VIH/sida : quelques faits et chiffres

Prévalence

  • À l’échelle mondiale, 16 millions de femmes vivent avec le VIH, soit 50 % de tous les adultes atteints du VIH/Sida [1].
  • Selon l’OMS, le VIH/Sida constitue la cause principale de mortalité chez les femmes en âge de procréer, dans les pays en développement [2].
  • En 2013, environ 60 % de tous les nouveaux cas d’infection par le VIH/Sida constatés chez les jeunes touchaient les adolescentes et les jeunes femmes, soit près de 1 000 jeunes femmes nouvellement infectées par le VIH/Sida chaque jour [3].
  • Il existe des différences régionales considérables entre la proportion des femmes vivant avec le VIH/Sida et celle des hommes infectés :
    • En Afrique subsaharienne, les femmes représentent 58 % des adultes vivant avec le VIH/Sida.
    • Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les femmes représentent 39 % des adultes vivant avec le VIH/Sida.
    • En Amérique latine, 30 % des adultes vivant avec le VIH/Sida sont des femmes.
    • Dans les Caraïbes, 50 % des adultes vivant avec le VIH/Sida sont des femmes.
    • En Asie du Sud et du Sud-Est, les femmes représentaient 38 % des adultes vivant avec le VIH/Sida en 2013.
    • En Asie, on constate aussi une proportion accrue du nombre d’infections par le VIH/Sida chez les femmes, qui est passée de 21 % en 1990 à 38 % en 2013.
    • En Europe orientale et en Asie centrale, les femmes représentent 36 % des adultes vivant avec le VIH.
    • En Europe centrale et occidentale ainsi qu’en Amérique du Nord, les femmes représentent 22 % des adultes vivant avec le VIH [4].
  • En Afrique subsaharienne, une nouvelle infection par le VIH/Sida sur quatre touche les adolescentes et les jeunes femmes [5].

Les facteurs qui alimentent les infections par le VIH/Sida

  • La violence contre les femmes et les filles accroît leur risque d’infection par le VIH [6]. Une étude longitudinale réalisée en 2010 en Afrique du Sud a démontré que les inégalités de pouvoir au sein des relations et la violence infligée par le partenaire intime étaient associées à une augmentation respective de 11,9 % et de 13,9 % du risque d’infection chez les jeunes femmes subsahariennes [7].
  • Les femmes vivant avec le VIH/Sida sont souvent victimes de violence à cause de leur séropositivité au VIH/Sida [8], y compris à travers la violation de leurs droits à la sexualité et à la procréation [9]. L’interruption de grossesse involontaire et la stérilisation forcée chez les femmes vivant avec le VIH/Sida sont des pratiques constatées dans au moins 14 pays dans le monde [10].
  • L’accès aux droits à la propriété et à l’héritage peut s’avérer critique dans la prévention du VIH/Sida chez les femmes. Une étude de base menée dans neuf pays (Cameroun, Ghana, Kenya, Malawi, Nigeria, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Ouganda et Zimbabwe) a montré que la stigmatisation associée à la séropositivité dissuade considérablement les femmes à rapporter ou à faire reconnaître en justice leurs droits à la propriété et à l’héritage [11].
  • Les normes juridiques influencent directement les risques d’infection à VIH/Sida chez les femmes [12]. Dans de nombreux pays où elles doivent faire face à un risque élevé d’infection, les lois qui les protègent ont une faible portée [13]. Un manque de droits juridiques vient renforcer la condition de subordination des femmes, particulièrement en ce qui concerne leurs droits au divorce, à la propriété et à l’héritage, leur droit à signer un contrat, à intenter une action en justice ou à témoigner, à consentir à un traitement médical et à ouvrir un compte bancaire [14].
  • Des lois pénales et discriminatoires relatives au VIH/Sida peuvent affecter les femmes de manière disproportionnée, vu qu’elles sont plus susceptibles d’être dépistées et de connaître leur condition au cours des soins prénatals [15]. En Afrique occidentale et centrale, les mères séropositives sont considérées comme des criminelles par toutes les lois relatives au VIH/Sida, qui leur interdisent explicitement ou implicitement d’être enceintes ou d’allaiter, de peur qu’elles ne transmettent le virus au fœtus ou à l’enfant [16].

