Douze petits gestes qui comptent énormément pour la Génération Égalité

Date : mardi 25 février 2020

De la grève du sexe des femmes libériennes pour rétablir la paix à la « Journée sans femmes » des Islandaises pour obtenir l’égalité économique, en passant par l’impact mondial du mouvement #MeToo, l’Histoire nous montre que les mobilisations collectives peuvent être sources de changement. Toutefois, il ne suffit pas de faire la une des journaux, de remporter une victoire juridique ou de faire signer un accord international : notre façon de parler, de penser et d’agir au quotidien peut être source de changements qui profiteront à tous. Tandis que nous faisons le point sur les progrès réalisés en matière de droits des femmes à l’aube de cette nouvelle décennie, rejoignez-nous en tant que Génération Égalité, et grâce à ces petits gestes du quotidien, œuvrons ensemble à l’égalité de genre. 

1. Répartissez les responsabilités domestiques

Connaissez-vous l’adage : « Pour les femmes, le travail n’est jamais terminé » ? Eh bien, c’est vrai : les femmes accomplissent trois fois plus de travaux non rémunérés et de tâches domestiques que les hommes. Autant de temps et d’énergie dont les femmes ne disposeront pas pour progresser dans leur carrière, gagner plus d’argent et profiter des loisirs. 

Soyez attentionné : engagez-vous à partager de manière équitable les tâches ménagères, les responsabilités parentales et d’autres travaux non rémunérés. Voici quelques stratégies pour vous aider à démarrer :

  • Commencez par en discuter avec les autres membres de la famille/du foyer. Faites une liste des besoins en matière de soins et des responsabilités domestiques.
  • Évaluez et discutez de vos points forts au moment de répartir les responsabilités familiales.
  • Affichez la liste des tâches ménagères à faire.
  • Qu’il s’agisse de mettre la table ou de faire la cuisine, encouragez les enfants à s’impliquer de la même manière, indépendamment de leur genre, dans les tâches ménagères.
  • Si votre conjoint(e) consacre tout son temps aux besoins du foyer, prenez-en acte et reconnaissez la valeur de son travail.

2.  Dénoncez le sexisme et le harcèlement 

Des sifflements à la condescendance masculine en passant par les blagues inappropriées à connotation sexuelle, les femmes subissent chaque jour le manque de respect et les comportements sexistes en tout genre, tant en public qu’en privé.

Vous pouvez endosser un rôle actif, en perturbant le statu quo et en contestant la manière dont vos pairs se comportent. Commencez par dénoncer tout comportement inapproprié, tout en restant poli et non violent. Questionnez les stéréotypes de genre tels qu’« une femme doit savoir quelle est sa place » et « arrête ton mélo », en adoptant un dialogue ouvert. Lorsqu’il s’agit de se livrer à une conversation, familiarisez-vous avec les faits, de sorte que la prochaine fois que quelqu’un fera des déclarations telles que : « l’inégalité salariale est un mythe », vous pourrez tuer cette fausse assertion dans l’œuf.

Si vous êtes témoin de harcèlement, manifestez-vous et intervenez. Demandez l’aide d’autres personnes si vous ne vous sentez pas en sécurité. Prenez le temps d’écouter la victime et demandez-lui comment vous pouvez l’aider.

Vous trouverez d’autres conseils pratiques pour lutter contre la violence faite aux femmes sur le site : unpacktheeveryday.org

3. Refusez le modèle binaire

Permettez-moi d’insister : bien plus que des hommes, nous sommes des êtres humains.  

Cela peut vous sembler futile, mais l’usage de termes tels que « féminin ou masculin » et « femme ou homme » exclut les personnes non binaires et intersexes que l’on ne peut pas classer dans ces deux catégories. La diversité des identités de genre n’est pas un phénomène nouveau ou propre à une culture. La garantie des droits des personnes transgenres, altersexuelles, non binaires et autres – qui sont souvent confrontés à d’horribles violences et discriminations partout dans le monde – est inhérente à l’égalité des sexes. (Astuce pro de Génération Égalité : jetez un œil à la « personne gingenre » pour apprendre à faire la différence entre le sexe, le genre, l’identité de genre et l’expression du genre).

