Déclaration d’ONU Femmes pour la Journée internationale contre l'homophobie, la biphobie, l'interphobie et la transphobie de 2020

Briser le silence

Date : dimanche 17 mai 2020

Dans le monde entier, la pandémie du COVID-19 aggrave les inégalités existantes, notamment celles fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre et les caractéristiques sexuelles, avec des incidences souvent dévastatrices pour les personnes LGBTQ+, qui comptent déjà parmi celles les plus marginalisées et les plus exclues. Le thème de la JJournée internationale contre l'homophobie, la biphobie, l'interphobie et la transphobie - Briser le silence - attire notre attention sur ces inégalités qui persistent à travers le monde, et nous invite à nous exprimer ensemble contre la discrimination, les restrictions aux libertés fondamentales et la haine à l’égard des personnes LGBTIQ+ dans la situation actuelle et au-delà.

Cette incitation est particulièrement importante en ce moment. En effet, dans certains cas, des mesures gouvernementales d’intervention d’urgence sont utilisées pour justifier le recul des droits et des protections essentiels des personnes LGBTIQ+ et, de façon encore plus flagrante, pour en faire des boucs émissaires en tant que sources de la maladie. Briser le silence est essentiel pour mettre fin à la stigmatisation, à la phobie et à la discrimination dont sont victimes les personnes LGBTIQ+ dans de nombreuses sociétés. Il est essentiel de s’assurer que les personnes LGBTIQ+ puissent vivre des vies pleines et ouvertes au sein de familles et de communautés fortes, dans lesquelles leurs droits sont pleinement protégés et leur accès aux services garanti.

Les personnes LGBTIQ+ sont régulièrement confrontées à des obstacles dans leur accès aux services de soins de santé et de soutien liés, surtout dans des endroits où leur identité est criminalisée ou ciblée. On leur refuse souvent les traitements essentiels dont elles ont besoin, ou alors elles sont victimes d’abus. Cela peut amener les gens à s’abstenir de bénéficier de services de santé cruciaux, en raison de la peur d’être arrêtés ou de subir de la violence. Ce contexte de pandémie amplifie ces contraintes, ce qui augmente les vulnérabilités au COVID-19 et les rajoutent aux problèmes de santé existants. La mise au second plan de ces besoins en matière de santé, notamment les soins de santé ayant trait à la transition sexuelle, mène rapidement à des conséquences graves, tant pour la santé mentale que physique.

Les répercussions sociales et économiques de la crise du COVID-19 frappent déjà très fortement les personnes LGBTIQ+, notamment en raison du fait que celles-ci restreignent l’accès de ces personnes aux moyens de subsistance et au logement, en particulier dans les cadres où les filets de sécurité sociale sont faibles. Des mesures de mise en quarantaine aboutissent à des situations où les personnes LGBTIQ+, notamment les jeunes, sont en danger dans des foyers dont l’environnement est hostile et les relations marquées par la violence. Les personnes transgenres sont plus que jamais exposées à la discrimination, au harcèlement policier et au manque d’accès aux tribunaux dans des pays où la pandémie exerce des pressions supplémentaires sur la sécurité et les institutions judiciaires. Les migrant(e)s LGBTIQ+, les demandeurs d’asile et les minorités raciales et ethniques sont particulièrement vulnérables.

Aujourd’hui - comme chaque jour - ONU Femmes appelle de toute urgence les communautés et les gouvernements à travers le monde à se battre pour défendre les droits des LGBTIQ+. Pour faire face à cette pandémie tout en respectant les droits à la santé pour toutes et tous, ONU Femmes lance un appel en faveur d’un soutien plus fort et de refuges plus nombreux pour les victimes de violence et pour les personnes LGBTIQ+, afin que celles-ci jouissent d’un accès à des soins de santé et qu’elles bénéficient également des programmes de relance et de protection sociale gouvernementaux, y compris une aide pour la nourriture et le loyer. Les autorités devraient recueillir des données de manière exhaustive, afin de s’assurer que les risques et les besoins spécifiques aux LGBTIQ+ soient saisis et traités à travers les politiques et les budgets. Des protections juridiques pour les personnes LGBTIQ+ doivent être maintenues et renforcées en vue de s’assurer que cette crise ne devienne pas une excuse pour faire reculer des avantages durement acquis. 

Au sein d’ONU Femmes, nous continuerons à soutenir les droits des LGBTIQ+, par respect, en reconnaissance et en célébration de la diversité et de la résilience de nos communautés partout dans le monde.