Combattre le VIH/Sida

  • Dans les pays à revenu bas ou intermédiaire, seulement 34 % des personnes qui nécessitaient un traitement contre le VIH en ont bénéficié [17].
  • Plus de la moitié des 21 pays prioritaires du Plan mondial d’ONUSIDA (Global Plan) ne parviennent pas à satisfaire aux besoins en planification familiale d’au moins 25 % de toutes les femmes mariées [18].
  • À l’échelle mondiale, seulement 21 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans possèdent des connaissances complètes sur le VIH/Sida [19].
  • Les gouvernements reconnaissent de plus en plus l’importance de l’égalité des sexes dans le combat contre le VIH/Sida à l’échelle nationale. Cependant, selon ONUSIDA, seuls 57 % (sur 104 pays déclarants) possédaient une stratégie contre le VIH/Sida qui comprenait un budget spécifique attribué aux femmes [20].

Notes

[1] ONUSIDA, 2014, The Gap Report, p. 127.

[2] OMS Aide-Mémoire n°334.

[3] Estimations 2013 ONUSIDA, citée dans ibid. p. 127, 135.

[4] Proportions calculated from the unrounded 2013 HIV estimates, publié dans ONUSIDA, 2014, The Gap Report, p. A30-A35.

[5] ONUSIDA, 2014, The Gap Report, p. 5.

[6] Jewkes, R. et al., 2006, “Factors Associated with HIV Sero-Status in Young Rural South African Women: Connections between Intimate Partner Violence and HIV,” International Journal of Epidemiology,35, p. 1461-1468; Jewkes, R., 2010, "HIV/AIDS. Gender inequities must be addressed in HIV prevention," Science329(5988), p. 145-147; J. Silverman et al., 2008. “Intimate Partner Violence and HIV Infection among Married Indian Women,” JAMA 300(6), p. 703-710; R. Stephenson, 2007, “Human Immunodeficiency Virus and Domestic Violence: The Sleeping Giants of Indian Health?” Indian Journal of Medical Sciences, 61(5), p. 251-252; Dunkle K. L. et al., 2004. "Gender-Based Violence, Relationship Power, and Risk of HIV Infection in Women Attending Antenatal Clinics in South Africa," Lancet, 363 (9419), p. 1415-1421; et Manfrin-Ledet, L. et Porche D., 2003. “The State of Science: Violence and HIV Infection in Women,” Journal of the Association of Nurses in AIDS Care, 14(6), p. 56-68.

[7] Jewkes, R. et al. Intimate partner violence, relationship power inequity, and incidence of HIV infection in young women in South Africa: a cohort study, The Lancet, 3–9 July 2010, p. 41–48

[8] OMS et ONUSIDA, 2010. Addressing violence against women and HIV/AIDS: What works?, p. 33.

[9] ONUSIDA, 2012. Together We Will End AIDS,p. 73.

[10] ONUSIDA, 2014. The Gap Report p. 127.

[11] ONU Femmes, 2014. Fact Sheet: Promoting the Legal Empowerment of Women in the Context of HIV/AIDS

[12] “Advancing Human Rights and Access to Justice for Women and Girls”, What works for women and girls.

[13] Mukasa, Stella et Anne Gathumbi, 2008, HIV, Human Rights and Legal Services in Uganda: A Country Assessment, New York, Open Society Institute; Tamar Ezer, Kate Kerr, Kara Major, Aparna Polavarapu and Tina Tolentino, 2006, “Child Marriage and Guardianship in Tanzania: Robbing Girls of their Childhood and Infantilizing Women,” Georgetown Journal of Gender and Law, 7(357), p. 362; et Tama Ezer, Aisha Glasford, Elizabeth Hollander, Lakeisha Poole, Grant Rabenn and Alexandria Tindall, 2007, “International Women’s Human Rights Clinic Report: Divorce Reform: Rights Protection in the New Swaziland,” Georgetown Journal of Gender and Law, 8(883), p. 889.

[14] “Advancing Human Rights and Access to Justice for Women and Girls”, What works for women and girls.

[15] International Planned Parenthood Federation, ICW Global, GIZ, UNAIDS et The Global Coalition on Women and AIDS, 2011, Piecing it Together for Women and Girls: The Gender Dimension of HIV-related Stigma—Evidence from Bangladesh, the Dominican Republic and Ethiopia.

[16] Global Commission on HIV and the Law, 2012, Risks, Rights, and Health, p. 23.

[17] ONUSIDA, 2013. Le SIDA en chiffres, p. 6.

[18] ONUSIDA, 2014. The Gap Report, p. 42.

[19] ONUSIDA, 2013. Children and AIDS: Sixth Stocktaking Report. p. 73.

[20] ONUSIDA, rapport ONUSIDA,Matrice des résultats, des responsabilités et du budget 2014-2015 (UNAIDS/PCB(32)/13.9), p. 52.

[Page mise à jour en Février 2015.]