En prêtant attention aux mots que nous employons tous les jours, nous pourrons lutter contre les stéréotypes de genre et rejeter le modèle binaire du « masculin-féminin ». Au lieu d’employer des expressions telles que « mesdames et messieurs », adoptez des termes neutres au regard du genre tels que « chers amis ». Ces petits changements peuvent énormément contribuer à modifier les perceptions culturelles du genre.

Ne supposez pas que vous connaissez le pronom ou le genre de quelqu’un. Vous pouvez entamer une conversation en donnant les vôtres : mentionnez votre pronom lorsque vous vous présentez ou ajoutez-le à votre signature de courriel ou à vos profils sur les réseaux sociaux. Parmi les pronoms neutres, les pronoms personnels sujets : lel ou yel, ille, ul, ol ou yol ; les pronoms personnels compléments : lu, soi ou ellui, lo ; et les pronoms possessifs : ma, mon.

Lorsque vous parlez d’une personne à un tiers, vous utiliserez les pronoms, le genre et le nom que cette personne utilise pour se présenter. En revanche, ne mentionnez pas à un tiers ou ne faites jamais allusion à son orientation sexuelle, son identité de genre ou l’état de son intersexuation sans son consentement.

Pour en savoir plus sur ce sujet, n’hésitez pas à consulter la campagne onusienne Libres et Égaux

4. Exigez une culture professionnelle égalitaire   

Du harcèlement sexuel à l’inégalité salariale basée sur le genre, les femmes doivent faire face à un ensemble de pratiques discriminatoires sur leur lieu de travail. Exigez un environnement professionnel progressiste grâce à une représentation équitable des femmes au sein de la direction et du conseil d’administration, le respect du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » et des formations sur l’égalité des sexes.

Les femmes doivent souvent faire des sacrifices professionnels pour avoir une famille, ce qui se répercute sur leur bien-être économique et personnel. Une façon de rétablir l’égalité des chances est de promouvoir des politiques unifiées de congé parental qui proposent des congés payés généreux aux deux parents, biologiques ou adoptifs. Il est primordial d’encourager les pères qui en bénéficient à s’impliquer de manière active dans la prise en charge du nouveau-né. Les programmes de réinsertion professionnelle peuvent également permettre aux femmes qui sont prêtes à reprendre le travail de rattraper les formations qu’elles auraient pu manquer.

D’autres moyens simples pour faciliter la vie professionnelle des mères : demander une salle réservée pour l’allaitement, un réfrigérateur pour conserver le lait maternel et des horaires de travail flexibles.

Allez plus loin en soutenant activement les entreprises affichant un excellent bilan en matière d’égalité des sexes. Astuce pro de Génération Égalité : l’organisation Equileap dresse chaque année la liste des 100 entreprises les plus respectueuses de l’égalité des sexes dans le monde, à partir des Principes d’autonomisation des femmes établis par ONU Femmes et le Pacte mondial des Nations Unies. Suivez le mouvement en encourageant votre PDG à adhérer dès aujourd’hui aux Principes d’autonomisation des femmes.

5. Faites valoir vos droits politiques

Les femmes sont terriblement sous-représentées dans les plus hautes fonctions politiques. En 2020, les femmes ne détiennent qu’environ 25 pour cent des sièges dans les parlements nationaux et représentent moins de 7 pour cent des dirigeants du monde. Quel est le moyen le plus simple et le plus direct pour faire bouger les choses ? Votez ! Et envisagez de voter pour des femmes !

Suivez l’actualité des prochaines élections et faites connaître les candidatures des femmes convaincantes. Inscrivez-vous sur les listes électorales si ce n’est pas déjà fait, et vérifiez que vos amis et les membres de votre famille sont également inscrits. Le jour J, n’oubliez pas de vous rendre dans votre bureau de vote ! (C’est la moindre des choses, lorsque l’on sait tout le mal que les femmes se sont donné pour obtenir le droit de vote.)

Vous pouvez également jouer un rôle significatif en donnant de votre temps ou de votre argent. Aidez à faire passer le message sans trop d’efforts en lançant des appels téléphoniques ou en envoyant des textos pour appuyer le ou la candidate de votre choix. Si vous êtes prêt à vous investir davantage, rejoignez l’équipe de campagne à temps plein, encouragez les femmes que vous connaissez à se présenter ou lancez votre propre campagne !

