Je suis de la Génération Égalité : Maya Tutton, jeune activiste qui milite pour mettre fin au harcèlement sexuel dans les lieux publics

Date : lundi 10 août 2020

Je suis la Generation Egalite
Maya Tutton, 21, co-founded the Our Streets Now campaign to end public sexual harassment. Photo: Ellen Bell-Davies
Maya Tutton, 21. Photo: Ellen Bell-Davies

Je suis de la Génération Égalité parce que…

Trois actes à la portée de tous pour contribuer à mettre fin au harcèlement sexuel dans les lieux publics

  • Prenez la parole : informez-vous et discutez de cette question avec votre famille, vos amis et vos collègues.
  • Réagissez : que vous soyez témoin ou victime, si vous vous sentez en sécurité pour le faire, dénoncez ce comportement chaque fois que vous y êtes confronté(e).
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  • Rejoignez-nous : découvrez la campagne que nous menons en consultant notre site Web ou Instagram et faites-nous part de votre expérience du harcèlement sexuel dans les lieux publics.

Je veux vivre dans un monde égalitaire, dès aujourd’hui.

Je prends la parole car j’ai été confrontée au sexisme, mais également car je sais que le sexisme auquel j’ai été confrontée n’est rien à côté des obstacles que d’autres doivent surmonter.

Pour moi, mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles est l’aspect le plus important du féminisme, car nous ne pourrons pas être libres tant que nous ne serons pas en sécurité. Le sexisme auquel j’ai dû faire face en grandissant a pris le plus souvent la forme d’un harcèlement sexuel dans les lieux publics, mais ce n’est que lorsque ma jeune sœur Gemma a commencé à être victime de harcèlement sexuel que j’ai compris qu’il fallait agir. Ce que l’on accepte de subir soi-même tend à devenir inacceptable lorsque ce sont nos proches qui subissent.

Des jeunes femmes au cœur de la lutte contre le harcèlement sexuel dans les lieux publics

Je pense que l’égalité des sexes ne pourra jamais être atteinte tant que les femmes et les filles ne se sentiront pas en sécurité dans les lieux publics.

C’est ce qui nous a poussé, ma sœur et moi, à lancer la campagne Our Streets Now (Nos rues aujourd’hui) contre le harcèlement sexuel, qui est la forme la plus courante de violence à l’égard des femmes et des filles. La lecture et le partage de récits de harcèlement sexuel constituent une composante essentielle de notre campagne, mais cela peut avoir des répercussions graves sur la santé mentale. Les récits quotidiens de violence sexuelle sont difficiles à supporter et j’ai eu du mal à poser les limites nécessaires pour me protéger.

Il est particulièrement important d’axer le débat concernant le harcèlement sexuel dans les lieux publics autour de témoignages de jeunes femmes, car ce sont le plus souvent les femmes âgées de 18 à 24 ans qui se disent victimes de harcèlement. En dépit d’une surreprésentation [en nombre de signalements], les jeunes femmes et les filles sont souvent sous-représentées dans les organes décisionnels.

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“Toutes les formes d’oppression sont interdépendantes.”


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Le sexisme et la discrimination fondée sur l’âge dans nos sociétés conduisent à sous-estimer l’importance des témoignages de jeunes femmes. Notre activisme est crucial pour l’avènement d’un monde plus égalitaire. Toutes les formes d’oppression sont interdépendantes. C’est pourquoi nous utilisons le concept d’intersectionnalité afin de montrer clairement que pour atteindre l’égalité des sexes, nous devons également combattre le racisme, l’homophobie, le capacitisme et toutes les autres formes de discrimination. 

Le harcèlement sexuel dans les lieux publics pendant la pandémie mondiale

Au cours des derniers mois, nous avons reçu une multitude de témoignages inquiétants de filles et de femmes, qui suggèrent que le harcèlement s’est en réalité aggravé dans le cadre des mesures d’exception liées à la COVID-19. Les rues désertes donnent à un grand nombre d’entre elles le sentiment d’être plus vulnérables qu’auparavant. De plus, étant donné l’augmentation des cas de violence domestique et de harcèlement sur Internet, nous avons dû accroître nos efforts pour lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

Pour nous, militantes de Our Streets Now, « reconstruire en mieux » signifie rebâtir une société plus égalitaire et plus juste, où il n’y a plus de harcèlement sexuel dans les lieux publics. Au lieu d’un retour à la normale, il s’agit en fait de chercher à faire évoluer la situation. Alors que les bars et les discothèques rouvrent leurs portes, nous devons plaider en faveur de mesures plus strictes contre le harcèlement et les agressions sexuelles. Lorsque l’école reprendra, il sera essentiel de militer en faveur d’une meilleure éducation sexuelle et d’un enseignement antiraciste. Dans les universités, une autre étape importante consiste à organiser des ateliers en ligne sur le consentement afin d’éduquer tous les étudiants sur le respect, le sexe et la violence à l’égard des femmes et des filles.

Nous devons impérativement nous assurer que la pandémie n’entraîne pas un retour en arrière dans la lutte pour l’égalité des sexes. 



Maya Tutton, 21 ans, a cofondé la campagne Our Streets Now au Royaume-Uni avec sa sœur Gemma pour revendiquer le droit des femmes et des filles de se sentir et d'être en sécurité dans l'espace public.