Nous sommes de la Génération Égalité : Les championnes de la lutte contre la violence à l’égard des femmes

Date : lundi 16 novembre 2020

Collage of activists working to end gender-based violence

Des milliards de personnes se battent pour ce à quoi elles croient : l’avènement d’un monde équitable pour toutes et tous. Elles sont de tous les pays, de tous âges, issues de contextes variés. Ensemble, elles constituent la Génération Égalité.

Pour la campagne annuelle « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre », nous faisons le portrait de quelques-unes des personnes leaders et avant-gardistes qui ont joint leur voix au mouvement Génération Égalité d’ONU Femmes, et qui agissent pour combattre la violence à l’égard des femmes et des filles.

Vanina Escales, Argentine

Je crois au militantisme.Nous militons pour celles qui ne sont plus là”

Vanina Escales
Vanina Escales 

Vanina Escales est une journaliste et activiste argentine. Un jour, elle en a eu assez des histoires de femmes assassinées qu’elle voyait jour après jour dans les médias et des réactions trop passives face à ces féminicides. Aux côtés de ses collègues auteures et journalistes, Vanina a fondé Ni Una Menos (Pas une de moins), un mouvement culturel, politique et social qui s’est propagé dans toute l’Amérique latine et dans le monde.

Grâce à son message simple et limpide, Ni Una Menos a permis de rendre visible la violence économique, physique et sexuelle ainsi que le sexisme ordinaire régnant dans les familles.

« Je crois au militantisme.Nous militons pour celles qui ne sont plus là.Nous descendons dans la rue pour celles qui sont mortes, celles qui ont péri alors qu’elles se battaient pour des droits que nous n’avons toujours pas, celles qui ont été tuées sans avoir eu la possibilité de se défendre, explique Vanina. La violence basée sur le genre et la violence sexuelle font partie intégrante des rapports de pouvoir, le pouvoir étant ancré dans des formes de masculinité hégémoniques.Les crimes sexuels sont des crimes de pouvoir et le viol n’est rien d’autre qu’une composante de la didactique permettant à l’ordre moral patriarcal de se maintenir. »

Maya Tutton, Royaume-Uni

Ce qui est accepté a tendance à devenir inacceptable lorsque cela arrive aux personnes que l’on aime.”

Maya Tutton
Maya Tutton 

Pour Maya Tutton, c’est lorsqu’elle a vu sa petite sœur se faire harceler sexuellement dans des espaces publics qu’elle a été incitée à agir. 

« En grandissant, l’une des expériences les plus courantes que je faisais du sexisme était le harcèlement sexuel que je subissais dans les lieux publics.Mais ce n’est que lorsque j’ai vu ma petite sœur Gemma commencer à être harcelée sexuellement que je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, témoigne-t-elle. Ce qui est accepté a tendance à devenir inacceptable lorsque cela arrive aux personnes que l’on aime. »

Ensemble, Maya et Gemma ont fondé « Our Streets Now » (Nos rues, tout de suite), qui exige que les femmes et les filles aient le droit de se sentir et d’être en sécurité dans les lieux publics. Our Streets Now a démarré sous forme de pétition, puis est devenu une communauté en ligne permettant aux femmes et aux filles de faire connaître leur vécu et leurs récits de harcèlement en public. Maya et Gemma s’efforcent aujourd’hui de sensibiliser sur ce sujet, notamment de lever la stigmatisation liée au fait de protester haut et fort en cas de harcèlement de rue, et plaident pour des réformes législatives et politiques garantissant la sécurité de tous dans les lieux publics.

Anja Jusic, Bosnie-Herzégovine

Nous ne voulons plus être invisibles, nous voulons être traités sur un pied d’égalité. ”

Ajna Jusic
Anja Jusic 

Anja Jusic est née des suites d’un viol commis lors du conflit de Bosnie-Herzégovine. Après être tombée, dans un texte de recherche, sur un récit détaillé de ce qui était arrivé à sa mère, Anja s’est engagée à prendre contact avec d’autres personnes ayant le même vécu qu’elle et à défendre les droits de sa mère.

« En 2015, quinze d’entre nous nous sommes rencontrés pour la première fois.Pendant trois heures, personne n’a prononcé un mot, témoigne Anja. Nous sommes simplement restés assis là, à prendre conscience, pour la première fois, que nous n’étions pas seuls. »

En tant que présidente de l’association Forgotten Children of War (Enfants oubliés de la guerre), Anja œuvre pour que les enfants issus de viols de guerre, comme elle, soient reconnus comme un groupe vulnérable afin qu’ils aient un accès amélioré aux soins médicaux, à l’aide psychologique et juridique et aux bourses éducatives.

