Les économies rebondissent plus rapidement après une crise lorsque les réponses mettent l’accent sur les besoins des femmes

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New York, 21 janvier 2013 – Les femmes du monde entier souffrent des conséquences des crises financières et économiques mondiales actuelles. Mais la manière dont les gouvernements répondent peut faire toute la différence. Citant les récits de réussite de la Suède et de l’Argentine, ainsi que de l’Égypte, du Ghana et du Bangladesh, deux nouveaux documents de recherche en train d’être lancés par ONU Femmes montrent la manière dont les pays peuvent assurer que les politiques qu’il adoptent pour faire face aux crises sont à même de protéger et d’autonomiser les femmes. Ils affirment en outre que les politiques qui prennent en compte les impacts spécifiques sur les travailleuses ont plus de chances de conduire à un relèvement économique durable et équitable.

Les deux documents de recherche sont en train d’être dévoilés au cours de l’atelier de travail de deux jours « Perpectives cruciales sur les crises financières et économiques : pourquoi le genre compte », qui a actuellement lieu à New York les 21 et 22 janvier 2013. Organisé par ONU Femmes et l’International Association for Feminist Economics (IAFFE), l’atelier de travail comprendra des présentations de ces travaux ainsi que des interventions d’experts invités, dont des décideurs politiques.

« Nous savons que la crise financière et économique a aggravé les disparités entre les sexes au niveau du chômage dans toutes les régions, tant dans les pays développés que dans les pays en développement. En 2012, l’écart s’est encore accentué, et l’on estime que les femmes ont perdu 13 millions d’emplois », a souligné la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet, dans son discours d’introduction.

« Nous devons élargir nos perspectives en analysant pleinement le rôle économique des femmes, en vue d’améliorer nos réponses politiques et de promouvoir une croissance économique inclusive », explique Mme Bachelet. « C’est à nous de pousser ce débat mondial avec impatience les centres mêmes de la prise de décision pour un changement de politique réel ».

Economies rebound faster

Dans la publication intitulée « Economic crises and women’s work: Exploring progressive strategies in a rapidly changing global environment » (« Crises économiques et travail des femmes : explorer des stratégies progressistes dans un environnement mondial en évolution rapide »), le Professeur Jayati Ghosh, de l’Université Jawaharlal Nehru, examine entre autres les relèvements économiques de la Suède dans les années 1990 et de l’Argentine dans les années 2000, et leur impact sur les femmes. Elle conclut que des stratégies visant à protéger ou à renforcer les conditions de travail des femmes peuvent être mises en place dans le cadre d’une politique économique plus large conduisant à un relèvement économique rapide et à une croissance ultérieure.


Paid work

Dans la publication intitulée « Travail rémunéré, autonomisation des femmes et croissance inclusive : transformer les structures des contraintes »,Naila Kabeer, Professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS), de l’University of London, se focalise sur la manière dont les opportunités économiques ont eu des conséquences positives pour les femmes du Bangladesh, d’Égypte et du Ghana. Dans ces trois pays, l’emploi et l’éducation formels ont eu un impact particulièrement important sur la vie des femmes. Le document analyse les politiques qui créent « une croissance inclusive » à même de promouvoir l’autonomisation économique des femmes. Il recommande de créer un environnement réglementaire habilitant, en promouvant la protection sociale et en appuyant les initiatives déployées par les femmes pour s’organiser.

Un nombre total de sept documents de recherches réalisés par des universitaires féministes réputés seront présentés et discutés au cours de cet atelier de travail. Ils seront publiés dans un numéro spécial du journal de l’IAFFE journal Feminist Economics au printemps 2013.

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