VIH/sida : quelques faits et chiffres

Prévalence et nouvelles infections

  • En 2015, à l’échelle mondiale, environ17,8 millions de femmes (de 15 ans et plus) vivaient avec le VIH, représentant 51 pour cent de toute la population d’adultes vivant avec le VIH. [1]
  • Ce sont les jeunes femmes et les adolescentes de 15 à 24 ans qui sont particulièrement affectées. À l’échelle mondiale, environ 2,3 millions d’adolescentes et de jeunes femmes vivaient avec le VIH en 2015, représentant 60 pour cent de toute la population de jeunes (de 15 à 24 ans) vivant avec le VIH. [2]
  • En 2015, environ 900 000 des 1,9 million des nouveaux cas d’infection par le VIH constatés dans le monde – soit 47 pour cent – ont touché des femmes. [3]
  • 58 pour cent des nouveaux cas d’infection par le VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans en 2015 touchaient des adolescentes et des jeunes femmes. [4]
  • Les différences régionales concernant les nouveaux cas d’infection par le VIH chez les jeunes femmes et la proportion de femmes (de 15 ans et plus) vivant avec le VIH par rapport aux hommes sont considérables, et elles sont encore plus importantes entre les jeunes femmes (de 15 à 24 ans) et les jeunes hommes infectés :
    • En Afrique subsaharienne, 56 pour cent des nouveaux cas d’infection par le VIH ont touché des femmes, et ce taux a été encore plus élevé chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans, représentant 66 pour cent des nouveaux cas d’infection.
    • Aux Caraïbes, les femmes ont représenté 35 pour cent des adultes nouvellement infectés, et 46 pour cent des nouveaux cas d’infections ont touché les jeunes femmes de 15 à 24 ans.
    • En Europe de l’Est et en Asie centrale, 31 pour cent des nouveaux cas d’infection par le VIH ont touché des femmes ; toutefois, le taux des nouveaux cas d’infection touchant les jeunes femmes de 15 à 24 ans a atteint le 46 pour cent.
    • Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les femmes représentent 38 pour cent des adultes nouvellement infectés, alors que 48 pour cent des jeunes femmes de 15 à 24 ans sont nouvellement infectées.
    • En Amérique latine, les femmes ont représenté 29 pour cent des personnes nouvellement infectées, alors que 36 pour cent des jeunes femmes de 15 à 24 ans ont été nouvellement infectées.
    • Dans la région de l’Asie-Pacifique, 32 pour cent des nouveaux cas d’infection ont touché des femmes, le chiffre des personnes affectées atteignant les 41 pour cent chez les jeunes femmes.
    • En Europe occidentale, en Europe centrale et en Amérique du Nord, 22 pour cent des nouveaux cas d’infection ont touché des femmes, ce taux étant plus élevé chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans, avec 29 pour cent de nouveaux cas d’infection. [5]
  • L’incidence du VIH sur certains groupes spécifiques de femmes est disproportionnée. Selon une analyse d’études mesurant la prévalence cumulée du VIH dans 50 pays, on estime que, dans le monde, les travailleuses du sexe ont environ 14 fois plus de risques d’être infectées par le VIH que les autres femmes en âge de procréer. [6]
  • D’après des données émanant de 30 pays, la prévalence cumulée du VIH chez les femmes qui consomment des drogues injectables était de 13 pour cent, contre 9 pour cent chez les hommes qui consomment des drogues injectables. [7]

