Journée mondiale des réfugiés

Où je me tiens : « Toujours compter sur ses propres ressources »

Maha Aasi Emm Ala’a, une réfugiée syrienne, est venue au centre pour femmes géré par ONU Femmes dans le camp de réfugiés de Za’atari en Jordanie, car elle souffrait d’une grave dépression après le décès de son mari. Elle a bénéficié d’un accompagnement et a trouvé un travail de couturière dans le cadre du programme argent-contre-travail. Avec le prolongement des déplacements de réfugiés, l’aide humanitaire doit prendre en compte les besoins immédiats et à long terme des femmes et des filles. Les centres dédiés aux femmes du camp de réfugiés de Za’atari renforcent la résilience des femmes et les autonomisent en tant que dirigeantes, travailleuses et entrepreneuses.

Date : lundi 18 juin 2018

Maha Aasi Emm Ala’a. Photo: UN  Women/Lauren  Rooney
Maha Aasi Emm Ala’a, 48 ans, est une réfugiée syrienne vivant dans le camp de réfugiés de Za’atari en Jordanie. Foto: ONU Femmes/Lauren Rooney

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Mon mari et moi sommes venus en Jordanie en 2013 ; nous espérions trouver un refuge pour échapper au conflit en Syrie. L’une de nos premières préoccupations était de trouver à manger et de pourvoir aux besoins de nos enfants. Cependant, mon mari est décédé dans le camp il y a trois ans. J’étais perdue, dépassée, et je souffrais de dépression. Je devais faire face au deuil, et je ne savais pas comment j’allais pouvoir survivre… (à mon âge) je ne pensais pas pouvoir trouver un emploi.

Mes pensées se sont tournées vers mes enfants… il fallait que je pourvoie à leurs besoins. (C’est devenu ma raison de vivre). Je me suis inscrite au programme argent-contre-travail d’ONU Femmes, et je suis devenue couturière à l’Oasis des femmes (le centre dédié aux femmes). 

Le centre ne m’a pas uniquement permis de pourvoir aux besoins de mes enfants, c’est également devenu mon sanctuaire. Entre femmes du même âge confrontées à des situations similaires, nous avons créé des liens d’amitié et de soutien. 

Parfois je suis surprise de voir tout le chemin que j’ai parcouru. Maintenant j’enseigne à d’autres femmes de l’Oasis comment couper et coudre les vêtements.

J’espère que mon parcours sera une source d’inspiration pour mes filles, qui verront ce que j’ai accompli en tant que femme, en dépit des circonstances. L’argent que je gagne me permet de payer les frais de scolarité de mes filles à l’université.

Penser à l’avenir me remplit maintenant de joie. Mes filles auront un avenir prospère et en ce qui me concerne, j’espère un jour voyager et découvrir d’autres pays. 

Je veux encourager les autres femmes à « toujours compter sur ses propres ressources. L’âge n’a pas d’importance… fiez-vous à votre détermination et à vos capacités. »


ODD 5 : Égalité entre les sexes
ODD 8 : Travail décent et croissance économique
ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces

Maha Aasi Emm Ala’a, 48 ans, est une réfugiée syrienne vivant dans le camp de réfugiés de Za’atari en Jordanie, où ONU Femmes a mis en place les « Centres Oasis pour la résilience et l’autonomisation des femmes et des filles » pour fournir des services aux réfugiées syriennes vulnérables. Le programme a bénéficié du généreux soutien financier des gouvernements de l’Australie, de la Finlande, de la France, de l’Islande, de l’Italie et du Japon, ainsi que des Comités nationaux d’ONU Femmes. Le parcours de Maha Aasi Emm Ala’a s’inscrit dans l’Objectif de développement durable (ODD) n° 16, qui promeut la paix et la sécurité, l’ODD n° 5 sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, et l’ODD n° 8 qui vise à parvenir au plein emploi productif et au travail décent pour toutes et tous.