Journée mondiale du sida

Déclaration d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, le 1er décembre

Jour après jour, le leadership des femmes porte ses fruits

Date : dimanche 1 décembre 2019

La lutte contre le VIH à l’échelon communautaire ne saurait se faire sans la contribution des femmes et des filles, en particulier celles qui vivent avec ce virus. Les femmes et les filles prodiguent des soins essentiels aux membres séropositifs de leur famille et de leur communauté et veillent à ce qu’ils suivent leur traitement sans interruption. Tout cela est certes admirable, mais non sans poser de problème dans la mesure où les femmes et les filles se retrouvent à assurer une charge accrue de soins non rémunérés, déjà trois fois supérieure à celles des hommes. Ces soins prodigués à l’échelle communautaire doivent être pleinement appréciés à leur juste valeur et répartis de manière équitable au sein des foyers. Ainsi les femmes seront plus à même de décider de leur destin.

Les femmes représentent plus de la moitié des personnes séropositives (52 pour cent). Elles doivent pouvoir avoir accès à des services communautaires de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH. Ces femmes désirent jouer un rôle dans les décisions qui affectent leur vie, faire valoir leur volonté à figurer en bonne place dans les stratégies de lutte contre le VIH, et mener un travail de terrain auprès des femmes et des filles séropositives ou affectées par le VIH afin que leurs droits soient connus et reconnus. Il est tout particulièrement essentiel que les jeunes femmes et les adolescentes fassent preuve de leadership et d’engagement dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes et des politiques de lutte contre le VIH si elles souhaitent voir leurs besoins reconnus comme prioritaires. Nous devons créer et institutionnaliser des espaces dans lesquels elles peuvent s’exprimer et dire ce dont elles ont besoin et être entendues. De plus, nous devons doter les réseaux de femmes séropositives de ressources suffisantes pour soutenir leurs efforts et leurs actions collectives.

Si les communautés peuvent procurer un soutien essentiel aux femmes vivant avec le VIH, elles sont souvent à l’origine de leur stigmatisation et sources de discrimination. Les femmes et les filles sont alors plus vulnérables face au VIH et doivent surmonter un certain nombre d’obstacles avant de pouvoir accéder aux services de prise en charge du VIH. Dans une enquête de 2016, une femme séropositive sur trois signalait faire l’objet de discrimination quant à sa santé sexuelle et reproductive. L’inégalité entre les sexes et les normes sexistes malsaines exacerbent la stigmatisation et font perdurer les discriminations, engendrant le rejet, l’insécurité économique et la violence émanant des conjoints, de la famille et de la communauté. Seules trois adolescentes et jeunes femmes sur dix possèdent des connaissances adéquates et précises sur le VIH.

ONU Femmes est coorganisatrice du Partenariat mondial pour l’élimination de la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH et, à ce titre, elle exhorte les gouvernements à réformer les lois discriminatoires susceptibles d’exposer les femmes et les filles au VIH et de restreindre leur accès à des traitements antirétroviraux essentiels, ainsi qu’à garantir leur droit à pouvoir bénéficier de services de prise en charge du VIH exempts de violence et de discrimination.

Dans le cadre de notre préparation à la commémoration en 2020 du 25e anniversaire du Programme d’action de Beijing et de la promotion d’une nouvelle Génération Égalité, nous nous emploierons à donner de la visibilité et de la valeur au travail invisible accompli par les femmes dans leurs communautés et leur foyer, et à créer des espaces où les femmes dans toute leur diversité, qu’elles soient séropositives ou concernées par le VIH, pourront assumer des rôles de leadership au sein des communautés et bénéficier d’un soutien à cette fin.

En cette Journée mondiale de la lutte contre le sida, nous voulons dire à toutes les femmes et les filles de toutes les communautés : nous vous avons entendues, vous n’êtes plus invisibles, soyez remerciées de tout ce que vous faites !