Facteurs qui exacerbent la prévalence du VIH

  • La violence à l’égard des femmes et des filles augmente leurs risques d’infection par le VIH. [8] Une étude menée en Afrique du Sud a démontré que le lien entre la violence infligée par un partenaire intime et le VIH était plus marqué en présence d’un comportement dominateur et d’une prévalence élevée du VIH. [9]
  • Dans certains contextes, jusqu’à 45 pour cent des adolescentes indiquent que leur première expérience sexuelle a été forcée. [10]
  • Dans le monde, plus de 700 millions de femmes en vie aujourd’hui ont été mariées avant leur dix-huitième anniversaire. [11] Souvent, elles disposent d’un accès restreint aux informations de prévention, et de moyens limités pour se protéger contre une infection par le VIH.
  • À l’échelle mondiale, sur 10 adolescentes et jeunes femmes de 15 à 24 ans, seulement 3 d’entre elles ont des connaissances complètes et exactes sur le VIH. [12] Le manque d’informations sur la prévention du VIH et l’impossibilité d’utiliser de telles informations dans le cadre de relations sexuelles, y compris dans le contexte du mariage, compromettent la capacité des femmes à négocier le port d’un préservatif et à s’engager dans des pratiques sexuelles plus sûres.
  • Les femmes vivant avec le VIH sont davantage exposées à des actes de violence, [13] y compris des violations de leurs droits sexuels et génésiques. [14] Des cas de stérilisation involontaire ou forcée et d’avortements forcés chez les femmes vivant avec le VIH ont été signalés dans au moins 14 pays. [15]
  • L’accès des femmes aux droits de propriété et de succession peut être essentiel dans le cadre de la prévention du VIH. Une étude de référence menée dans neuf pays (Cameroun, Ghana, Kenya, Malawi, Nigeria, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Ouganda et Zimbabwe) a démontré que la stigmatisation associée à la séropositivité était un facteur majeur de dissuasion au signalement de violations des droits de propriété ou de succession ou au lancement de poursuites à cet égard [16]
  • Les normes juridiques affectent directement le niveau de risque pour les femmes de contracter le VIH [17] Dans bon nombre de pays où les femmes y sont le plus exposées, les lois qui sont censées les protéger sont inefficaces. [18] Le manque de droits juridiques renforce le statut de subordination des femmes, en particulier au regard des droits des femmes de divorcer, de posséder et d’hériter de biens, de conclure des contrats, de lancer des poursuites et de témoigner devant un tribunal, de consentir à un traitement médical et d’ouvrir un compte bancaire. [19]
  • Les lois discriminatoires sur la criminalisation de la transmission du VIH peuvent avoir des répercussions disproportionnées sur les femmes, car elles sont plus exposées à être soumises à des test de dépistage et ainsi à savoir si elles sont ou non infectées lors de soins anténataux. [20] Les mères séropositives sont considérées comme des criminelles en vertu de toutes les lois relatives au VIH en vigueur en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, ce qui leur interdit, explicitement ou implicitement, d’être enceintes ou d’allaiter, de crainte qu’elles transmettent le virus au fœtus ou à l’enfant. [21]

La réponse face au VIH

  • À la fin de l’année 2015, le traitement antirétroviral, qui couvre 46 pour cent des pays du monde, avait été administré à 17 millions de personnes. Les retombées les plus positives ont été observées dans les régions les plus affectées du monde, à savoir l’Afrique orientale et l’Afrique australe. [22]
  • À l’échelle mondiale, 77 pour cent des femmes enceintes ont eu accès à des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant. [23] Malgré ce taux encourageant, plus de la moitié des 21 pays prioritaires du Plan mondial d’ONUSIDA ne parviennent pas à répondre aux besoins en services de planning familial d’au moins 25 pour cent de l’ensemble des femmes mariées. [24]
  • Les gouvernements reconnaissent de plus en plus l’importance de l’égalité des sexes dans les interventions face au VIH qui sont menées à l’échelle nationale. Cependant, seulement 57 pour cent (sur les 104 pays qui ont soumis des données) d’entre eux disposaient d’un budget spécifique. [25]
  • Les dépenses du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme consacrées aux femmes et aux filles ont augmenté, passant de 42 pour cent de son portefeuille total en 2013 à environ 60 pour cent en 2015. Une grande part de cette augmentation a été affectée aux services de santé reproductive et maternelle et aux services de santé pour les nouveau-nés, les enfants et les adolescents. [26]
  • En 2015, 39,2 pour cent des membres des mécanismes chargés de la coordination nationale du Fonds mondial dans les pays de mise en œuvre étaient des femmes, ce qui représente une hausse par rapport aux 33,9 pour cent de 2010. [27] Ces données n’indiquent toutefois pas l’impact de la voix des femmes dans de tels mécanismes. [28]

Notes

[1] ONUSIDA, estimations de 2015 provenant de la base de données en ligne AIDSinfo. Les données désagrégées supplémentaires correspondent aux estimations non publiées fournies par ONUSIDA pour 2015, obtenues à partir de modèles des épidémies de sida spécifiques aux pays.

[2] ibid.

[3] ibid.

[4] ibid.

[5] ibid.

[6] Stefan Baral et al. (15 mars 2012) « Burden of HIV among female sex workers in low-income and middle-income countries: a systematic review and meta-analysis », The Lancet Infectious Diseases, vol. 12, No 7. p. 542.

[7] ONUSIDA (2014) The Gap Report, p. 175.

