L’ONU encourage les femmes de la société civile à se faire entendre pour aider le monde à se relever de la Covid-19

A l’occasion d’une rencontre virtuelle avec des jeunes femmes d’organisations de la société civile ce lundi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a encouragé ces jeunes femmes à faire entendre leurs voix pour aider le monde à se relever de la crise de la Covid-19.

Date : mardi 1 septembre 2020

« Nous traversons des moments difficiles et personne ne s'attend à ce qu'ils se terminent bientôt », a dit M. Guterres. « Je tiens à vous assurer, et à travers vous, les femmes du monde entier, que l’ONU est à vos côtés et travaille pour vous chaque jour, dans le monde entier ».

« Alors que nous célébrons notre 75e anniversaire, nous avons plus que jamais besoin de votre voix et de votre engagement. L’ONU change et nous comptons sur vous pour participer à ce changement », a-t-il ajouté.

Les organisations de femmes de la société civile sont en première ligne de la réponse à la pandémie de Covid-19. L’ONU juge qu’il est essentiel d'entendre leurs points de vue pour éclairer une réponse et un rétablissement efficaces. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées - de l'éducation aux opportunités d'emploi. Elles sont également à l'avant-garde de la mobilisation pour une reprise qui soit plus inclusive, plus équitable, plus juste pour le climat et plus résiliente.

« La société civile et les mouvements de femmes sont des partenaires inébranlables dans la lutte pour dénoncer et lutter contre les inégalités qui se sont creusées sous la Covid-19 et pour placer les femmes au centre du redressement », a déclaré pour sa part la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

António Guterres a rappelé que la pandémie de Covid-19 a au cours des six derniers mois bouleversé le monde, avec « un impact social et économique disproportionné et dévastateur sur les femmes et les filles ».

« La Covid-19 aggrave les inégalités existantes, y compris l'inégalité entre les sexes. Nous assistons déjà à un recul après des décennies de progrès limités et fragiles en matière d’égalité des sexes et de droits des femmes », a-t-il souligné. Selon lui, si on ne réagit pas, les progrès réalisés risquent d’être perdus.

Depuis le début de la pandémie, les femmes sont en première ligne de la riposte, en tant que professionnelles de la santé, enseignantes, personnel essentiel et en s’occupant de leur famille et de leur communauté.
Entre 70 et 90% des professionnels de la santé sont des femmes, mais leurs salaires et leurs conditions ne reflètent souvent pas le rôle vital qu'elles jouent.

« La pandémie a révélé la crise du travail de soins non rémunéré, qui a augmenté de façon exponentielle en raison des fermetures d'écoles et des besoins des personnes âgées, et touche de manière disproportionnée les femmes », a noté le chef de l’ONU.

Montée en flèche de la violence sexiste

En outre, des rapports inquiétants montrent une montée en flèche de la violence sexiste, car de nombreuses femmes sont confinées avec leurs agresseurs, tandis que les ressources et les services de soutien sont redirigés ailleurs.

« La pandémie expose et exacerbe les obstacles considérables auxquels les femmes sont confrontées pour faire valoir leurs droits et réaliser leur potentiel. Les progrès perdus peuvent prendre des années, voire des générations, à se rétablir », a noté M. Guterres.

Il a rappelé que protéger les droits des femmes et des filles pendant cette période est une priorité absolue pour les Nations Unies. Une note d'orientation a été publiée au début du mois d'avril, appelant les gouvernements à prendre des mesures concrètes pour placer les femmes et les filles au centre de tous les efforts visant à lutter contre la pandémie de Covid-19.

« Alors que nous nous relevons, nous devons nous en souvenir. Il est temps de mettre fin aux inégalités du travail de soins non rémunéré et de créer de nouveaux modèles économiques qui fonctionnent pour tous », a dit le Secrétaire général. « Les prestations telles que l'assurance maladie et le paiement des congés maladie, des soins aux enfants et à la famille, des congés parentaux ne sont pas du luxe ; ils sont essentiels au fonctionnement de nos sociétés. Les étendre a inévitablement une dimension de genre, car une grande partie du travail des femmes est sous-rémunérée et sous-évaluée ».

Selon le chef de l’ONU, il faut également sortir de cette crise avec une égalité entre hommes et femmes en termes de leadership et de représentation.

« Ces derniers mois ont vu une reconnaissance croissante dans les médias et grâce à des recherches universitaires mettant en évidence ce que nous savons de façon anecdotique depuis des années : que les femmes leaders sont extrêmement efficaces », a déclaré M. Guterres.