Dans les paroles de Julienne Lusenge : Les femmes sont les premières victimes de la guerre en RDC

Date : mardi 1 décembre 2015

Julienne Lusenge. Photo: UN Women/Ryan Brown
Julienne Lusenge. Photo: UN Women/Ryan Brown

Julienne Lusenge est la Directrice de la Fonds pour les femmes congolaises (FFC) et Présidente de Sofepadi en République dominicaine du Congo, ou « la violence règne dans la vie quotidienne ». Elle a parlé au débat public du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité en octobre 2015 à propos de la violence basée sur le genre:

« Les femmes sont les premières victimes de la guerre, mais elles sont la seule et unique clé pour la paix. En ce moment, les femmes de Rutsuru et de Beni au Nord Kivu en RDC, sont assassinées, massacrées, égorgées, éventrées, elles subissent des viols et les violences sexuelles, des enlèvements, et l'esclavage sexuelle. Je pourrais même vous nommer les chiffres; mais une femme, c’est déjà une de trop… Je rêve de voir arriver le jour où il n’y aura plus d’armes qui nourrissent la violence dans mon pays ». Lisez son discours complet ici.

Mme Lusenge a rencontré ONU Femmes après, pour discuter des défis et de la discrimination que les femmes congolaises endurent, dans ses propres mots ...

« Il y a la guerre depuis 20 ans dans notre pays, donc il n’y a pas de sécurité. Si on arrête cette guerre, on aura la sécurité. C’est important que les femmes puissent être dans la mission de la paix ou les femmes puissent vraiment être autour de processus de la paix à chaque étape. [Les femmes Congolaises] sont les premières victimes de la guerre, mais nous voyons et nous prévoyons. La femme travaille pour la communauté. Son agenda est pour la communauté. C’est important qu’elle soit à la table des négociations. Elle va réfléchir pour les intérêts de tous de la communauté. Elle va prévoir pour le lendemain et la communauté. Mais si elle n’est pas là, elle ne peut pas apporter ses idées. C’est très important qu’elle participe autour pour parler de la paix.

Un autre obstacle [pour les femmes congolaises] est la participation politique. Jusque-là, les femmes veulent bien aller participer aux élections et participer à la vie politique. Il n’y a pas beaucoup de moyens pour soutenir leurs efforts. Il faut les formations pour ces femmes-là. Il y a aussi la pauvreté. Les femmes sont pauvres. Elles veulent aller à la politique, mais n’ont pas les moyens pour faire campagne. Comment vont-elles participer ?

On ne peut pas dire vraiment on a observé des changements, parce que jusqu’à aujourd’hui, il y a des femmes qui sont tuées, il y a des femmes qui sont violées et les femmes qui sont des esclaves sexuelles. Les dirigeants ne comprennent pas la résolution 1325. La résolution 1325 nous a permis de regarder la communauté, observer le comportement ou des attitudes des hommes et des femmes pour l’égalité, et nous avons aussi mené des enquêtes pour identifier quelles sont les places qui occupent les femmes dans l’administration et dans les villages.

Il faut que les Nations unies donne suffisamment des moyens pour qu’ONU Femmes réalise des activités avec les groupes des femmes, pour qu’ONU Femmes nous aide à faire du plaidoyer auprès des autorités au niveau national ou niveau international. Il faut qu’ONU Femmes nous aide à partager nos expériences et porter la voix des femmes congolaises. Au-delà de ça, la paix. » 

Avertissement: Les opinions exprimées ici sont de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux d'ONU Femmes.