Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies

Déclaration de la Directrice exécutive d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies

Plus de femmes dans les rangs pour influer sur le programme pour les femmes, la paix et la sécurité

Date : mercredi 29 mai 2019

Partout dans le monde, les femmes participent activement dans le secteur de la paix et de la sécurité, que ce soit en négociant des cessez-le-feu, des sites de protection des civils, la démobilisation des combattants et l’accès humanitaire au niveau local ou en élaborant des plans de protection au niveau communautaire. Mais dans les récits de guerre, les héros dont nous entendons parler ne sont généralement pas les femmes et les filles. Pourtant, c’est exactement ce type d’héroïnes dont nous avons besoin, travaillant de manière égale aux côtés des hommes, dans les forces de sécurité, à la table des négociations et dans les missions de maintien de la paix auprès des communautés locales et œuvrant en faveur d’un avenir plus pacifique et égalitaire pour toutes et tous. J’ai rencontré de nombreuses Casques bleus dynamiques et engagées, qui ont partagé leur expérience et leurs stratégies pour recruter plus de femmes comme elles au sein des forces de maintien de la paix de l’ONU.

Les femmes Casques bleus peuvent contribuer à résoudre certaines questions pressantes : elles contribuent par exemple à rendre les forces de maintien de la paix plus accessibles aux femmes de la communauté, elles rendent possibles les interactions avec les femmes dans les sociétés où elles n’ont pas le droit de s’entretenir avec un homme, et elles s’efforcent de répondre aux besoins spécifiques des ex-combattantes lorsque celles-ci se réintègrent à la vie civile. Les soldates de la paix sont souvent perçues comme moins menaçantes et plus accessibles que leurs homologues masculins, c’est pourquoi les communautés locales ont tendance à mieux accepter les missions de maintien de la paix composées en partie de femmes. Leur présence peut contribuer à réduire les conflits et les confrontations, à faire baisser le nombre d’occurrences d’exploitation et d’agression sexuelles, et à encourager le signalement des agressions qui se produisent. Les femmes en uniforme peuvent également servir de modèle pour les femmes et les filles dans les endroits où les forces de police ou l’armée ont besoin de recrues féminines.

Toutefois, l’augmentation du nombre de femmes dans l’armée ou la police est extrêmement lente. Actuellement, les femmes ne représentent que 4,4 pour cent des soldats de la paix déployés, et 14 pour cent des effectifs policiers. Cela signifie que nous laissons passer une occasion cruciale d’accroître la contribution active des femmes à la paix. Nous sommes déterminés à travailler avec nos partenaires pour faire évoluer l’image et la perception des institutions sécuritaires et pour surmonter les stéréotypes dictant qui y a sa place. 

Depuis 2015, ONU Femmes organise une formation de deux semaines pour aider les officières à se préparer à leur déploiement en tant que soldates ou observatrices. Financé par les gouvernements des Pays-Bas, de la Norvège, de l’Australie, du Japon et de la Finlande, le cursus a formé plus de 400 femmes de tous les pays du monde, soutenant ainsi directement le rôle croissant des femmes dans la paix et la sécurité. L’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix, lancée récemment, est un fonds multilatéral d’affectation spéciale conçu pour encourager et soutenir les États membres de l’ONU afin d’accroître le nombre de femmes dans l’armée et la police et dans les missions de maintien de la paix déployées par l’ONU. Et ce mois-ci, à Abu Dhabi, j’ai eu le plaisir de féliciter la première promotion sortante de la formation militaire pour les femmes arabes. Ce nouveau programme, que nous avons soutenu en partenariat avec le ministère de la Défense des Émirats arabes unis et le Syndicat général des femmes, a rassemblé 134 femmes arabes de sept pays - Bahreïn, Égypte, Jordanie, Arabie saoudite, Soudan, ÉAU et Yémen - pour une formation militaire de base de trois mois, suivie d’une formation de quinze jours au maintien de la paix. Ces femmes sont reparties armées des compétences de base en maintien de la paix et résolution des conflits et d’un réseau de pairs. Nous espérons que d’autres pays suivront l’exemple.

Chacun de ces efforts montre l’ampleur de ce que nous pouvons réaliser si nous approchons le problème sous des angles nouveaux, avec une forte volonté politique et des partenariats stratégiques.

Cette année, à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus, et alors que nous célébrons le 70e anniversaire du programme de maintien de la paix de l’ONU, et que nous nous apprêtons à marquer les 20 ans de la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, et les 25 ans de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, nous saluons celles et ceux qui ont bravement servi dans ces rangs. Ces commémorations nous enjoignent à influer sur le programme pour les femmes, la paix et la sécurité avec de nouveaux engagements et priorités, en gardant à l’esprit les étapes qu’il nous reste à franchir pour garantir l’égalité des chances des femmes dans le secteur de la paix et de la sécurité, et, par l’accélération des partenariats et des activités, créer un avenir meilleur pour les femmes, les filles et les communautés entières.