[8] R. Jewkes et al. (2006) « Factors Associated with HIV Sero-Status in Young Rural South African Women: Connections between Intimate Partner Violence and HIV », International Journal of Epidemiology, 35, p. 1461-1468 ; R. Jewkes, 2010, « HIV/AIDS. Gender inequities must be addressed in prevention », Science 329(5988), p. 145-147 ; J. Silverman et al., 2008. « Intimate Partner Violence and HIV Infection among Married Indian Women », JAMA 300(6), p. 703-710 ; R. Stephenson, 2007, « Human Immunodeficiency Virus and Domestic Violence: The Sleeping Giants of Indian Health? » Indian Journal of Medical Sciences, 61(5), p. 251-252 ; K. L. Dunkle et al., 2004. « Gender-Based Violence, Relationship Power, and Risk of HIV Infection in Women Attending Antenatal Clinics in South Africa », Lancet, 363 (9419), p. 1415-1421 ; et L. Manfrin-Ledet et D. Porche, 2003. « The State of Science: Violence and HIV Infection in Women », Journal of the Association of Nurses in AIDS Care, 14(6), p. 56-68.

[9] ONUSIDA (2015) Rapport 2015 sur la Journée mondiale de lutte contre le sida « On the Fast-Track to end AIDS by 2030: Focus on Location and Population», p. 76 ; et Durevall D (2015) « Intimate partner violence and HIV in ten sub-Saharan African countries: what do the Demographic and Health Surveys tell us? » Lancet Glob Health 2015 Volume 3, No 1 : p. e41 Publié en ligne le 21 novembre 2014.

[10] ONUSIDA (2014) The Gap Report, p. 135.

[11] L’UNICEF (2014) « Ending child marriage: progress and prospects ».

[12] ONUSIDA (2015) Rapport 2015 sur la Journée mondiale de lutte contre le sida « On the Fast-Track to end AIDS by 2030: Focus on Location and Population », p. 75.

[13] L’OMS et ONUSIDA (2010) « Addressing violence against women and HIV/AIDS: What works? », p. 33.

[14] ONUSIDA (2012) « Together We Will End AIDS », p. 73.

[15] ONUSIDA (2014) The Gap Report, p. 127.

[16] ONU Femmes (2014) « Fact Sheet: Promoting the Legal Empowerment of Women in the Context of HIV/AIDS »

[17] « Advancing Human Rights and Access to Justice for Women and Girls », « What works for women and girls ».

[18] Stella Mukasa et Anne Gathumbi (2008) « HIV, Human Rights and Legal Services in Uganda: A Country Assessment, New York, Open Society Institute » ;Tamar Ezer, Kate Kerr, Kara Major, Aparna Polavarapu et Tina Tolentino (2006) « Child Marriage and Guardianship in Tanzania: Robbing Girls of their Childhood and Infantilizing Women », Georgetown Journal of Gender and Law, 7(357), p. 362 ; et Tama Ezer, Aisha Glasford, Elizabeth Hollander, Lakeisha Poole, Grant Rabenn et Alexandria Tindall (2007) « International Women's Human Rights Clinic Report: Divorce Reform: Rights Protection in the New Swaziland », Georgetown Journal of Gender and Law, 8(883), p. 889.

[19] « Advancing Human Rights and Access to Justice for Women and Girls », «What works for women and girls ».

[20] Fédération internationale pour la Planification familiale, ICW Global, GIZ, ONUSIDA et la Coalition mondiale sur les femmes et le sida (2011) « Piecing it Together for Women and Girls: The Gender Dimension of HIV-related Stigma—Evidence from Bangladesh, the Dominican Republic and Ethiopia ».

[21] Commission mondiale sur le VIH et le droit (2012) « Risques, droit et santé », p. 23.

[22] ONUSIDA (2016) Global AIDS Up-date 2016, p. 1, 3.

[23] ONUSIDA (2016) Fiche d’information 2016, p. 8.

[24] ONUSIDA (2014) The Gap Report, p. 42.

[25] ONUSIDA (2015) Rapport « UNAIDS 2014-2015 results, accountability and budget matrix » (UNAIDS/PCB(32)/13.9), p. 52.

[26] Consulter les sites http://www.theglobalfund.org/fr/financials et http://www.theglobalfund.org/fr/womengirls/

[27] Consulter le site http://www.theglobalfund.org/fr/womengirls/

[28] Secrétaire général des Nations Unies (23 décembre 2015) Rapport du Secrétaire général « Les femmes et les filles face au VIH et au sida », p.10.

[Dernière mise à jour de la page en juin 2016.]