Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Date : vendredi 5 février 2016

D’où je me trouve : Assétou Touré, Mali

Assétou Touré is a 49-year-old woman from Mali and a survivor of FGM. UN Women Mali/Coumba Bah
Assétou Touré. Photo: UN Women/Coumba Bah

« J’avais 6 ans quand j’ai été excisée. Mes traumatismes les plus profonds restent les souvenirs de ma sœur aînée, qui n’a pas eu elle les mêmes chances que moi et a subi de très graves préjudices. Elle a failli mourir…. Ces cicatrices dureront toute notre vie. Nous constatons dans nos sociétés que plus de 80 pour cent des filles subissent le couteau. 

Assétou Touré has devoted her life to battling the harmful practice of FGM. Photo courtesy of Assétou Touré.

Il y a vingt ans, j’ai décidé de devenir animatrice-formatrice et lutter contre les violences basées sur le genre. Mon combat, tout d’abord, était celui de sauver mes propres filles. J’ai quatre filles dont la plus grande a 27 ans et la plus jeune 19 et aucune d’elles n’a connu le couteau. Cela n’a pas été facile pour mon mari, mais je dois dire qu’il m’a laissée développer des argumentaires et a été convaincu par mes témoignages et nos expériences personnelles.

En plus de ma propre expérience et celle de ma sœur, j’ai été particulièrement touchée par les témoignages recueillis sur le fléau de l’excision et les conséquences multiples et diverses de cet acte que je considère simplement injuste et inhumain. Tu trouveras rarement une mère qui a pu amener sa propre fille au couteau. Alors mon message est très clair : « Tu ne peux pas regarder ; alors ne laisse pas faire. S’il le faut, utilise de la Bétadine » (solution rouge antiseptique, utilisée pour faire semblant que ta fille a été coupée). Nous avons l’obligation d’agir, d’assurer à chaque fille une vie digne et épanouie. J’aime mon travail. Je n’ai ni honte, ni peur. Il s’agit de sauver des vies et de préserver la dignité d’autrui.

Assétou Touré has devoted her life to combating gender-based violence. Photo courtesy of Assétou Touré.

J’ai pu sauver des milliers de vies à travers des pactes, serments formels que nous demandons aux femmes et aux hommes que je rencontre de prendre. Celles-ci et ceux-ci doivent s’engager à ne pas commettre ou être témoins silencieux de mutilations génitales féminines. En moyenne, j’arrive ainsi à faire signer au moins 100 personnes par mois. En plus de ces pactes, j’ai pu aussi convaincre deux grandes exciseuses de la zone de Kita de déposer le couteau, une région du Mali connue pour avoir le taux le plus élevé de mutilations, soit 98,3 pour cent. »

Survivante de mutilations génitales, Assétou Touré, femme Malienne de 49 ans, a consacré la plupart de sa vie à la lutte contre cette pratique néfaste, commençant avec ses quatre filles. Depuis 2011, avec le financement de la France, ONU Femmes appuie un programme promouvant les droits des femmes et la prise en charge des violences basées sur le genre, y compris les excisions, au Mali. L’Objectif de développement durable 5 a pour but de parvenir à l’égalité des sexes, et compte parmi ses cibles l’élimination de toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine. Lire davantage »

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