONU Femmes annonce la nomination de la célèbre militante Jaha Dukureh de Gambie comme son Ambassadrice de bonne volonté régionale. Mme Dukureh va se consacrer au soutien d’ONU Femmes dans ses efforts pour mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF) et au mariage des enfants en Afrique, en mettant l’accent sur la mobilisation des jeunes.

Victime elle-même de MGF et forcée de se marier à l’âge de 15 ans, Mme Dukureh est la PDG et la fondatrice de l’ONG « Safe Hands for Girls » (Les filles entre de bonnes mains) qui apporte un soutien aux femmes et aux filles d’Afrique victimes de MGF et s’attaque aux graves conséquences physiques et psychologiques qui subsistent tout au long de leur vie. Outre son aide aux organisations féminines et à la société civile, elle a apporté son concours dans la décision du Gouvernement gambien d’interdire les MGF en mobilisant des jeunes et en menant campagne à travers le pays.

Mme Dukureh a également joué un rôle important dans la recommandation à l’administration du président Obama d’enquêter sur la prévalence des MGF aux États-Unis, ainsi qu’au Sommet pour mettre fin aux MGF qui y a subséquemment eu lieu, le 2 décembre 2016, au United States Institute of Peace (Institut des États-Unis pour la paix).

Dans le monde, 200 millions de filles aujourd’hui en vie ont subi des mutilations génitales et, rien qu’en Afrique, quelque 125 millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui ont été mariées avant leur 18e anniversaire. Elles subissent toute une série de conséquences pénalisantes, telles que des taux élevés de mortalité pendant leur accouchement et l’arrêt de leurs études, qui ont des implications dans la durée concernant leur capacité à sortir de la pauvreté et des inégalités ou de faire entendre leurs points de vue dans les prises de décisions à propos de leur propre existence. Les initiatives en cours à travers le continent, que ce soit celles de l’Union africaine, d’organisations féminines, de militants de base, de l’initiative Spotlight de l’Union européenne, ou encore celles des programmes mondiaux des agences des Nations Unies qui s’inscrivent dans la durée, tels que le FNUAP et l’UNICEF, sont en train d’aborder ces questions et d’aller même au-delà.

Accueillant la nouvelle Ambassadrice de bonne volonté régionale, Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d’ONU Femmes a déclaré : « Jaha Dukureh est une militante convaincante et éloquente qui possède une profonde expérience de ces questions, qu’elle a puisées de sa propre existence et de son travail ». Elle est le reflet de la nouvelle génération de jeunes femmes africaines autonomisées, devenues des citoyennes du monde. Elle reste engagée et dévouée à son continent, l’Afrique, tout en acceptant de soutenir les femmes et les filles partout dans le monde. Son histoire est une de courage, qui nous indique que les filles et les jeunes femmes sont capables et prêtes à changer le monde. La situation dans laquelle elles se trouvent au départ n’a pas d’incidence sur ce qu’elles pourront accomplir dans la vie. Nous nous réjouissons à l’avance des initiatives qu’elle prendra et de la voix des jeunes qu’elle mobilisera pour aider à mettre fin à ces pratiques néfastes. Son soutien va relever le travail d’ONU Femmes ainsi que celui d’un large éventail de championnes en exercice ». Elle a ajouté, « Mettre fin aux MGF et au mariage des enfants comporte une vision d’un avenir meilleur. La contribution de Jaha nous aidera à y parvenir ».

« Ces questions me sont personnelles, elles font partie de l’histoire de ma vie. Nous ne parviendrons pas à l’égalité des sexes aussi longtemps que les filles ne seront pas capables de grandir en prenant le contrôle de leur propre corps et de leur avenir », a déclaré Mme Dukureh. « Je suis fière de me joindre à ONU Femmes dans sa lutte pour les droits des femmes et des filles partout en Afrique. Je veux voir advenir le jour où aucun parent ne prendra une décision qui changera et imposera des limites à la vie de ses filles. Les filles d’Afrique et du monde entier doivent savoir que leur avenir est plus grand qu’elles ne peuvent l’imaginer ».

Les ambassadrices de bonne volonté d’ONU Femmes sont des personnalités venant du monde des arts, des sciences, de la littérature, des sports et d’autres domaines de la vie publique qui ont exprimé le désir de sensibiliser aux efforts que déploie ONU Femmes et de transmettre des messages sur les activités de l’organisation à un large public.

BRÈVE BIOGRAPHIE : JAHA DUKUREH, AMBASSADRICE DE BONNE VOLONTÉ RÉGIONALE D’ONU FEMMES CHARGÉE DE METTRE FIN AUX MGF ET AUX MARIAGES D’ENFANTS

Jaha est née en Gambie en 1989 et est devenue citoyenne américaine en 2015. Elle est mariée et a des enfants de son second mariage. Son premier mariage, qui avait été arrangé, a eu lieu alors qu’elle avait 15 ans, avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle.

Elle est devenue la fondatrice et la PDG d’une organisation à but non lucratif Safe Hands for Girls en 2013.

En 2014, par le biais d’une pétition adressée à l’administration du président Obama sur Change.org qui a abouti, elle a contribué au lancement d’une initiative visant à enquêter sur la situation relative aux MGF aux États-Unis et à l’organisation subséquente d’un Sommet pour mettre fin aux MGF tenu le 2 décembre 2016 à l’Institut des États-Unis pour la paix.

Outre son soutien aux organisations féminines et à la société civile, Jaha a contribué à une décision du Gouvernement gambien interdisant les MGF en mobilisant les jeunes et menant campagne en Gambie.

En février 2015, Jaha a rencontré Ban Ki-Moon, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines.

En avril 2016, à l’âge de 25 ans, elle a figuré dans la liste de Time 100 des personnes les plus influentes au monde, dans la section « Liste de dirigeants » de ce magazine.

En mars 2017, le documentaire sur sa vie et son travail pour mettre fin aux MGF « Jaha Promise » (La promesse de Jaha) a été diffusé.

En décembre 2017, le magazine New African l’a citée en tant qu’une des 100 personnalités africaines les plus influentes de 2017 pour son travail en tant que militante. Le même mois, lors de la 7e Cérémonie annuelle de remise de distinctions à la diaspora africaine, elle a reçu le prix « Human rights activist, Humanitarian of the Year » (Militante pour les droits humains, humanitaire de l’année) en reconnaissance de son travail pour mettre fin aux MGF.

Jaha œuvre actuellement en faveur de la mobilisation sociale en Gambie à travers les villages du pays, utilisant un bus rose pour projeter son film afin de stimuler la discussion et le changement. Une grande marche est prévue à Banjul le 6 février 2018 pour commémorer la journée « Tolérance zéro aux MGF ».