Journée mondiale du sida

Déclaration - Éradiquer le sida et mieux reconstruire, ensemble, en faveur des femmes et des filles

Déclaration d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, 1er décembre 2020

Date : mardi 1 décembre 2020

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous disposons de nouvelles encourageantes qui doivent retenir notre attention : selon la dernière mise à jour du Rapport mondial d’ONUSIDA, un plus grand nombre de femmes bénéficient aujourd’hui d’un traitement permettant de préserver leur vie. En outre, des progrès constants – même s’ils sont encore fragiles – ont été réalisés dans la réduction des nouvelles infections de VIH et des décès liés à la maladie dans la population féminine de plusieurs régions. Parmi les nouvelles engageantes sur la prévention du VIH, mentionnons la solution injectable à effet prolongé qui ouvre une option des plus intéressantes aux femmes de l’Afrique subsaharienne, puisqu’elle serait 89 pour cent plus efficace pour la prévention du VIH que les comprimés à prendre tous les jours.

Le sida demeure une grave menace, car il constitue l’une des principales causes de décès des femmes en âge de procréer. Cette situation ne fait que souligner combien l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive est un droit essentiel qui peut sauver des vies. Les lois en vigueur dans une majorité des pays (78 sur les 125 qui remettent un rapport à ONUSIDA) exigent encore le consentement des parents pour que les adolescentes et adolescents puissent bénéficier de services de santé sexuelle et reproductive, entravant d’autant le droit des filles à la prévention, au traitement et aux soins en rapport avec le VIH. Une femme sur trois vivant avec le VIH a déclaré avoir subi au moins une forme de discrimination liée à sa santé sexuelle et reproductive au cours des 12 derniers mois. Et seulement 55 pour cent des femmes mariées ou en union libre affirment être en mesure de prendre leurs propres décisions concernant leur santé sexuelle et reproductive.

Que l’on se réfère au peu de connaissances ou au manque d’accès, les résultats sont dévastateurs. Durant l’année 2019, environ 4 500 adolescentes et jeunes femmes ont été infectées par le VIH chaque semaine en Afrique subsaharienne et seulement un tiers d’entre elles avaient une connaissance satisfaisante de ce mal. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Amérique latine, en Europe et en Asie centrale, la courbe des nouvelles infections par le VIH chez les femmes ne cesse de grimper.

Les femmes ont besoin de méthodes de prévention du VIH qu’elles parviennent à contrôler et dont l’accès leur est facilité. Nous devons donc investir en priorité dans la recherche de tels moyens, ainsi que dans la transformation des normes favorisant les inégalités de genre, en promouvant l’égalité et l’autonomisation des communautés. L’initiative HeForShe d’ONU Femmes en Afrique du Sud sert à démontrer qu’une évolution des croyances et des comportements néfastes, conduisant aux inégalités et à la violence à l’égard des femmes, peut se produire tant chez les hommes que chez les femmes ; notons qu’elle permet aussi que 62 pour cent d’entre eux aient accès à des services intégraux de lutte contre le VIH.

L’inégale répartition des progrès réalisés dans la réduction des infections et la mise à disposition de traitements contre le VIH se trouve aggravée par la pandémie de Covid-19 qui affecte les femmes et les filles de manière disproportionnée et menace d’autant les acquis si durement gagnés en matière d’égalité de genre. Pourtant, ces femmes et ces filles ne cessent d’apporter une contribution indispensable à la riposte au VIH, en prodiguant des soins essentiels aux membres de leurs familles et communautés touchés par ce virus, en se faisant les défenseures de la lutte et en tentant de s’imposer dans les communautés et les espaces de décisions. 

Aujourd’hui, plus que jamais, il est nécessaire de créer, d’institutionnaliser et de soutenir des espaces pour que les femmes, et en particulier les adolescentes et les filles, puissent être entendues. Mais les dirigeantes qui émergent aujourd’hui doivent disposer de ressources suffisantes pour poursuivre leur action collective, la défense de leurs intérêts et leur leadership.

Je suis heureuse que nous puissions unir nos forces à celles de nos organisations sœurs – ONUSIDA, UNFPA, UNICEF et UNESCO – et à celles de toutes les adolescentes et jeunes femmes pour exiger un enseignement secondaire de qualité pour toutes les filles en Afrique par le biais de la nouvelle initiative Éducation plus. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que cette génération de filles devienne véritablement la « Génération Égalité ».

La pandémie de coronavirus nous montre à quel point il est important que les gouvernements, le secteur privé et la société civile accélèrent leur engagement, investissent davantage dans la lutte pour l’égalité de genre et l’éradication de la violence, et soutiennent toutes les jeunes femmes et les filles, en particulier celles qui sont touchées à la fois par le Covid-19 et le VIH, dans l’exercice de leur leadership et la pleine jouissance de leurs droits humains. Ce n’est qu’à partir de là que nous réussirons à mieux reconstruire.