Les conséquences de la COVID-19 : Le Népal

Dhana : « J’ai placé mes économies dans l’achat du terrain. Je veux avoir ma juste part. »

Date : lundi 16 novembre 2020

Avant même le début de la pandémie de COVID-19, 243 millions de femmes et de filles dans le monde ont été victimes de violences de la part de leur partenaire intime au cours des douze derniers mois. Depuis la pandémie et les mesures de confinement, les pays du monde entier ont constaté une augmentation alarmante des cas signalés de violence contre les femmes, en particulier de violence domestique. ONU Femmes travaille aux côtés des femmes de première ligne qui, chaque jour, répondent à la pandémie fantôme de violence contre les femmes et les filles. « Les conséquences de la COVID-19 » vous livre quelques-unes de leurs histoires et explique comment nos programmes favorisent des solutions qui ne laissent personne pour compte.

Dhana in her home.
Dhana. Photo gracieuseté de Dhana
Orange opening quotation mark

Tout s’est effondré après un voyage impromptu que j’ai entrepris avec mon mari à Jhapa, une ville proche de mon domicile dans l’est du Népal. Pendant que nous y étions, mon mari m’a demandé d’apposer ma signature sur des documents au Bureau des impôts fonciers sous le prétexte qu’il allait transférer des terres récemment acquises à mon nom. À notre retour chez nous, il m’a annoncé qu’il avait procédé à une séparation de nos terres et qu’il envisageait d’épouser une autre femme. Il s’en est allé et n’est jamais revenu.

J’étais décontenancée et terrifiée. Notre mariage n’était pas parfait, mais j’avais espéré que nous retrouverions le bonheur. Je me suis souvenue de ses démentis lorsque j’ai vu des photos de l’autre femme sur son téléphone et la série d’appels qu’il lui avait placés. Je me suis rappelée combien il devenait furieux à chaque fois que je mettais des photos de nous deux sur les médias sociaux.

J’ai fait beaucoup de sacrifices pour notre famille. J’ai quitté mon travail pour élever nos deux jeunes filles sans aucun soutien de mon mari. J’ai placé mes économies dans l’acquisition du terrain. Il n’aurait pas pu acheter ce terrain sans mes contributions financières et les travaux domestiques auxquels je me suis livrée. Je veux avoir ma juste part ».

Refusant d’être dupée par mon mari, je me suis tournée vers mon frère pour obtenir de l’aide. Il m’a parlé du Forum pour les femmes, le droit et le développement, et je les ai appelés sur leur service d’assistance téléphonique gratuite. Ils ont déposé une plainte et ont plaidé devant le tribunal de district pour mon compte. J’espère avoir gain de cause dans l’affaire. »


ONU Femmes réagit par le biais de programmes sur le terrain

Les droits fonciers des femmes sont essentiels pour leur indépendance économique et l’accroissement de leur pouvoir de décision dans les familles. Les recherches effectuées dans de nombreuses régions du monde montrent que l’absence de droits fonciers rend les femmes plus vulnérables à la violence basée sur le genre. Dhana, qui est âgée de 38 ans, est l’une des 218 victimes de la violence sexiste qui ont reçu l’aide vitale du projet « Fourniture d’une aide juridique d’urgence aux victimes de la violence sexiste dans le cadre de la COVID-19 » dirigé par le Forum pour les femmes, le droit et le développement au Népal. Depuis septembre 2020, ONU Femmes a accordé son soutien à ce projet dans le cadre de sa réponse d’urgence à la crise du coronavirus qui a entraîné un accroissement de la violence contre les femmes et les filles.

La vulnérabilité des femmes et des filles à la violence a été aggravée par les perturbations qui se font sentir dans les services publics, notamment dans l’accès aux services sociaux, aux téléphones et aux services d’assistance téléphonique, à la police et aux cours de justice. Ces perturbations, ainsi que les restrictions aux déplacements visant à mettre fin à la propagation de la COVID-19, ont créé des obstacles supplémentaires dans l’accès des victimes aux services essentiels. Dans ce qui constitue une étape importante, le gouvernement du Népal facilite dorénavant l’enregistrement en ligne des cas de violence sexiste auprès de la police, ainsi que les procédures juridictionnelles en ligne. 

Le projet comprend également la fourniture de conseils juridiques, une assistance pour les dépositions à la police et la représentation des victimes devant les tribunaux, sans aucun frais pour les plaignantes. Les victimes sont maintenant en mesure d’accéder aux services juridiques par téléphone, Facebook Messenger, courriel ou formulaire Google.

* Ce n’est pas son vrai nom. Celui-ci a été modifié pour protéger l’identité de la survivante.