Où je me tiens : « Les femmes sont les leaders du monde d’aujourd’hui »

Pour Khadeja Ramali de Libye, parvenir à l’autonomisation des jeunes femmes afin qu’elles puissent participer au processus de consolidation de la paix est une condition essentielle à la reconstruction du pays après le Printemps arabe.

Date : jeudi 19 octobre 2017

Khadeja Ramali.

Quote

Je pensais auparavant que la consolidation de la paix était une question purement politique et qu’elle ne concernait que l’ancienne génération de militants politiques. Mais le Printemps arabe a changé ma façon de voir les choses. Les jeunes sont celles et ceux qui ont été les plus affectés par le conflit. Toute ma vie a été complètement chamboulée et je n’avais même pas voix au chapitre. C’est pourquoi j’étais enthousiaste à l’idée de participer aux discussions sur la paix et la sécurité. Je voulais contribuer aux discussions en faisant part de mon expérience.

J’ai cofondé « Project Silphium » en 2014, une initiative axée sur le renforcement de la participation des femmes dans la consolidation de la paix, en tant que réponse à la frustration croissante des jeunes femmes qui ne se sentaient pas entendues dans la Libye post-conflit. On nous a demandé de nous taire, de ne pas faire de commentaires sur la politique et de rester cachées dans les endroits où nous étions à l’abri. Bien que nous n’avions pas accès aux différentes discussions qui se tenaient, nous disposions d’Internet. En utilisant la technologie, nous pouvions créer nos propres méga microphones et faire en sorte que l’on nous écoute.

Nous avons animé de nombreuses séances de formation pour les jeunes femmes sur la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, les toutes premières à caractère thématique sur la jeunesse, la paix et la sécurité. Par le biais de ces formations, nous avons montré aux jeunes femmes comment participer à la consolidation de la paix dans leurs propres communautés. Nous avons cherché à éliminer les stéréotypes sur la consolidation de la paix et à la redéfinir dans des termes que les femmes comprenaient. L’un de nos projets de consolidation de la paix était orienté vers des jeunes femmes qui n’avaient aucune expérience préalable dans la participation à la vie publique. Près de la moitié des filles se sont jointes à d’autres organisations de la société civile lorsque le projet a pris fin.

Il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à renforcer la représentativité des jeunes femmes dans le processus de consolidation de la paix en Libye. Je continue à maintenir que les femmes libyennes sont les leaders du monde d’aujourd’hui… Elles n’ont pas besoin d’attendre jusqu’à demain pour avoir leur mot à dire ».


ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces

Khadeja Ramali, âgée de 27 ans, est géophysicienne et cofondatrice du Project Silphium. Elle collabore actuellement à la mise en œuvre du projet de réseau des radios pour les Libyennes, dont l’objectif consiste à développer la capacité des professionnelles des médias en Libye. À la réunion organisée par ONU Femmes à l’intention des jeunes lors de la 57e session de la Commission sur la condition de la femme, Mme Ramali a évoqué les synergies entre le programme sur les femmes, la paix et la sécurité et celui sur la jeunesse, la paix et la sécurité. Son histoire est liée à l’Objectif de développement durable (ODD) no. 16, qui promeut l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à toutes et tous aux fins du développement durable, assure l’accès de tous à la justice et met en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à toutes et tous.

Consultez plus de témoignages dans la série « Où je me tiens... ».