Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines

Déclaration d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Le moment est venu de s’unir, de récolter des fonds et d’agir pour mettre fin aux mutilations génitales féminines

Date : samedi 6 février 2021

Pendant 35 ans, Yatta Fahnbulleh a gagné sa vie dans le nord-ouest du Liberia en initiant des filles à l’âge adulte par des rituels comprenant les mutilations génitales féminines (MGF) – une pratique qui viole les corps des filles ainsi que leurs droits humains. Elle est l’une des nombreuses praticiennes de MGF qui voulaient s’arrêter mais qui ne trouvait pas d’autre moyen d’assurer sa subsistance et celle de sa famille. Aujourd’hui, elle est traiteur, ayant suivi une formation avec environ 300 autres praticiennes traditionnelles de MGF via l’Initiative Spotlight UE-Nations-Unies, qui les a munies de capacités leur permettant de percevoir des revenus venant de sources alternatives telles que l’agriculture intelligente face au climat, la fabrication de savon, ou la couture.

Le programme est l’une des nombreuses façons dont ONU Femmes et nos partenaires travaillent avec des leaders traditionnels et culturels pour changer les normes qui pérennisent des pratiques néfastes telles que les MGF. Il est plus important que jamais de poursuivre ce travail à l’heure où les effets de la pandémie de COVID-19 menacent les moyens d’existence et augmentent les vulnérabilités financières, contribuant au risque de subir des revers et renoncer aux progrès importants réalisés dans l’égalité des sexes.

Par rapport à la situation qui prévalait il y a trente ans, les filles ont aujourd’hui trois fois moins de risques de subir une MGF, mais la pandémie de COVID-19 semble augmenter la pratique. Non seulement limite-t-elle notre marge de manœuvre pour un travail de prévention critique, mais de nombreuses exciseuses traditionnelles à cours de revenus durant le ralentissement économique ont recommencé, approchant les familles directement de porte à porte à la recherche de travail. Si rien n’est fait, d’ici 2030, jusqu’à 2 millions de cas supplémentaires de MGF, évitables dans d’autres circonstances, pourraient se présenter d’ici 2030. Des données d’ONU Femmes et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) montrent que la crise plongera 96 millions de personnes dans une pauvreté extrême d’ici 2021, avec le risque que les MGF et le mariage d’enfants soient utilisés comme mécanismes de survie négatifs pour atténuer une incertitude physique et financière extrême. Les filles appartenant aux groupes les plus marginalisés courront encore plus de risques de MGF et de mariage d’enfant. Les fermetures d’écoles liées à la pandémie augmentent les occasions de pratiquer les MGF sur les filles à domicile, ce qui ne fait qu’aggraver le risque de complications de santé et de transmission de COVID-19. Et, alors que la crise fait courir un risque élevé à 11 millions de filles de ne jamais retourner à l’école, les futures générations de femmes non scolarisées sont bien plus susceptibles de soutenir le maintien de la pratique.

Cette Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines est un moment propice pour mener le changement partout où nous avons une voix et de l’influence ; de financer les approches qui ont fait leurs preuves et de soutenir les organisations féminines pour le faire ; de demander des comptes pour les actions communautaires et étatiques ; de fournir un soutien essentiel aux services de santé et sociaux pour les survivantes de MGF ; et d’écouter les adolescentes et les jeunes femmes et leur permettre de décider de ce qui touche à leur propre vie et à leurs corps.

Les récits de changements tels que celui de Yatta soulignent ce qui peut être réalisé lorsque la volonté et le soutien nécessaires existent, et à quel point il est important que des millions de filles des générations actuelles et futures deviennent des jeunes femmes en bonne santé et éduquées. La COVID-19 nous a montré que nous ne pouvons pas prendre les progrès réalisés sur cette question comme acquis. Nous avons l’occasion de nous regrouper et d’intervenir ensemble pour éliminer les MGF et toutes les formes de violence contre les femmes et les filles, à l’occasion du prochain Forum Génération Égalité d’ONU Femmes – le plus important rassemblement pour l’investissement dans l’égalité des sexes et pour sa mise en œuvre dans un quart de siècle. Par le biais de ses Coalitions d’action, notamment pour contrer la violence basée sur le genre et défendre les droits et la santé sexuelle et génésique, respectivement, nous allons mobiliser une volonté et des ressources de manière extensive pour faire avancer cet important travail axé sur les adolescentes. Saisissons cette occasion pour #Act2EndFGM et, ensemble, créons un monde dans lequel l’égalité des sexes est réellement garantie.