L’ égalité des sexes au cœur du débat de l’Assemblée générale 2011

Date : 30 September 2011

Le 66ème débat général de l'Assemblée générale des Nations Unies se clôture cette semaine en démontrant un engagement ferme en faveur de l'égalité des sexes de la part des représentants gouvernementaux de haut niveau qui se sont succédés à la tribune. Soulignant l'importance des initiatives menées au niveau international en vue de réaliser l'égalité des sexes, les Emirats arabes unis (EAU) ont également annoncé une contribution de 5 millions de dollars E.U. en faveur d'ONU Femmes.

Le débat de cette année a été le premier depuis la formation d'ONU Femmes, en janvier 2011. Chaque année, il voit la participation des chefs d'Etat et de gouvernement, des ministres des Affaires étrangères et d'autres responsables des Etats membres des Nations Unies. En 2011, pour la première fois également, une femme, son Excellence la Présidente Dilma Rousseff du Brésil, a ouvert la séance.

Cette dernière a souligné qu'au Brésil, « les femmes ont eu un rôle fondamental dans la lutte contre les inégalités sociales… et pourtant, mon pays, comme tout autre pays du monde, a encore beaucoup de chemin à parcourir pour ce qui est d'autonomiser les femmes ».

Elle a salué la création d'ONU Femmes, rendant hommage à sa Directrice exécutive, Michelle Bachelet.

« J'ajoute ma voix à celles des femmes qui ont osé lutter, qui ont osé participer à la politique et à la force de travail, et qui ont créé un espace politique sans lequel je ne serais pas en mesure d'être ici aujourd'hui » a proclamé Rousseff.

Au cours du débat général du 26 septembre, le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Son Altesse Sheikh Abdullah Bin Zayed Al Nahyan, a annoncé une contribution de 5 millions de dollars E.U. en faveur d'ONU Femmes.

« Les Emirats arabes unis considèrent qu'il est important de soutenir les efforts internationaux dans le domaine de l'autonomisation des femmes » indique Sheikh Abdullah.

Le ministre des Affaires étrangères a souligné que la constitution même des Etats arabes unis « garantit l'égalité des droits pour les hommes et les femmes » dans un certain nombre de domaines, y compris le droit à l'éducation et à l'emploi. Il a noté que les femmes constituent désormais 70% des diplômés universitaires et occupent deux-tiers des emplois gouvernementaux.

Le Président du Nigéria, Son Excellence M. Goodluck Ebele Jonathan, a indiqué que l'appui substantiel apporté par le Nigéria à ONU Femmes reflète « notre désir d'exploiter le potentiel des femmes pour mener à bien la tche consistant à btir la nation ».

33% des membres de son propre cabinet sont désormais des femmes. Il a salué le Conseil d'administration d'ONU Femmes pour le lancement réussi de cette nouvelle entité.

ONU Femmes a reçu d'autres appuis présidentiels, de la Finlande, qui a indiqué que cette nouvelle entité permet aux femmes et aux filles de s'exprimer avec force et de manière unifiée, ainsi que du Chili, de la Croatie et du Ghana. Le ministre des Affaires étrangères de l'Espagne a estimé que l'égalité entre les sexes était un droit de l'homme de base, et a promis le plein engagement de son gouvernement en faveur d'ONU Femmes pour l'aider à s'acquitter de son mandat.

Plusieurs dirigeants mondiaux ont souligné le besoin d'autonomiser les femmes au niveau économique. Le Président des Etats Unis et le Premier ministre du Royaume-Uni ont estimé nécessaire de faire disparaître les obstacles économiques auxquelles les femmes demeurent confrontées.

D'autres Etats ont lié l'égalité des sexes à la croissance économique et au développement. Le ministre des Affaires étrangères a estimé que le renforcement du rôle des femmes était une mesure à la fois juste et rentable au niveau économique, menant à une croissance équilibrée et équitable, tandis que le Vice-ministre des Affaires étrangères de la Norvège a montré, chiffres à l'appui, que les Etats ayant des politiques discriminatoires ont tendance à rester pauvres.

Citant les récents résultats des recherches selon lesquels le fait d'autonomiser les femmes dans le domaine agricole permettait de réduire la faim de 30%, le Président de Slovénie a affirmé que son pays appuie « fermement » ONU Femmes dans ses efforts visant à lutter contre la discrimination sexuelle à travers la planète. Le Vice-Premier ministre d'Irlande, évoquant la crise mondiale de la faim, a souligné le besoin de renforcer la productivité des petits producteurs agricoles en Afrique sub-saharienne, composés à 80% de femmes.

La fin de la violence contre les femmes figurait dans le discours du Président de la Côte-d'Ivoire, qui s'est dit attaché à la lutte contre ce fléau. Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso a annoncé que le Groupe des Etats africains présenterait un projet de résolution sur les mutilations génitales féminines.

Plusieurs pays ont mis en exergue les mesures prises au niveau national en vue de renforcer l'égalité des sexes. Le Vice-Président du Libéria a attiré l'attention sur une nouvelle politique nationale au niveau du genre, tandis que le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle Guinée a souligné que son gouvernement avait récemment adopté en première lecture un projet de loi parlementaire réservant des sièges aux femmes aux élections de 2012.

Le ministre des Affaires étrangères de la Tunisie a annoncé qu'il avait levé toutes réserves par rapport à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, ou CEDAW, et adopté un système de parité obligatoire pour ses prochaines élections à l'Assemblée constituante.

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