Journée internationale de la jeunesse

Déclaration de Phumzile Mlambo-Ngcuka , Directrice exécutive d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse 2020 : « Engagement des jeunes pour l’action mondiale »

Date : lundi 10 août 2020

Doreen Morach, âgée de vingt-huit ans, est membre du groupe de travail jeunesse de Beijing +25 du Kenya. Elle collabore avec des influenceurs sociaux pour traduire les informations portant sur la COVID-19 dans différentes langues locales de ce pays. En aidant à diffuser des messages sur la distanciation physique, l’assainissement et la façon de porter un équipement de protection sur soi, elle est l’une des nombreuses jeunes activistes de par le monde qui jouent un rôle majeur dans la réaction à la crise provoquée par la COVID-19.

Aujourd’hui, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la jeunesse, ONU Femmes tient à exprimer sa reconnaissance à la grande valeur de jeunes comme Doreen qui sont à l’avant-plan de la lutte contre la pandémie et qui œuvrent pour remédier aux inégalités que celle-ci a mises en évidence. Les jeunes apportent ainsi de nouvelles jambes à la course, de nouveaux yeux pour voir la situation sous un angle différent, de nouvelles énergies pour s’engager sur la longue voie vers le futur, et une capacité d’adaptation sur un pied ferme, bien qu’eux-mêmes soient confrontés à des défis complexes et à des vulnérabilités créés par la pandémie.

Avec la fermeture des écoles, qui pénalise plus d’un milliard d’élèves dans le monde, les adolescentes sont davantage exposées aux violences sexuelles ainsi qu’à l’exploitation, aux mariages précoces et aux grossesses. Plus d’un jeune sur six a cessé de travailler depuis l’arrivée de la pandémie, les jeunes femmes et les jeunes non-binaires ayant été les plus affectés en raison de leur surreprésentation dans les activités économiques informelles et dans les emplois qui sont moins rémunérés, moins sûrs et moins protégés que ceux de leurs homologues masculins. Des perspectives professionnelles limitées associées aux effets des fermetures d’écoles mèneront probablement à une augmentation du travail des enfants et à une exploitation des femmes, des filles et des jeunes non-binaires. Et la pandémie de violence qui a atteint en même temps un pic pendant les périodes de confinement expose les jeunes femmes et les filles à des risques accrus de violence domestique, au moment même où les mesures de distanciation physique entravent leurs capacités à rechercher et obtenir des services d’assistance.

Malgré ces défis, les jeunes mettent à contribution leurs connaissances et les réseaux pour reconstruire en mieux de plusieurs façons majeures. Beaucoup se servent des technologies numériques pour partager des informations sur la COVID-19 et pour accélérer la numérisation des systèmes de télétravail, de soins de santé, d’éducation et de prestation de biens et services essentiels. Il est important que nous manifestions des efforts en faveur du relèvement, afin que la fracture numérique soit comblée et que tous les jeunes soient ainsi en mesure d’accéder et de contribuer au lancement de ces innovations. Les jeunes descendent également dans les rues et se servent des médias sociaux à travers le monde pour lutter contre la discrimination systémique qui a été mise à jour par la pandémie et la crise globale qui a suivi. Nous célébrons le leadership, la créativité et l’engagement que ces jeunes apportent dans leurs activités de plaidoyer en faveur de l’égalité des sexes et de la justice sociale, à la protection de leurs droits sexuels et de reproduction, à l’action climatique, à une distribution équitable des biens sociaux et économiques, ainsi qu’à l’élimination du harcèlement sexuel et des mariages d’enfants.

Le mois dernier, nous avons célébré le dixième anniversaire de la création d’ONU Femmes. Nous sommes encore une très jeune organisation, et c’est peut-être la raison pour laquelle nous ressentons un engagement si fort envers les jeunes femmes, les filles et les jeunes non-binaires à qui nous apportons notre soutien. À mesure que nous reconstruisons en mieux, je lance un appel urgent aux jeunes, où qu’ils soient et dans toute leur diversité, pour qu’ils n’oublient pas que l’égalité de leurs droits est un aspect essentiel de notre dignité humaine commune et de la réalisation des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. La mobilisation mondiale récente en faveur de la justice raciale a montré que les systèmes qui perpétuent les inégalités peuvent être facilement interrompus. Nous nous attendons à ce que les jeunes continuent à œuvrer pour l’élimination du statu quo et à prendre la direction des initiatives dans la construction de sociétés plus égalitaires, unifiées et résilientes pour tous.

Le flambeau est maintenant fermement entre les mains des jeunes qui se consacrent au leadership intergénérationnel et à la co-création du monde à venir.