Interventions d’urgence

Lors des crises comme les conflits ou les catastrophes, les femmes sont souvent confrontées à d’immenses difficultés, telles la hausse de la violence et de l’insécurité, la restriction de la mobilité et l’augmentation de leurs responsabilités relatives aux soins, aux tâches domestiques et aux moyens de subsistance.

Les initiatives de secours de la communauté internationale visent à aider les victimes. Toutefois, lorsqu’elles s’appuient sur des hypothèses, les normes culturelles et le rôle des femmes dans la société, elles peuvent augmenter l’insécurité et compromettre les avancées que les femmes ont déjà réalisées. De même que les crises, les interventions humanitaires ne sont pas neutres au regard du genre.

Par conséquent, il est nécessaire de travailler de manière proactive avec les actrices et acteurs humanitaires afin de s’assurer que leurs plans d’intervention d’urgence intègrent de manière adéquate l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; que les femmes et les filles soient consultées de manière équitable afin de comprendre et d’aborder leurs besoins et leurs vulnérabilités ; que l’égalité des sexes soit bien intégrée dans les évaluations humanitaires ; et que des expertes et experts de l’égalité des sexes soient inclus dans les équipes d’aide humanitaire intervenant dans les situations de crise.

Nos solutions

Voici quelques exemples des fonctions assurées par ONU Femmes dans les crises humanitaires récentes :

  • Dans les pays touchés par la crise de l’Ebola en Afrique de l’Ouest, ONU Femmes soutient des initiatives de sensibilisation et de plaidoyer afin de mieux comprendre les dimensions de genre de l’épidémie et leur importance pour aider à enrayer la propagation de l’Ebola et en atténuer les conséquences. Ces initiatives sont principalement mises en œuvre au Liberia et en Sierra Leone, où ONU Femmes s’apprête à déployer des expertes et experts de l’égalité des sexes dans l’action humanitaire pour soutenir les interventions en cours.
  • Sur les sites de protection des civils de Juba au Soudan du Sud, ONU Femmes a instauré des centres sensibles aux besoins des femmes et des filles. Ces centres fournissent des espaces sûrs où les femmes peuvent se rendre régulièrement pour se rencontrer, discuter de leurs problèmes et solliciter de l’aide. En partenariat avec une ONG locale, ONU Femmes fournit également des formations dans des domaines comme les compétences professionnelles, l’alphabétisation, les droits humains, la prévention de la violence fondée sur le genre, la consolidation de la paix et la réconciliation.
  • En vue de soutenir les initiatives humanitaires pour les réfugiées et réfugiés syriens, ONU Femmes a établi des centres « Oasis » pour les femmes et les filles au camp de Za'atari en Jordanie. Ces centres fournissent une protection continue et des interventions de lutte contre la violence fondée sur le genre, y compris un soutien psychologique, des formations et des activités récréatives. Les programmes de formations professionnelles et de travail rémunéré rehaussent également l’indépendance économique et le statut social des femmes et des filles.
  • En Palestine, ONU Femmes soutient les actions des organisations de femmes en mettant en place des ateliers et des dialogues pour s’assurer qu’elles prennent part à la coordination et à la planification de l’aide humanitaire. Les évaluations et les discussions de groupe menées par ONU Femmes sur les besoins relatifs à l’égalité entre les sexes ont révélé que les voix des femmes restent ignorées par les acteurs humanitaires et que, par conséquent, les femmes et les filles se sentent mises à l’écart des interventions humanitaires.
  • Au Kenya, suite à des formations dispensées par ONU Femmes et par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations Unies, les actrices et acteurs humanitaires ont révisé les plans de préparation aux situations d’urgence pour mieux placer l’égalité des sexes au centre des programmes. Les outils d’évaluation initiale rapide utilisés au Kenya ont été modifiés pour renforcer la collecte de données ventilées par sexe et par âge. Une équipe nationale de 23 expertes et experts permanents sur l’égalité des sexes, la violence fondée sur le genre et l’état de préparation a été mise en place, et a formé par la suite, plus de 300 actrices et acteurs humanitaires présents sur des plaques tournantes ou des points chauds de l’ensemble de la région. Dans le camp de Dadaab, ONU Femmes œuvre également avec ses partenaires pour fournir des possibilités de moyens de subsistance, un accès à la justice et un soutien psychosocial aux réfugiées.
  • Afin d’augmenter l’émancipation économique des femmes déplacées au Mali, ONU Femmes travaille avec 20 maisons de femmes qui permettent à celles-ci de se rencontrer et de travailler ensemble. À Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal et Bamako, environ 1 831 femmes ont bénéficié des financements consacrés aux projets de moyens de subsistance.
  • En Haïti, après le tremblement de terre de 2010, ONU Femmes a œuvré pour renforcer la sécurité et faire en sorte que l’aide humanitaire et l’intervention de relèvement rapide tiennent compte des questions de genre. Le gouvernement, ONU Femmes et d’autres partenaires ont mis en place des mesures axées sur les objectifs suivants : prévenir la violence basée sur le genre et répondre aux besoins des femmes dans les camps ; fournir des services, y compris des abris temporaires, pour les victimes d’actes de violence et leurs familles ; et créer des activités rémunératrices pour les jeunes et les femmes. ONU Femmes a également aidé à réorganiser le mode de distribution de la nourriture, car les évaluations initiales indiquaient que les femmes étaient agressées après les distributions alimentaires. L’organisation a également aidé les marchands ambulants à nourrir un certain nombre de familles vulnérables.
  • Après les inondations qui ont frappé les îles Fidji en 2012, une étude sur la question des sexes a révélé que l’intervention n’avait pas correctement traité les problèmes ayant trait à l’égalité des sexes. En conséquence, les partenaires ont constaté l’existence des lacunes, et le gouvernement et le Groupe des Nations Unies sur l’égalité des sexes ont appelé à l’organisation de formations sur les questions de genre dans l’action humanitaire. Avec le soutien d’ONU Femmes, le ministère de la Femme a développé des procédures opérationnelles standards pour la violence fondée sur le genre, en prévoyant des considérations spécifiques en cas de crises humanitaires. Le bureau national de gestion des catastrophes aux îles Fidji a mis en place un mécanisme national de protection et, avec l’assistance technique d’ONU Femmes, émis des lignes directrices pour que les centres d’évacuation assurent la protection des femmes et des filles.
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Les femmes et l'action humanitaire

A woman refugee in Burundi.

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