« Nous ne voulons plus être invisibles, nous voulons être traités sur un pied d’égalité », conclut Anja.

Cindy Sirinya Bishop, Thaïlande

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Nous, citoyens ordinaires, pouvons tous devenir agents du changement. ”

Cindy Sirinya Bishop
Cindy Sirinya Bishop 

Cindy Sirinya Bishop, une Thaïlandaise, est à la fois top model, actrice, présentatrice télé, activiste et ambassadrice régionale d’ONU Femmes pour l’Asie et le Pacifique. Elle se sert de sa voix et des tribunes qui lui sont offertes pour remettre en question les attitudes sociales vis-à-vis de la violence sexuelle et du traitement des survivantes.

« Lorsque j’ai lu le gros titre d’un journal faisant état du fait que des responsables disaient aux femmes comment elles devaient s’habiller, j’ai commencé à me servir de ma tribune sur les médias sociaux pour protester contre l’idée que ce que portent les femmes pourrait être la raison des agressions sexuelles, explique Cindy. Puis je suis devenue militante pour défendre des initiatives qui sensibilisent aux véritables causes de la violence fondée sur le genre et pour parler de la façon dont nous, citoyens ordinaires, pouvons tous devenir agents du changement. »

En collaboration avec ONU Femmes, Cindy a créé #Donttellmehowtodress, une exposition et une campagne sur les médias sociaux, afin de souligner l’importance des actions de tous les jours pour faire cesser la violence sexuelle à l’égard des femmes.

Tina Musuya, Ouganda

Nous devons nous attaquer à la violence à l’égard des femmes. ”

Tinya Musuya
Tina Musuya 

C’est au sein de sa propre famille que Tina Musuya a commencé à remarquer que les filles et les garçons étaient traités différemment. Elle constatait que seules les filles lavaient la vaisselle et faisaient la cuisine.

« Je n’aimais pas ça du tout. Je refusais de faire toutes les tâches domestiques et réclamais que les garçons, mes frères, y participent eux aussi », se souvient-elle.

En tant qu’adulte, Tina est directrice exécutive du Centre ougandais de prévention de la violence domestique. Elle plaide avec force pour mettre fin à la violence fondée sur le genre.

« Il est urgent de créer un monde plus sûr pour les femmes afin qu’elles puissent s’épanouir dans leur vie privée et publique, estime Tina. Nous devons nous attaquer à la violence à l’égard des femmes, que ce soit la violence du partenaire intime, le harcèlement sexuel, la violence et l’exploitation sexuelle, les mutilations génitales féminines ou le harcèlement en ligne. »

Racha Haffar, Tunisie

Vous pouvez croiser le chemin d’une victime chaque jour, mais sans pouvoir l’identifier, car vous ne savez pas comment détecter les indices. ”

Racha Haffar
Racha Haffar 

Membre du groupe de travail des jeunes d’ONU Femmes sur la Génération Égalité, Racha Haffar a entendu parler pour la première fois des dangers du trafic des êtres humains lorsqu’elle a postulé à des postes de fille au pair en Angleterre. Des familles lui répondaient, se disant intéressées de l’engager, mais n’envoyaient pas d’informations détaillées sur les membres de la famille ni sur les tâches à accomplir. En se renseignant davantage, elle s’est rendu compte que de nombreuses filles et femmes se retrouvaient survivantes de trafiquants via ce type d’arnaques.

« Moi, j’étais privilégiée, j’avais accès à une éducation et à Internet, commente Racha. Mais des millions de filles vivent dans l’obscurité, surtout dans les zones rurales sans aucun accès à Internet, et ne connaissent même pas les risques. »

Racha a axé ses études sur la question du trafic des femmes et a fondé en 2016 la première organisation tunisienne de lutte contre le trafic, Not 4 Trade.

« Le plus gros problème avec le trafic des êtres humains, c’est la méconnaissance du phénomène.Vous pouvez croiser le chemin d’une victime chaque jour, mais sans pouvoir l’identifier, car vous ne savez pas comment détecter les indices.De nombreuses survivantes que j’ai rencontrées savaient que quelque chose de mal leur était arrivé, mais ne savaient pas le nommer, explique Racha. Le trafic d’êtres humains devrait être une matière couverte à l’école, il devrait être abordé dans les médias.Il s’agit d’un des crimes qui rapportent le plus et sa fréquence ne fait qu’augmenter. »

Pour lire davantage d’articles sur la Génération Égalité, rendez-vous sur www.unwomen.org/fr.