6. Effectuez des achats responsables

Que vous soyez à court de shampoing ou désiriez une nouvelle paire de jeans, votre mode de consommation peut avoir un impact réel sur l’environnement, et donc sur la vie des femmes et des filles. Partout dans le monde, des femmes subissent un impact disproportionné des effets du changement climatique. Les désastres humanitaires induits par le climat aggravent souvent les inégalités entre les sexes existantes, exposant de fait les femmes et les filles à des taux plus élevés de violence et de malnutrition notamment.

Vous avez le pouvoir d’atténuer ces impacts. Quelques moyens simples pour commencer :

  • Choisissez des produits respectueux de l’environnement et achetez des vêtements de seconde main
  • Évitez d’acheter du plastique jetable
  • Recyclez, restaurez ou donnez vos vêtements ou autres objets
  • Encouragez les autres à faire de même : expliquez à vos amis pourquoi votre nouvel achat durable surpasse un article de mode éphémère ou un produit acheté en grande surface (c’est tellement dépassé !). 

Pour en savoir plus sur les actions pour le climat, n’hésitez pas à consulter la campagne Agissons de l’ONU

7. Amplifiez la diffusion de livres et de films féministes, parmi tant d’autres 

La prochaine fois que vous feuilletterez un livre en librairie ou choisirez un film pour la soirée, pourquoi ne pas sélectionner une œuvre écrite ou réalisée par une femme (et pour des femmes) ? 

Les films, les livres, les journaux, les baladodiffusions et autres médias grand public produisent un effet durable sur les perceptions culturelles du genre. Ces supports permettent aux femmes de partager efficacement leurs témoignages et leurs points de vue. Les mondes du cinéma et de l’édition continuent pourtant d’être fortement dominés par les hommes et les histoires à la mode présentent généralement les femmes sous les traits de personnages unidimensionnels ou d’objets sexuels – lorsqu’elles y figurent encore ! Une analyse de films prisés du grand public dans 11 pays révèle par exemple que seuls 23 % d’entre eux mettaient en vedette une actrice – un chiffre qui reflète étroitement le pourcentage des femmes cinéastes (21 %).

Vous pouvez amplifier les voix de femmes et de féministes qui cherchent à inverser cette tendance en regardant, en écoutant, en lisant, et en achetant les œuvres qu’elles produisent. 

Vous ne savez pas par où commencer ? Voici 12 livres féministes que tout le monde devrait lire.  

8. Valorisez les filles

Petite princesse. Vulnérable. Tyrannique.

Avant même la puberté, les filles du monde entier ont déjà intériorisé des croyances concernant leur place, leur valeur et leur rôle dans la société. On leur a fait croire qu’elles sont tributaires des autres, vulnérables ou incompétentes et qu’elles doivent en conséquence adopter certains comportements qui renforcent les stéréotypes sexistes et empêchent les filles de réaliser leur plein potentiel.

Ce type de croyances est difficile à désapprendre. C’est pourquoi il est si important de s’y intéresser dès leur plus jeune âge. Rappelez aux filles que vous côtoyez qu’elles sont fortes, compétentes et qu’elles méritent le même respect que les garçons. Veillez à ce qu’elles sachent qu’elles sont bien plus qu’une simple apparence : complimentez leur intelligence, leur force, leur sens du leadership, leur athlétisme et bien plus encore.

Encouragez les filles à s’exprimer et à s’affirmer. Contrez les arguments et les éléments de langage qui peuvent les bloquer : dites-leur qu’elles sont « courageuses », pas « autoritaires ». Montrez-leur que ce qu’elles pensent importe en leur demandant leurs opinions et en écoutant leurs réponses. Si vous êtes un parent ou un enseignant, investissez dans des jeux, des livres et des films qui sont neutres au regard du genre. Montrez aux filles le potentiel de leurs capacités et laissez-les jouer à ce qu’elles veulent. Faites-leur savoir qu’il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon d’être une fille.

9. Remettez en question le sens de l’expression « être un homme »

Sois un homme. Les garçons ne pleurent pas. Il faut que jeunesse se passe [un garçon restera toujours un garçon].

