Posez la question à une activiste : Pourquoi l’indépendance économique est-elle importante pour les femmes autochtones du Kenya ?

Date : mardi 23 avril 2019

A propos de l'auteur

Agnes Leina, Founder and Executive Director of Il’laramatak Community Concerns
Agnes Leina. Photo: ONU Femmes/Ryan Brown

Agnes Leina est originaire du nord du Kenya. Elle est la fondatrice et directrice générale de I’llaramatak Community Concerns (ICC), un centre de ressources qui offre des moyens de subsistance aux femmes et qui travaille avec les communautés pastorales à la reconnaissance de la valeur et du potentiel des femmes et des filles à contribuer, à égalité avec les hommes, à la production de ressources pour leurs familles et communautés. Mme Leina a été l’une des participantes à la 63e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, le plus grand rassemblement annuel de l’ONU consacré aux droits des femmes.

« Quand vous possédez des choses, vous avez du pouvoir ; mais quand vous n’en avez pas, vous n’avez aucune voix. L’esclavage économique est dégradant, et en permettant aux femmes de gagner leur propre argent, vous leur rendez leur dignité.

La dépendance financière est un obstacle de taille pour les femmes [autochtones/pastorales] du Kenya. Habituellement, la seule activité économique qui leur reste est la traite des vaches et la vente du lait. Les femmes ne possèdent pas de terres ; près de 70 pour cent d’entre elles sont analphabètes et ne considèrent pas l’éducation comme quelque chose d’important [pour leurs filles]. La plupart d’entre elles décident de marier leurs filles pour obtenir des vaches en échange.

C’est pourquoi nous avons maintenant le centre de ressources I'llaramatak Community Concerns (ICC), où les femmes et les filles apprennent à être autonomes, indépendantes, à compter sur elles-mêmes.

Le centre de ressources offre également un programme pour les femmes qui auparavant gagnaient leur vie en pratiquant la mutilation génitale sur les filles. Le projet « Tailler le vêtement, pas la fille » offre aux anciennes femmes exciseuses un moyen alternatif de générer un revenu. Maintenant, ces femmes fabriquent et vendent des tapis, des uniformes, des perles et des produits laitiers. Elles sont enthousiastes à l’idée de travailler, elles sont heureuses et cela les maintient occupées.

Nous travaillons également avec les filles, car nous voulons faire naître une jeune génération de femmes qui se consacrent à l’élevage pastoral. Nous mettons en place pour elles ce que nous appelons des formations en « fixation d’objectifs » et en leadership transformateur. Nous faisons de l’éducation une priorité et disons aux filles [et à leurs parents] de se fixer un objectif. Quand elles auront un objectif, elles auront une feuille de route. Nous élevons ces filles pour qu'elles deviennent des professionnelles. »