La Bolivie approuve une loi historique contre le harcèlement des dirigeantes politiques

Date : 11 June 2012

La Paz, Bolivie, des femmes aymara à un Forum sur les politiques publiques et les femmes autochtones. Source: ONU Femmes/Ivette Vallejo

Le 14 mai, l'Assemblée législative de Bolivie a finalement donné son feu vert à la Loi contre le harcèlement et la violence politique à l'égard des femmes. Il s'agit d'une loi révolutionnaire visant à protéger les femmes et à favoriser leur participation politique. Elle répond à un besoin urgent : au cours de ces huit dernières années, la police bolivienne a reçu plus de 4 000 plaintes de harcèlement de la part de personnes ayant une activité politique. Il est probable que beaucoup d'autres incidents n'aient pas été signalés.

« Des femmes de différentes organisations ont demandé haut et fort à ce que cette loi soit approuvée et mise en œuvre » indique Caty Cauna, Conseillère de la ville de Coroico, et Présidente de l'Association des Conseillers de La Paz (ACOLAPAZ). « Les autorités doivent désormais assurer le respect de cette législation, de manière à ce que la société apprenne à ne pas violer les droits des personnes élues par le peuple ».

La nouvelle loi prévoit une peine de deux à cinq années de prison pour quiconque exerce des pressions, persécute, harcèle ou menace une femme élue ou exerçant des fonctions publiques. La peine encourue pour avoir perpétré une agression physique, psychologique ou sexuelle est de trois à huit ans de prison.

La loi a été adoptée suite aux activités de plaidoyer intensives des groupes de femmes, en particulier du réseau national de femmes « Coordinadora de la Mujer », qui est soutenu par le Fonds pour l'égalité des sexes d'ONU Femmes depuis 2010.

La loi permettra aux femmes de mieux accéder aux espaces de prise de décisions, dans un pays où la participation des femmes à la vie politique s'est accrue de manière significative au cours de ces dernières années. 35% des ministres sont des femmes. En 2009, celles-ci constituent 23% des députés et 44% des sénateurs. « Nous avons brisé le seuil invisible qui limitait la participation politique des femmes, même si la parité est plus importante dans certains organes que dans d'autres » souligne Monica Novillo, de « la Coordinadora de la Mujer ».

Les législateurs sont désormais confrontés à un nouveau défi : garantir que la loi soit appliquée de manière systématique et efficace. La communication et la diffusion au public seront essentielles à cet égard, tout comme le sera la coordination avec le système judiciaire en vue d'assurer la mise en œuvre des sanctions.

Le Fonds pour l'égalité des sexes d'ONU Femmes octroie directement des subventions pluriannuelles aux organisations de femmes et aux agences gouvernementales travaillant à l'égalité des sexes. Plus d'informations sur le Fonds.