Cette vision traditionnelle de la masculinité empêche souvent les garçons et les hommes plus tard d’exprimer librement leurs sentiments.

Que ce soit parmi vos amis, vos relations ou dans votre famille, encouragez les manifestations de masculinité qui impliquent de la vulnérabilité, de la sensibilité, de l’affection (dispense de soins) ou d’autres caractéristiques traditionnellement non-masculines. Promouvez un climat dans lequel les garçons et les hommes sentent qu’ils peuvent exprimer leurs émotions en toute sécurité : dites-leur qu’ils ont le droit d’avoir des sentiments et donnez-leur l’occasion de les manifester à d’autres. Ne vous moquez pas d’eux, ne les rejetez pas et dénoncez ceux qui le font. 

10. Engagez-vous en faveur d’une cause

Il y a tant de causes que vous pouvez soutenir. 

Pour commencer, choisissez un thème de l’égalité de genre qui vous intéresse et trouvez un groupe ou une campagne qui lui est consacré. Si ce n’est pas déjà fait, rejoignez la campagne d’ONU Femmes, Génération Égalité, qui rassemble des militants comme vous, qui désirent que la présente génération obtienne l’égalité des sexes. Vous pouvez dès à présent partager nos messages ici. Votre donation à ONU Femmes permettra également de briser le cycle de la violence, d’aider les survivantes et de stimuler l’inclusion économique et l’égalité de droits des femmes et des filles partout dans le monde.

Les actions collectives peuvent intervenir à tous les niveaux. Aucune n’est trop petite ! Le premier pas consiste à se manifester. Vous pouvez assister à une assemblée publique ou à une manifestation concernant un problème au niveau de la communauté. Vous pouvez également partager un article ou un reportage. Et si vous ne trouvez pas de groupe travaillant sur le thème qui vous intéresse, créez-en un ! 

11. Contestez les canons de la beauté

Même si les canons de la beauté varient d’un endroit à l’autre, ils promeuvent presque toujours une vision étroite et irréaliste de la féminité. Les femmes sont souvent censées consacrer beaucoup plus de temps, d’énergie et d’argent à leur apparence que les hommes. Ce deux poids deux mesures renforce le sentiment que les femmes ne sont pas vraiment propriétaires de leur corps – qu’elles sont des objets destinés à la consommation du public. Un idéal physique irréaliste peut également déboucher sur des troubles psychologiques et des souffrances physiques graves.

Le secteur de la publicité stimule ses ventes en jouant sur ces idéaux et en exploitant les insécurités qu’ils génèrent. Ne l’oubliez pas lorsque vous passez devant un panneau d’affichage ou lorsque vous feuilletez un magazine. Pour ne pas faire le jeu de ces publicitaires, apportez votre soutien aux entreprises dont les pubs mettent en valeur la diversité. Découvrez comment ONU Femmes collabore avec le monde publicitaire pour inverser la tendance grâce à son initiative Unstereotype Alliance (Alliance sans stéréotypes).

Redéfinissez votre définition de la beauté. Qu’est-ce qu’« être beau/belle » signifie ? Regardez-vous dans un miroir : quelle réflexion vous faites-vous en voyant votre apparence ? Comment la formulez-vous ? Si vous vous surprenez à vous critiquer, essayez de vous faire un compliment. N’oubliez pas que tous les corps méritent d’être traités avec la même considération et la même dignité, peu importe leur taille, leurs aptitudes ou leur couleur. Dénoncez toute stigmatisation corporelle dont vous pourriez être témoin. 

12.  Respectez le choix des autres

Chacun a le droit de prendre les décisions qu’il ou elle veut concernant son corps, son bien-être, sa famille et son avenir.

Si les choix d’une personne vous mettent mal à l’aise, demandez-vous pourquoi. Repérez les préjugés susceptibles de motiver votre réaction et tenez compte des circonstances qui distinguent leur vie de la vôtre. Écoutez leur raisonnement.

Il est souvent difficile de comprendre un choix que l’on n’a jamais eu à faire. Prenez l’initiative d’apprendre et de faire preuve d’esprit critique par rapport à la situation des autres.