Journée mondiale du sida

Où je me tiens : Natalia Minayeva

Date : mercredi 30 novembre 2016

Natalia Minayeva. Photo: UN Women MCO Kazakhstan/Tatyana Bardina
Natalia Minayeva. Photo: Bureau multipays d’ONU Femmes au Kazakhstan

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Il y a 20 ans, lorsque j’ai découvert que j’étais séropositive, j’ai d’abord pensé que j’allais mourir. Il n’y avait pas à l’époque beaucoup d’informations sur le VIH, seulement des rumeurs non confirmées et de fausses informations. Pire encore, il n’y avait aucun respect pour les personnes vivant avec le VIH.

Deux ans après mon diagnostic, j’ai fini en prison dans ce qu’on appelle les « casernes du sida » - un endroit où des prisonniers vivant avec le VIH étaient envoyés. Nous étions séparés des autres prisonniers et considérés comme des revenants. Le personnel avait peur de nous parler. Même aujourd’hui, ce comportement est encore répandu.

J’ai repris ma vie en main lorsque j’ai rencontré Elena Bilokon, la directrice du Réseau des femmes vivant avec le VIH du Kazakhstan, qui est venue dans notre prison pour nous en parler. Après ma libération, elle m’a offert un emploi. J’ai commencé à travailler comme agent de terrain. J’ai étudié pour devenir avocate. J’ai reçu une formation en leadership et sur la prise de parole en public.

Maintenant, en tant que « défenseuse » , j’aide les femmes incarcérées et celles qui ont été libérées. Je leur fournis des conseils, je les aide à se réinsérer dans la communauté et j’approche en leur nom des organismes publics concernés par leurs cas pour fournir un soutien social. Nous envoyons ces femmes au centre pour les personnes atteintes du VIH et aux agences pour l’emploi, et nous les aidons à présenter une demande d’assistance. Je suis l’une des deux défenseuses de notre pays.

Ce travail est le vrai sens de ma vie. Il me donne de la force et je suis capable d’aider les femmes qui sont dans une situation difficile, comme je l’ai moi-même été ».


ODD 3 : Bonne santé et bien-être

Natalia Minayeva, âgée de 47 ans, a participé à une formation d’ONU Femmes axée sur l’égalité des sexes dans le cadre d’un projet de lutte contre le VIH/Sida, ce qui lui a permis d’accroître ses connaissances et d’acquérir des compétences en prise de parole en public et en leadership. Elle travaille maintenant comme « défenseuse » - un terme qui signifie « avocate » au Kazakhstan - pour le compte du Réseau eurasien de réduction des préjudices, aidant les femmes à affronter des problèmes juridiques et encourageant les personnes droguées à se soumettre à des traitements de substitution. Grâce à son travail, Mme Minayeva contribue à la réalisation de l’Objectif de développement durable n° 3, qui vise à permettre à toutes et tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de toutes et tous, ainsi que sa cible relative à l’éradication de l’épidémie de VIH/Sida.

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